: CATALOGUE SOMMAIRE
DES MONUMENTS EXPOSÉS DANS LE
MUSÉE NATIONAL
DE
L'ART ARABE
T : I D NA Ve a
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PAR
MAX HERZ
- Architecte en chef du Comité de Conservation des Monuments de Art Arabe
| Délégué par le Comité à la Conservation du Musée.
LE:CAIRE
G. LEKEGIAN & C#*, ÉDITEURS
1895
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5
SMITHSONIAN
INSTITUTION
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CATALOGUE SOMMAIRE
DU
MUSÉE ARABE
TOUS DROITS RÉSERVÉS
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Le Caire. — Imp. J. BARBIER. — 1805
CATALOGUE SOMMAIRE
MUSÉE NATIONAL
L'ART ARABE
PAR
MAX HERZ
Architecte en chef du Comité de Conservation des Monuments de l’Art Arabe.
Délégué par le Comité à la Conservation du Musée
LE CAIRE
G. LEREGIAN & Cr", ÉDITEURS
‘1895
À SON ALTESSE
ABBAS II
=.
KHÉDIVE D'ÉGYPTE
SUR SA HAUTE AUTORISATION
CET OU ER AGE
EST RESPECTUEUSEMENT
DÉDIÉ
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AVANT-PROPOS
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Le Musée national de l’art arabe est une
inslitulion récente. Tandis que la littérature
arabe était déjà au XV siècle l'objet d'études
assidues en Occident, il n'en était pas de même
de l’art qui, en décadence dès: cette époque,
notamment en Egypte, n'était pas méme connu
en Europe, si ce n’est, dans une certaine me-
sure, l’art mauresque. Plus tard quand l’inté-
rêét commença à s'éveiller sur cette question,
ce ne fut que d'une manière toute superficielle,
ainsi qu'en font foi les reproductions fantaisistes
qui accompagnaient ordinairement les ouvrages
sur l'Orient.
Les événements politiques qui marquèrent le
commencement du XIX® siècle, en créant des
relations permanentes entre l'Orient et l'Occident
permirent aux voyageurs de s'initier à l’art mu-
sulman. Mais il s’en faut qu'il ait tout d’abord
été apprécié à sa juste valeur. Ce n'est guère
LT
13 AVANT-PROPOS
qu'en ces dernières années que le goût du public
s'y est intéressé el que les collections publiques
et privées lui ont réservé une place. Il est cu-
rieux de noter que cette tendance nouvelle coïn-
cideavec l'invasion en Egypte des produits étran-
gers, qui cependant n'ont pas le moindre rapport
avec les conditions matérielles et morales dupays.
Un grand nombre d’édifices, débris de l’an-
cienne splendeur, firent alors place à des con-
structions d'un art bâtard et sans caractère.
Quelle riche moisson s’offrit en cette occurrence
aux amateurs de ces ruines précieuses ! La spé-
culation ne tarda pas à s'en mêler; tout ce qui
portail le cachet d’un joli style, d’une belle cré-
ation, quelle qu'en fût la provenance, maisons
particulières, palais, mosquées, ne tarda pas à
prendre le chemin de l'Europe. Il était grand
temps que l’on organisât le sauvetage des der-
niers vestiges pouvant encore attester le haut de-
gré de développement artistique atteint par la
civilisation arabe.
Ce fut en 1869 que S. A. le Khédive Ismail
décida, sur la proposition de l'architecte Salz-
mann, la création d’un Musée arabe. Il chargea
S. E. Franz Pacha, alors chef du bureau. tech-
nique de l'Administration des wakfs, d'appro-
AVANT-PROPOS III
prier dans ce but un bâtiment appartenant à
l'Etat. On ne donna malheureusement pas suite
à cette décision d’une utilité incontestable, le
local désigné ayant été affecté à une autre
destination. Ce ne fut que onze ans plus tard
que ce projet reçut un commencement d’exécu-
lion, en vertu d'un ordre de $. A. le Khédive
Tewfik, invitant l'Administration des wakfs à
réunir dans un local spécial tous les objets ar-
listiques de réelle paleur recueillis dans les an-
ciennes mosquées.
S. E. Franz Pacha fut de nouveau chargé de
l'organisation du Musée ; il s'acquitta de cette
mission avec autant de zèle que d'intelligence.
Tout ce qui avait survécu aux injures du temps
et avait échappé aux mains avides des collection-
neurs, fut dégagé du milieu des décombres accu-
mulés depuis des siècles. Les arcades formant
le liwan Est de la mosquée d’el-Häkem, servirent
de premier asile aux fragments et aux diverses
pièces que l’on recueillait activement de tous
côtés.
Toutefois le Musée ne prit un développement
réel qu'en 1SSr, lorsqu'un décret khédivial eut
institué le «Comité de conservation de l'art arabe»
dont l'art. 4 définissait ainsi les attributions :
«Le Comité portera son attention sur toutes
4 AVANT-PROPOS
les trouvailles qui pourraient avoir de l'intérêt
pour l’art arabe.»
La surveillance du Musée se trouvait par là
dévolue au Comité, dont l'actif concours n'a, du
reste, jamais fait défaut à cette institution.
$S. E. Yacoub Artin Pacha, feu Rogers Bey,
avec le concours de MM. Grand bey et Baudry,
ont été pour S. E. Franz Pacha de précieux col-
laborateurs dans la classification des collections
du Musée. Les deux premiers surtout, grâce à
leurs connaissances spéciales, ont apporté un
réel talent dans le déchiffrement des inscriptions,
dont beaucoup présentaient de grandes difficul-
tés de lecture ‘.
Par suite de l'augmentation continuelle des
collections, le Comité reconnut bientôt la néces-
sité d’abriter les objets qui entraient chaque jour
au Musée et qui ne trouvaient plus de place sous
les arcades du liwan. Il demanda, en consé-
quence, à la Direction des wakfs un local plus
vaste et répondant mieux aux besoins du Musée.
La Direction des wakfs accéda à cette demande
et désigna une construction bâtie en 1883 dans
1 à : £
Nous avons pris ces renseignements dans un rapport rédigé
par S.E. Franz Pacha, ainsi que dans quelques notes que m'a gra-
cieusement communiquées S. E. Artin Pacha.
AVANT-PROPOS N:
la cour même de la mosquée d’el-Häkem. Ce lo-
cal lui-même, il est aisé de le reconnaitre, est
aujourd'hui insuflisant ; une grande partie des
collections est, par manque de place, entassée
péêle-méêle, et un nombre considérable de pierres
funéraires dont les inscriptions présentent un
incontestable intérêt, ne peuvent étre convenable-
ment exposées,
Le Comité, convaincu de l'importance du Mu-
sée au double point de pue de la science et du
développement des arts industriels, qui peuvent
J' trouver des modèles, a cru devoir appeler l’at-
tention du Gouvernement de Son Altesse sur la
nécessité d'installer les collections dans un local
mieux approprié. Cette demande a heureusement
reçu l'accueil le plus favorable ; aujourd’hui la
construction d'un bâtiment spécial affecté au Mu-
sée arabe et à la Bibliothèque khédiviale n’est
plus qu'une affaire de temps. Il faut donc espé-
rer que, dans un avenir prochain, chacun pourra
admirer ces trésors artistiques dans un milieu
digne de leur haute valeur.
Depuis 188 7,c'est-à-dire depuis que S.E.Franz
Pacha s’est retiré du service actif de l'Adminis-
tration des wakfs, le Musée est resté sans di-
recteur effectif et a été privé, par conséquent, de
surveillance directe. Il en est résulté un grand
vx AVANT-PROPOS
relâchement dans l'entretien des collections, et
c'est à la suite de nombreuses plaintes soulevées
à ce sujet, que le Comité, dans sa séance du 20
avril 1892, me fit l'honneur de me charger de.
la surveillance du Musée et de sa gestion.
: Mon premier soin fut de reviser l'inventaire
el de procéder à unnumérotage rigoureux des ob-
Jets. Estimant alors que le public devait tirer
profit de cette nouvelle classification, je dressai
à son usage un catalogue sommaire qui ne fut
pas imprimé, mais dont le manuscrit fut déposé
dans les galeries à la disposition du public.
Le nombre des visiteurs devenant d'année en
année plus considérable, j'ai cru utile de dresser
un nouveau catalogue raisonné, c’est-à-dire ne
se bornant pas à la simple énumération des objets
exposés, mais pourou d'indications techniques et
historiques. Cette disposition leur permettra
d'embrasser d’un coup d'œil toutes les phases
par lesquelles ont passé les diverses branches
des arts industriels représentés au Musée. Dans
cette tâche quelque peu aride, j'ai dû recourir,
en ce qui concerne la provenance des objets, à
l'inventaire dressé jadis par S.E. Franz Pacha.
Dans l'exéculion de ce travail, j'ai apporté le
plus grand soin à ce que les inscriptions fussent
relevées avec exactitude. Je liens à signaler ici
AVANT-PROPOS VII
l’intelligent concours que m'a obligeamment prêté
Youssef effendi Ahmed, dessinateur au bureau
du Comité, et dont j'ai eu souvent occasion
d'apprécier l'habileté toutes les fois qu'il s'est agi
de reconstituer des textes mutilés, études sur
la calligraphie et l'épigraphie arabes à toutes
les époques. Le Musée, tel qu'il est actuellement
composé, n'offre pas encore un aperçu complet
de toutes les branches de l’art arabe appliqué
à l'industrie; les armes et les armures, par
exemple, y font complètement défaut ; l'industrie
textile y est à peine représentée, les ouvrages
en cuir ne le sont que par des reliures.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, le Musée arabe
ne fait que débuter, mais il a un bel avenir de-
sant lui. Un grand pas sera fait le jour oùles
collections seront exposées dans les galeries qui
lui sont réservées ; là seulement elles pourront at-
teindre tout le développement dont elles sont sus-
ceptibles. Ilsera temps alors d’aviser au moyen
de les enrichir par la vente ou l'échange des
doubles, et surtout par les acquisitions favorisées,
nous l’espérons, par les libéralités du Gouverne-
ment de S. A. le Khédive.
M. H.
— 8e SEE he
INTRODUCTION
es ie ie —0—
Le Musée de l’art arabe ne peut avoir,
dans son état actuel d'autre prétention que
de nous offrir d’intéressants échantillons de
diverses branches d'industrie. Leur valeur est
parfois inégale, mais nous ferions bon mar-
ché de ce défaut si nous n'avions pas à con-
stater des interruptions par trop fréquentes
dans les séries. Nous serons malheureuse-
ment oblig:s de constater qu’il en est qui
ne sont représentées que par une époque.
Quoi qu'il en soit, dans les chapitres con-
sacrés à chaque art en particulier, nous nous
efforcerons. de donner une idée aussi com-
plète que possible du génie national, en nous.
X INTRODUCTION
servant soit des échantillons que le Musée
a pu recueillir, soit des monuments que le
temps a respectés. C’est par l'architecture
surtout que nous pourrons concevoir le tem-
pérament artistique des Arabes. Les merveil-
leux monuments que nous admirons encore
ne sont pas seulement de muets témoins des
lointaines époques, ils nous révèlent encore
que l'architecture était pour les Arabes l’art
par excellence et cela à un degré qui n'a
jamais été atteint chez les peuples occiden-
taux. Chez eux, les diverses branches de
l'art n’ont, pour ainsi dire, pas de vie propre
en dehors de l'architecture ; le peintre et le
sculpteur se résignent à n'être que de simples
auxiliaires du constructeur. C’est grâce à:
ces conditions que l'architecture put prendre
un essor considérable et créer des formes
d’une rare perfection. :
Une autre considération nous impose ici
l'étude sommaire de l’architecture, c’est que
le Musée est particulièrement riche de ces
objets mobiliers, accessoires ordinaires des
INTRODUCTION XI
mosquées, qui étaient dans un rapport in-
time et harmonieux, avec l’ensemble de l’é-
difice. Dés lors, comment s’en faire une
idée exacte sans avoir une notion de la struc-
ture et de l’économie de ce même édifice ?
La méthode que nous nous proposons de
suivre est la méthode historique ; les grandes
divisions de l’histoire de l’art étant en par-
faite correspondance avec les principales pé-
riodes de l'histoire politique, nous allons
nous astreindre à les examiner l’une après
l’autre.
Dynastie des premiers khalifes. — Dynasties
des Omayyades et des Abbassides.
18-256 de l’hégire (639-8770).
Bien que l'Egypte ait été conquise dès
l'an 18 de l’hégire (639) par le second kha-
life, elle ne joua qu'un rôle secondaire tant
qu'elle fut administrée par des gouverneurs
sous la suzeraineté des khalifes. Cet état de
choses dura près de deux siècles et demi,
Histoire
XII INTRODUCTION
pendant lesquels plus de cent gouverneurs
administrèrent le pays sans avoir pu le lan-
cer dans la voie du progrès.
Si nous exceptons, en effet, l'illustre gé-
néral Amr ibn el-Ass qui a doté de la pre-
mière mosquée la nouvelle ville de Fos-
tât dont il fut le fondateur, nous ne con-
naissons aucun autre gouverneur qui ait at-
taché son nom à quelque importante création.
Cette époque, stérile au point de vue de l’ar-
chitecture, embrasse les règnes des quatre
premiers Kkhalifes, toute la dynastie des
Omayyades, dont le siège était à Damas, et
celle des Abbassides qui avaient choisi Bag-
dad comme capitale de leur vaste empire.
Dès l’origine, pourtant, les princes abbas-
sides se distinguent par leur amour des
sciences et des arts. Le fondateur de cette bril-
lante dynastie (762) fait traduire les ouvrages.
étrangers et le goût scientifique se propage
vite dans toutes les classes de la société mu-
sulmane. Haroûn-el-Rachid (786), le con-
temporain de Charlemagne, donne une im-
INTRODUCTION XIII
pulsion considérable à la civilisation arabe.
Sa haute et libérale protection ne s’éten-
dait pas seulement aux lettres etaux sciences;
les arts étaient aussi l’objet de sa sollicitude
éclairée. Son goût très vif pour l'architecture
est resté légendaire. Son filset successeur,
el-Mamoûn, protège les travaux intellectuels
avec la même magnificence, mais son tem-
pérament le portait de préférence vers les
sciences. Ce prince visita l'Égypte en 217
de l'hégire et s’occupa de la restauration
du nilomètre de Rodah, construit une cen-
taine d'années auparavant. Il y fit graver
une inscription coufique que l’on voit encore
aujourd’hui.
Cette époque splendide ne nous a guère
laissé que des monuments littéraires ; pour
ce qui est des arts en général et plus particu-
lièrement de l'architecture, il ne nous en reste
rien d’appréciable. On ne peut que regretter
cette lacune, car il eût été intéressant d’étu-
dier les manifestations d’un art encore à son
aurore.
XIV INTRODUCTION
A défaut de monuments, nous devons faire:
appel à la tradition historique pour deman-
der la solution du problème des origines
de l’art arabe. Nous savons que les Romains
et les Grecs de Byzance firent rayonner leur
civilisation jusqu'aux plus lointaines régions
de l'Orient. C’est là qu’il faut chercher les
racines de cet art né avec la nouvelle foi.
De la même manière que l’évolution, dans
la nature, est un phénomène continu, sans
aucune espèce d'interruption, ni de saut
brusque, l'esprit, lui aussi, ne progresse que
pas à pas et les idées rouvelles, quelle que
fût leur énergie, ne pouvaient créer d’un seul
jét la splendide civilisation musulmane: elles
devaient nécessairement prendre pour base
l’ordre de choses existant. Les chefs-d'œuvre
que l'antiquité avait semés partout, se trou-
vaient à portée des artistes de la jeune é-
cole ; il y avait là un terrain particulière-
ment propice à l’éclosion de ces germes ar-
tistiques qui devaient en peu de temps por-
ter de si beaux fruits. Nous comprenons dés
INTRODUCTION XV
lors que l'art ait conservé un caractère
identique en Egypte,en Syrie aussi bien qu’en
Espagne, puisque les conditions étaient les
mêmes pour ces contrées!.
Il est donc tout naturel que, si l’on con-
sulte les rares vestiges de cette première
époque parvenus jusqu'à nous, nous retrou-
vions une ressemblance flagrante entre l’art
de l'Egypte et celui de ces pays.
Malheureusement, ce ne sont pas les édi-
fices encore debout qui nous renseigneront
sur la valeur artistique des deux premiers
siècles, ce sont les entrailles de la terre qui
seules pourront nous donner de précieuses
indications. En fouillent les mamelons qui
s'étendent au sud du Caire, nous retrouvons
‘peu à peu les objets enfouis dans les tom-
1 M. AI. Riegl, dans ses Stilfragen, donne, dans son 4%
chapitre une intéressante étuda sur les arabesques. Il dé-
montre que les diverses formes du feuillage générateur de
l’arabesque,dérivent de l’ornementation antique.
Son travail peut être considéré comme une des études
les mieux documentées sur les origines de l’art arabe.
KVI INTRODUCTION
beaux depuis les trois premiers siècles de
l’hégire. C'est ainsi que nous avons découvert
des épitaphes en lettres coufiques, gravées
en relief sur des dalles de toute forme.
Le texte de l'inscription est presque tou-
jours encadré d’une bordure à peu près sem-
blable à celle que l’on rencontre sur les mo-
numents coptes (Egypto-Byzantins). !
ÎLe Musée des antiquités égyptiennes contient ce pré-
cieux restes de la primitive civilisation chrétienne en Egypte.
Voir notamment Gayet, dans sa dissertation sur cet art,
qu’il donne comme le générateur primordial de tout l’art
arabe.
Mais on ne saurait admettre la thèse qu’il soutient dans
son ouvrage intitulé: L’Art Arabe, où il prétend que l’art
musulman, dans presque toutes ses manifestations, n’est
qu'une dérivation de l’art copte.
La civilisation des Coptes relevait de l’esprit byzantin ;
leur religion ne se différenciait nullement de celle du reste
de l'empire grec. Si, à l’origine, l'esprit musulman s’est in-
spiré des œuvres byzantines et si, en Egypte, il s’est laissé
influencer par l’art copte, cet état ne pouvait être station-
naire. L'art copte continuait son évolution normale dans la
voie qui lui avait été tracée par les siècles écoulés, tandis
-que, sous l'influence d'aspirations nouvelles, guidés par des
lois qui rompaient violemment avec les anciennes traditions,
les musulmans devaient accepter les conséquences de cette
révolution religieuse, subir son impulsion vers d’autres
voies, devenir, en un mot, un peuple nouveau.
INTRODUCTION XVIE
Ces tombeaux renferment encore un grand
nombre de boiseries dont la provenance est
souvent difficile à déterminer, et qui ont ser-
vi à confectionner des cercueils.
Nous y retrouvons le plus ancien spéci-
men des travaux d'assemblage; les pein-
tures et les sculptures quiles décorent sont
de style byzantin.
Dynastie des Toulounides
257-298 (8'70-904)
L'an 255 de l’hégire (868), Ahmed ibn
Touloûn, fils d’un esclave affranchi du-kha-
life de Bagdad, fut nommé gouverneur de
l'Egypte.
Les Coptes eurent l’avantage de trouver leur route toute
tracée; ils n'avaient plus qu’à suivre la direction que leur
imprimait la civilisation mère. Les musulmans, au contraire,
de prime abord aux prises avec de nombreuses difficultés,
en lutte avec leur entourage, rompant avec le passé, se trou-
vèrent subitement dans un complet isolement et durent
avoir un moment d’hésitation.— Voyez aussisur la civilisa-
tion copte l'étude de M. GEORG EBers, Sinnbildliches. Die
Koptische Kunst ein neues Gebiet der altchristl. Sculptur
und ihre Symbole.
Histoire.
Architecture.
XVIII INTRODUCTION
L'année suivante, il se déclara indépen-
dant et ne voulut reconnaître aux khalifes
de Bagdad que le pouvoir temporel. Avec
cet événement, l'Egypte entre dans une ère
nouvelle ; elle à alors, en quelque sorte, son
histoire à elle, et le rôle qu'elle joue dans
le monde musulman est des plus brillants.
La dynastie des Toulounides a donné cinq
souverains et a duré trente-sept ans. Pen-
dant cette courte période, et surtout sous le
règne du fondateur dé la dynastie, la richesse
et le bien-être se répandirent en Egypte et
favorisèrent, en même temps que la prospé-
rité des métiers, l'épanouissement des arts.
Le goût des constructions se développa
bientôt et dota la capitale de nouveaux et
magnifiques quartiers. Près de Fostât, à
Askar, s’élevèrent de splendides palais, en-
tourés de vastes jardins. Au palais du prince
construit avec un luxe inouï, s'adossait le
grand Meidân où l’on assistait à ces merveil-
leux tournois qui étaient alors en faveur.
Mais l’esprit créateur n'était pas uni-
INTRODUCTION XIX
quement concentré sur les constructions
de luxe et de plaisirs ; les établissements
d'utilité publique n'étaient pas négligés non
plus et nous devons noter que c'est à Fos-
tât que fut érigé le premier hôpital. Ahmed
ibn Touloûn fit construire au milieu du
nouveau quartier, sur le mont Yachkour, la
belle mosquée qui porte son nom.
Construite l'an 876, cette mosquée fut
souvent délaissée. Tour à tour fermée, ré-
parée, réouverte, et de nouveau abandon-
née, elle eut des fortunes diverses et fut, pen-
dant mille ans, le constant témoin des
événements qui se sont déroulés en Egypte.
La mosquée d'Ahmed ibn Touloûn subsiste
encore aujourd hui et, dans les parties que
le temps a respectées, elle nous offre des
documents d’une inestimable valeur. Nous
pouvons nous rendre compte des méthodes
dont se servaient les architectes au IlIme
siècle de l’hégire.
La mosquée s'élève sur un plan rectan-
gulaire. Sur les piliers, entourant la grande
XX INTRODUCTION
cour à ciel ouvert, reposent les arcs qui
supportent la couverture en bois. Le grand
axe du plan est orienté dans la direction
de la Mecque. Le mihrâb (niche de prière),
près duquel se trouve le minbar (chaire)
est creusé dans le mur tourné vers la ville
sainte, |
Les parties couvertes, où l’on prie, portent
le nom de /zouân. La cour proprement dite
celui de sahn.
Au centre de cette cour s'élevait primi-
tivement une fontaine monumentale, ayant
en son centre un Jet d'eau, lequel a fait
place à une fontaine d'apparence plus mo-
deste.
En dehors de la mosquée et sur le côté
opposé au mihrâb s'élève le minaret ! (me-
nara ou madna).
! Outre ce minaret en pierre de taille, la mosquée en
possédait encore deux autres construits aux extrémités du
mur du mihräb.
Le seul des deux qui subsiste aujourd’hui est celui de
INTRODUCTION XXI
Le plan de cette mosquée, du moins
dans ses parties essentielles, est semblable
à celui de la première mosquée érigée au
Caire. Cette forme s’est maintenue, à peu
de choses près, à travers les siècles, même
aux époques où de nouveaux modèles
furent introduits en Égypte. Ce qui, pour
nous, à un intérêt particulier, ce sont les
détails mêmes de la construction.
La maçonnerie est en briques crépies.
Les grands piliers sont ornés, aux quatre
coins, de colonnes engagées, dont la base
imite les piédestaux antiques que lon
retrouve dans un grand nombre de con-
structions. .
Le chapiteau est campaniforme et le feuil-
l’angle est ; il est construit en briques et ses dimensions
sont des plus modestes,
De nombreux indices militent contre l'opinion qui fait
remonter la construction du grand minaret à l’époque
même de la fondation de la mosquée. Ni la maçonnerie,
ni la forme des arcs du soubassement ne permettent de le
rattacher à l’ensemble de l’édifice.
XXII INTRODUCTION
lage qui le décore paraît être une dérivation
de l’acanthe. |
On voit par cette courte description à
quelle source puisèrent les vieux construc-
teurs arabes.
Si ces exemples ne suffisent pas, nous
pouvons encore signaler les méandres que
l'on remarque dans la bordure des arcs, la
plate-bande en mosaïque de la couverture du
mihrâb, les colonnes elles-mêmes du mihräb
et une foule d’autres détails qui sont au-
tant de preuves à l’appui de notre opinion’.
Il ne saurait y avoir de doute que la
mosquée grandiose élevée par Ahmed ibn
Touloûn n'était pas une œuvre créée spon-
tanément de toutes pièces. Nous ne pou-
vons croire un instant que ce bel organisme
Î Les intrados de quelques ares ont conservé leur
ornementation. Elle consiste en un réseau polygonal meu-
blé d’arabesques, le tout finement gravé dansle plâtre. Nous
n'avons pas besoin d'insister sur l'importance de cette
constatation. Dès le 3" siècle de l’hégire, le principe de
l’ornementation arabe : l’entrelac polygonal et l’arabesque
est tout trouvé.
INTRODUCTION XXIII
soit sorti, comme la Minerve, fille de Jupiter,
du cerveau d’un seul créateur.
Nous devons y voir, au contraire, un dé-
veloppement normal qui a eu son point de
départ dans la nécessité de créer un art
nouveau en rapport avec une foi nouvelle.
Malheureusement, nous ne pouvons invoquer
d’autres témoignages que ceux qui nous sont
fournis par les débris recueillis dans les
tombeaux dont nous avons parlé.
Or la sculpture des boiseries que nous y
avons trouvées est identique à celle des baies
des portes de la mosquée d’Ahmed ibn
Touloûn. La conclusion est facile à tirer.
Khalifes Abbassides.— 292-322 (905-934)
(4
Dynastie des Ekhchidites.— 323-362 (934-972).
La dynastie des Toulounides, qui s’an-
nonçait comme devant fournir une longue
carrière, s’éteignit au bout de trente-quatre
ans. Elle fut remplacée par celle des Abbas-
Histoire.
. Architecture.
XXIV INTRODUCTION
sides qui parvint à réunir le pouvoir
spirituel au pouvoir temporel. Mais elle eut
une durée aussi éphémère que la précédente.
Abou-Bakr Mohamed ibn Takadj, qui gou-
vernait l'Égypte au nom du khalife Raddi
Billah, profita de la faiblesse de ce dernier
pour se rendre maître absolu de cette magni-
fique contrée. Il se déclara indépendant l’an
935 de.J.-C. et prit le titre d'Ekhchid, c’est-
à-dire de roi des rois. C'était le titre que
prenaient les princes régnants de Fer-
ghana, dont Abou-Bakr se disait originaire.
Sous cette dynastie le pays ne goûta pas la
tranquillité qu’on lui avait fait entrevoir.
Le fait historique le plus saïillant de cette
époque consiste dans les rélations intimes
qu’entretenaient les princes égyptiens avec
les cours asiatiques et .avec.,la Syrie, qui
continue à unir son sort à celui de l'Égypte.
Les guerres intestiries et les Complications
que faisait naître une politique ondoyante ne
pouvaient être favorables au progrès de l’art.
Aussi l’histoire ne fait-elle aucune men-
INTROPDUCÆFION XXV
tion de travaux d'architecture. Aucun vestige, :
d’ailleurs, n’est venu nous éclairer à ce sujet.
Dynastie Fatymite.
362-567 (972-1171)
L'an 362, Moezz ibn el-Mansour fit la
conquête de l'Égypte. Moezz appartenait à
une dynastie indépendante des khalifes
abbassides. Son royaume était situé au
nord de l'Afrique et s'étendait jusqu'aux
frontières égyptiennes.
Les princes de cette dynastie se donnaient
le nom de Fatymites parce qu’ils prétendaient
descendre de Fatyma, fille du Prophète.
Venue de l’ouest des montagnes de l’At-
las, la tribu guerrière à laquelle appartenait
le fondateur de cette dynastie s'était emparé
de Kaïrouan. Déjà l’an 300 de l’hégire, un
aïeul de Moezz se sentait assez fort pour
attaquer l'Egypte.
L'expédition ne fut pas heureuse, maïs les
villes d'Alexandrie et de Medinet el-Fayoum
restèrent néanmoins en sa possession. Plus
tard, Gôhar, un des généraux de Moezz, fit
Histoire.
XVI . INTRODUCTION
une nouvelle campagne contre l'Egypte, dont
il réussit à s'emparer au nom de son maître.
Avec les Fatymites s’ouvre pour l'Egypte
une ère toute différente des précédentes.
. Le pouvoir spirituel des khalifes abbassides
tombe entre les mains des Fatymites, haïs
comme chiütes! par leurs prédécesseurs.
Sous les deux premiers rois de cette dy-
nastie, l'Egypte se reprend et devient pros-
père. Mais déjà, sous le règne de Hâkem bi
Amr Allah, second successeur de Moezz,
elle connaît de nouveau la misère et la déso-
lation. D'un esprit inquiet et tyrannique, ce
prince est sans cesse en butte aux révoltes
que provoquent des ordres insensés et cruels.
L'Egypte prend ensuite un nouvel essor,
grâce, surtout, à la sage administration du
premier ministre Bedr el-Gamâli. Mais cette
tardive prospérité ne dure qu'un instant ;
l'Egypte traverse bientôt une autre période
1 Les chiites (hérétiques) reconnaissaient Ali, gendre du
Prophète, comme le vrai élu de Dieu.
INTRODUCTION XXVII
de troubles sous les derniers princes faty-
mites. : :
C'est à cette époque que les premiers
. croisés paraissent devant Constantinople et
s'emparent de Jérusalem (1099), qu'ils en-
lèvent à l'Egypte.
Dans leur pays d’origine, les ae Architecture.
avaient déjà élevé de nombreux monuments.
Encore aujourd'hui, on voit en Sicile les
constructions qu'ils y ont laissées.
A peine le général Gôhar a-t-il achevé
la conquête de l'Egypte, qu'il s'occupe de
fonder une nouvelle capitale. Construite au
nord de Fostât, la ville fut entourée de mu-
railles. Au milieu s'élevait le palais du nou-
veau maitre. Cette capitale reçut le nom
d'el-Khâira, c’est-à-dire Ze Wrcéorieuse.
Les grands dignitaires groupèr:nt leurs
palais autour de la résidence du prince, et
les travaux d'architecture furent l’objet de
soins tout particuliers.
Aujourd’hui ces palais ont disparu. A +
place s'élèvent d’autres monuments autour
XX VIII INTRODUCTION
desquels se groupent des constructions mo-
dernes. De cette glorieuse époque, il nous
reste bien peu de choses. En premier lieu,
nous citerons la mosquée d’el-Azhar, la pre.
mière qui fut édifiée par le nouveau con-
quérant. Elle a subi de nombreuses restau-
rations.
Signalons encore : la mosquée d’el-Hä-
kem, qui, aujourd’hui, n'offre plus que des
ruines ; la petite mosquée d’el-Akmar, éri-
gée par le khalife Amer bi Ahkâm Allah
en 519 de l'hégire; enfin la mosquée de
Telayeh Abou Rezyk, le puissant ministre
des derniers Fatymites.
La plus ancienne de ces mosquées, celle
d’el-Azhar, imite la mosquée d'Ibn Touloûn,
du moins dans ses dispositions générales.
On y voit de même une grande variété
dans l'ordonnance des piliers et des colonnes.
Ce qu’il y a de remarquable surtout, ce sont
les arcs de forme dite persane ; il semble que
ce soit là une innovation introduite en Egypte
par les Fatymites. Nous remarquons en effet
INTRODUCTION XXIX
cette forme d'arc dans les autres monuments
fatymites que nous avons énumérés. Il n’y
a que la mosquée d’el-Hâkem où l'arc re-
tourne à la forme ogivale employée dans la
mosquée d'Ibn Touloûn. On remarque,
d’ailleurs, entre ces deux mosquées, bien
d’autres points de ressemblance. Quoi-
qu’elles aient été construites à un siècle
d'intervalle, nous pouvons encore distinguer
les parties qui permettent de les apparenter,
tout en reconnaissant à la mosquée d’el-Hâ-
kem une plus grande liberté d’allure dans
les diverses compositions.
Nous appelons notamment l'attention sur
les sculptures des tirants en bois qui re-
lient les piliers, celles des panneaux de la
porte exposée dans le corridor du musée.
(N°°Yr.)
La mosquée de Telayeh, construite cent
soixante-quinze ans après celle d’el-Häkem
et conçue dans le même esprit, marque déjà
un notable progrès dans les travaux d’orne-
mentation. Tandis que, dans la mosquée d’el-
XXX INTRODUCTION
Hâkem, les arabesques qui ornent les frises
d'inscriptions sont pleines, ici elles se ré-
solvent en une foule de détails qui produit
sur l'œil l'effet d’un véritable filigrane. On
peut affirmer que dans la mosquée de Te-
layeh, les arabesques atteignent un dezré de
développement qui se maintient pendant
plusieurs siècles et qui ne le cède en rien à
la beauté des décorations des siècles posté-:
rieurs. La mosquée el-Akmar, construite
trente ans 2près celle d’el-Hâkem, nous offre
une précieuse particularité : c’est la seule
qui nous ait conservé, de la période faty-
mite, un exemple de façade correspondant
avec les dispositions du monument. Jus-
qu’alors, les façades ne jouaient qu'un rôle
secondaire et nous ne pouvons en signaler
aucune qui mérite vraiment ce nom. C'est
un legs précieux que nous a fait cet âge
intéressant, car il n’y a guère que là que
nous puissions nous faire une idée complète
des façades telles qu'elles ont été créées
dans les monuments cités jusqu'ici. Il faut
INTRODUCTION XXXI
avouer que les murs longs et bas qui clôtu-
raient les mosquées se prêtaient fort peu à
la formation de la façade. |
Les modestes dimensions de la mosquée
d'el-Akmar permettaient du moins de tenter
un essai original. C'est ainsi que dans la
façade sud, le portail est creusé en forme de
niche peu profonde à sa partie supérieure et
décorée d’un système de cannelures, dont
l'idée première paraît être un emprunt à
l'architecture classique à coquilles. Le
milieu de cette coquille est percé d'une
rosace à claire-voie dont le grillage se com-
pose d’ornements et d'inscriptions. Le rin-
ceau qui borde cette fenêtre rappelle, d'une
fecon remarquable, le style byzantin. Il est
probable que cette forme plus riche, plus
chatoyante, ait déterminé les artistes à dé-
laisser le style plus sobre des époques pré-
cédentes. Ce même portail est, en outre, flan-
qué de deux petites niches, le tout couron-
né d'une frise avec inscription coufique.
L'angle formé par cette façade et la fa-
XXXII : INTRODUCTION
çade nord est à pan coupé, et la transition
s'opère à l’aide d'un système de stalactites
superposées qui, à ma connaissance, en
est le premier exemple dans l'architecture
arabe d'Egypte.
De là à résoudre ensuite les problèmes
les plus compliqués en ce genre, il n’y avait
qu'un pas. Il fut rapidement franchi!.
Pour compléter la liste des monuments
qui appartiennent à la domination fatymite,
nous mentionnerons encore les trois portes
de la ville du Caire, encore debout : la porte
Bab el-Fetoûh (porte de la Conquête), Bab-
el-Nasr (porte de la Victoire), et Bab-Zou-
eila (ainsi appelée du nom d’une tribu ve-
1 La mosquée d’el-Akmar, élevée par le khalife Amer bi
Abkäm Allah, est située dans la rue el-Nahassyn. Sa façade
principale est cachée par une masure, ce qui empêche d'en
faire un examen complet. Le Comité de conservation des
monuments de l’art arabe a, jusqu’à ce jour, fait de vaines
tentatives pour obtenir la démolition de cette masure. Espé-
rons que ce Comité, par ses démarches incessantes, finira
par atteindre son but, (Voir le 67v rapport de la 2e Com-
mission et un plan de cette mosquée, dressé par l’auteur—
6m fascicule des comptes rendus.
INTRODUCTION * XXXITI
nue en Egypte sous les Fatymites). En tant
que constructions militaires, ces portes pré-
sentent trop de différences avec Îles modèles
qui font l'objet de cette étude et demande-
raient de trop grands développements pour
entrer dans le cadre que nous nous sommes
trace.
Ce sont des constructions étrangères dont
les auteurs sont trois frères architectes, ap-
pelés au Caire par Bedr el-Gamäli, le fidèle
ministre du khalife el-Mostanser. Ces portes
datent de la fin du 5° siècle de l’hégire.
Dynastie des sultans Ayyoubdites.
567-648 (1171-1250)
Réduits à l’état de simples jouets entre
les mains de leurs vizirs, les derniers khalifes
fatymites n'avaient plus qu’une ombre d’au-
torité. Ces ministres turbulents et ambitieux
se disputaient sans cesse le pouvoir. Ils ne
devaient même pas tarder à se débarrasser
Histoire
Architecture.
XXXIV INTRODUCTION
par l'assassinat de l’un de leurs souverains.
En définitive, la dynastie fatymite s’éteignit,
victime de la rivalité des vizirs.
L'Egypte et la Syrie eurent bientôt un
maître en la personne du Kourde Voussef,
fils de Nigm el-Dyn Ayyoub, et plus
connu sous le nom de Saladin. (Selâh el-
Dyn). Les règnes de Saladin et de ses suc-
cesseurs, qui, les premiers en Egypte, prirent
le titre de sultan, furent troublés au dedans
et au dehors par des luttes mémorables. Des
haines et de puissantes rivalités mirent aux
prises les musulmans eux-mêmes. Mais cette
époque demeure surtout célèbre par les
guerres sanglantes qui, sous le nom de
Croisades, eurent lieu entre musulmans et
chrétiens.
L'Europe chrétienne se précipita sur l’O-
rient pour arracher les lieux saints à la domi-
nation musulmane. Ces célèbres expéditions
eurent surtout pour résultat d'établir d’inti:
mes relations entre l'Orient et l'Occident.
Ces relations exercèrent une incontes-
INTRODUCTION XXXV
table influence sur l'architecture musul-
mane. Cette influence ne se manifesta pas
d'un seul coup, il est vrai, ce fut tout
d'abord en Syrie qu'elle se fit sentir. Les
Croisés arrivèrent munis de tout ce qui devait
les aider à créer une nation chrétienne. Leur
but était, d’ailleurs, de rester définitivement
dans cette contrée, qu'ils espéraient conque-
rir. Leur passage, même éphémère dans les
provinces, les villes et les bourgades, était
marqué par la construction d’églises, que
leurs ennemis, aussitôt que la victoire les
favorisait, convertissaient en mosquées.
Jérusalem resta pendant quatre-vingt-huit
ans au pouvoir des Croisés; ce fut Saladin
qui les en délogea en 1187. Partout où ils
passèrent, les Croisés élevèrent des monu-
ments selon l'esthétique occidentale et les
architectes orientaux purent étudier de nou-
velles formes. Si les musulmans n'imitèrent
pas servilement ce style opposé à leur es-
thétique, ils n’hésitèrent pas à l’apprécier
et à s’en approprier les formules, lorsqu'elles
XXXVI INTRODUCTION
leur semblèrent aptes à s’harmoniser avec
leur architecture.
Saladin, le fondateur de la dynastie, était
guerrier avant tout et favorisait de préférence
l'architecture militaire. ;
Les progrès de cet art ne lui permettaient
plus de se contenter du palais des fatymites.
Aussi se fit-il construire, sous la direction
de son fidèle vizir, l’eunuque Bohà el-Dyn
(Kara Kouch}), une nouvelle résidence sur
un des sommets du Mokattam. C’est la cita-
delle actuell:, le Kal'at el-Guebel (la forte-
resse de la montagne). |
Saladin voulut encore élargir l'enceinte
de la ville; il ne put réaliser ce projet qu’en
partie. Pour tous ces importants travaux, ce
fut la petite pyramide de Guizeh qui fournit
les matériaux. On fit beaucoup pour les
constructions d'utilité publique ; pour les
édifices religieux on adopta des dispositions
particulières qui semblent avoir été dictées
par des considérations d'ordre politique.
N'oublions pas que la dynastie précédente
INTRODUCTION XXXVIT
était chiite, et que, par conséquent, les dogmes
en vigueur différaient de ceux qu'avaient
adoptés les disciples du Prophète.
Dans le but de faire revivre dans le pays
la foi orthodoxe, qui, sous les Fatymites,
avait perdu beaucoup de prosélytes, les Ay-
youbites créèrent de nombreux collèges (ma-
drassa), où l’on enseignait les quatre doc-
trines (mazhab) de la foi musulmane’. Le
plan de ces collèges consiste en une grande
cour carrée, sur les côtés de laquelle s’é-
lèvent des chapelles voûtées; cette disposition
donne à l'édifice une apparence cruciforme.
Comme dans les mosquées, cette cour prend
le nom de sahn, et les quatre chapelles
Î La première madrassa fondée en Egypte fut celle de
Nasrieh, située près de la mosquée el-Amr. On y enseignait
les doctrises de l’imäm el-Chaléy. — El-Makrisi, tome Il,
page 363.
Dans ia madrassa du sultan Saleh el-Dyn, on institua
pour la première fois des chaires pour les quatre doctrines
orthodoxes. Id. tome II, page 374.
XXXVIII INTRODUCTION
celui de liwân!. L'édifice est orienté vers la
Mecque et contient toujours la niche de
prière. Il est facile de voir que l’école est
composée des mêmes éléments essentiels que
la mosquée. Dans la suite on ne fait même
plus de distinction entre madrassa (l’école)
et masguid (la mosquée}?. Cette disposition
cruciforme se maintint dans la suite à côté
des formes primitives, à portiques, auxquelles
on la préférait quand il s'agissait de mosquées
de petites dimensions. Examinons de plus
près quelques-uns des édifices de cette
époque.
Le plus ancien est la mosquée du sultan
el-Kâmel, qui fut érigée en 622 (1224). Cette
mosquée est aujourd’hui en ruine ; on peut
encore y reconnaître le plan primitif, mais
il ne reste rien de ce qui faisait une si forte
1 Dans les ouvrages historiques on écrit iwän ( sin )
dont on a fait liwân ( Das) ) appellation encoreusitée de
nos jours.
? Aujourd’hui, en effet, tout édifice religieux, quelle que
soit sa destination, est appelé par le peuple : gäma.
INTRODUCTION XXXIX
impression sur ceux qui la visitaient au mi-
lieu de ce siècle. Les derniers vestiges des
riches décorations qu'on y avait prodiguées
ont été recueillis par le Musée arabe (pre-
mière salle). Ces ornements complètent ceux
que nous avons trouvés dans la mosquée de
Saleh Telayeh.
La mosquée et la madrassa élevée dix-huit
ans plus tard par le sultan Saleh Nigm el-
Dyn, renferme plus de détails caractéris-
tiques.
Ces deux édifices étaient séparés par une
ruelle, où l’on pénétrait en passant sous le
minaret. Nous retrouvons dans sa façade la
même conception que nous avons relevée
dans la mosquée fatymite el-Akmar : un sys-
tème de rainures peu profondes. Les angles
rentrants des niches sont arrondis à une cer-
taine hauteur, effectués par une naissance de
stalactite. C’est une forme particulière que
nous voyons pour la première fois. Les sta-
lactites, dans cette mosquée, ont aussi servi
à orner d’autres parties ; nous en voyons une
XL INTRODUCTION
5
magnifique application dans la couverture
de la niche du minaret!.
En dehors des ornements dont nous ve-
nons de parler, nous signalerons encore les
plates-bandes dentelées, et quelques autres
motifs qui ont servi de modèles décoratifs
pour d’autres monuments.
Dans les dômes nous constatons égale-
ment de grands progrès. La trompe des
angles, formée primitivement par une seule
niche (par exemple, dans la coupole de
la mosquée el-Hâkem), a été remplacée
par tout un système de niches, La coupole
du tombeau du sultan el-Saleh, ainsi que
celle du tombeau, presque contemporain,
de limâm el-Chafey, sont conçues sur le
même type.
L'influence occidentale se manifeste d’une
manière évidente dans le tombeau de ce sul-
tan. Ce tombeau élevé sept ans plus tard,
Dans la partie supérieure du minaret, il existe bien une
grande quantité de stalactites, mais ce ne sont plus les pièces
primitives ; nous sommes en présence d’un travail de res-
tauration.
INTRODUCTION XLI
est adossé à la madrassa, côté nord, et relié
par une ouverture pratiquée dans le mur du
liwân ouest. La conception de la façade du
tombeau, du moins dans ses grandes lignes,
est la même que celle des deux autres monu-
ments. L’entablement est représenté par une
gorge où sont sculptées des feuilles qui re-
tombent sur les bords.
Rien ne prouve mieux l'origine étrangère
de cette forme que la fausse application qu’on
en a faite. Cette gorge se redresse près du
portail, qu’elle semble envelopper, selon la
formule arabe, mais la position des feuilles
n’est rien moins que naturelle.
Dans l'art de sculpter le bois, on remar-
que aussi un raffinement très prononcé dans
le procédé que nous avons constaté en par-
lant des monuments fatymites. Les motifs à
dessin large sont remplacés par des arabes-
ques en miniature. Il est vraiment dommage
qu'il y ait un saut si grand entre ces deux
systèmes : des bois sculptés de la mosquée
Saleh Telayeh, parmi lesquels nous ne pos-
Histoire.
XLIÏ INTRODUCTION
sédons que des tirants remontant à l’époque
de la fondation même de cette mosquée, nous
devons passer sans transition aux vantaux
des deux tombeaux dont nous venons de
nous occuper. La porte du tombeau de l’I-
mâm el-Chafey date de l’an 608 (1211).
Deux siècles séparent ces deux spécimens
de travaux. À partir de cette époque, l’in-
dustrie des bois travaillés se développe ra-
pidement et atteint en peu de temps un haut
degré de perfection. Ne quittons pas le
tombeau de Saleh Nigm el-Dyn sans faire
mention des lambris en marbre qui décorent
le monument. Le travail est sobre et rien
dans les dessins ne fait prévoir la richesse que
nous rencontrerons seulement vingt ans plus
tard.
Dynastie des sultans mamlouks
(Mamlouks turcomans ou baharites).
648-784 (1250-1382)
Les mamlouks étaient des esclaves ache-
tés sur les divers marchés de la Géorgie,
INTRODUCTION XLIII
de la Mingrélie et du Caucase, d’où ils
étaient amenés en Egypte pour être vendus
aux grands dignitaires. Ceux-ci les dressaient
pour la guerre et les incorporaient dans leur
garde. On désignait ces esclaves sous le nom
de halka (äl= ceinture ) parce qu'ils de-
vaient entourer leurs maîtres comme une cein-
ture protectrice. Il n’en était pas toujours
ainsi, car nous voyons l’un de ces esclaves
frapper le dernier des fatymites et s'emparer
du pouvoir.
Sans passé dynastique et n'ayant d'autre
instrument de domination que leur valeur
personnelle et surtout le concours de leurs
fidèles mamlouks, ces nouveaux sultans
étaient exposés à de dures vicissitudes
quand ce concours venait à leur manquer.
Et comment n’en eût-il pas été ainsi, quand
chaque soldat pouvait à bon droit se consi-
dérer comme ayant des titres égaux à ceux
de son chef, et tout attendre, comme lui, de
l’occasion pour satisfaire son ambition.
C'est pourquoi toute cette période du
XLIV INTRODUCTION
règne des mamlouks ne fut qu’une longue
suite de troubles, de guerres intestines et
de révolutions de palais ; c'est une des épa-
ques les plus orageuses de l’histoire de
l'Egypte. |
Parmi ces sultans, quelques-uns se dis-
tinguèrent par leur intelligence et leur acti-
vité, entre autres: Beibars et Bondoukdâri
(1260-1277). Il combattit les croisés avec
succès et sous son règne l'Egypte fut pros-
père:
Kalaoun, autre sultan mamlouk, fut éga-
lement un souverain remarquable ; c’est le
seul qui réussit à fonder une dynastie. Il
prit le nom d’el-Mansour, auquel il joignit
le prénom d’el-Elfi (du mot e/f, qui signifie
mille, parce qu’il fut acheté mille pièces
d’or).
Kalaoun était digne de gouverner; il op-
posa ses armes victorieuses à l'invasion des
Tartares et réussit à préserver l'Egypte de
ce fléau dévastateur. Notons aussi qu'il noua
INTRODUCTION XLV
des relations avec la cour d’Espagne. En
689 (1290), Alphonse d'Aragon envoie à
Kalaoun une ambassade qui eut pour résul-
tat d’unir les deux pays par un traité avan-
tageux. Ces relations exercèrent en outre
une grande influence sur les arts. L’archi-
tecture, toutefois, reste indécise ; les monu-
ments présentent de profondes divergences.
Ce n’est que sous le règne suivant que nous
voyons l’art architectural se préciser, se cris-
talliser pour ainsi dire, et revêtir un carac-
tère définitif. Avant comme après le sultan
Mohamed el-Nasser, fils et successeur de
Kalaoun, jamais l'art ne prit un pareil
essor. Jamais nous ne retrouvons, comme
sous le gouvernement de ce prince, une telle
variété dans les lignes, et, en même temps,
un aussi grand développement industriel.
Son règne, si fécond pour l’art, embrasse
près d'un demi-siècle (exactement 44
ans).
Pendant les premières années du règne
des Baharites, nous sommes en présence
Arch'tecture.
XLVI INTRODUCTION
de formes et d'éléments artistiques dont nous
devons rechercher l’origine ailleurs qu’en
Egypte. Les moulures que l’on remarque
sur la grande mosquée d’el-Dâher (construite
par le sultan Beïbars en 1266), le système
de façades adopté pour les constructions de
Kalaoun, ont un frappant cachet d’exotisme.
Rien d’ailleurs ne saurait mieux caractéri-
ser l'arbitraire qui régnait alors en architec-
ture que le fait suivant. Lorsque Mohamed
el-Nâsser éleva le monument auquel il donna
son nom, il en fit construire la porte avec
les matériaux qui provenaient d’une porte
gothique enlevée par son frère à l’église
d'Akka (1291) et rapportée au Caire comme
un glorieux trophée. Nous ferons toutefois
observer que c’est là un cas très rare d’a-
daptation d'une forme étrangère sans travail
préalable d’assimilation. Cette exception ne
pouvait beaucoup influer sur le dévelop-
pement régulier de l’art arabe. Et si la Sy-
rie, couverte de monuments chrétiens par les
croisés, imposait ces formes nouvelles aux
INTRODUCTION XLVII
contrées environnantes, celles-ci n'arrivent
qu'atténuées en Egypte où elles se plient
aux exigences de l'esprit national.
Il était nécessaire d’opposer une digue
aux uille et une formes disparates qui
_menaçaient d’envahir l'architecture.
Le long règne paisible de Mohamed el-
Nâsser se prêtait admirablement à un travail
de sélection dont le résultat devait être la
création d’un style original. Ce fut une é-
poque de paix et de travail, le souverain
donna lui-même l'exemple en dotant le Caire
d’un collège auquel il adjoignit son tombeau
et d’une grande mosquée construite sur la
citadelle.
En outre, il acheva cette construction
complexe appelée el-Moristan, que son père
avait commencée.
Les membres de la famille royale et les
grands dignitaires imitèrent la magnificence
du souverain. La fiévreuse activité qui dis-
tinzue cette ficonde piriode eut d’heureux
effets dans le domaine de l’art. L'indécision
XLVIIT INTRODUCTION
des siècles précédents fait place à une grande
netteté dans les conceptions. Malgré leur
grande variété, une incomparable richesse
de formes et de composition, l’unité de con-
ception se dégage franchement et constitue
un style d’une rare perfection.
Dans la disposition des façades, nous ob-
servons une accentuation progressive et ra-
tionnelle des éléments que les époques pré-
cédentes avaient légués.
Les grandes surfaces sont comme sillon-
nées de distance en distance par un système
de hautes niches, peu profondes, formant
sur les parois comme un appareil de rainures
dans lequel vont se longer les fenêtres en
doubles rangées.
Ces niches sont terminées par une cou-
verture horizontale formée de plusieurs as-
sises de stalactites. Le portail est modelé
d’après le même principe, avec cette diffé-
rence que la niche est beaucoup plus large
et plus profonde.
La conséquence d’une pareille disposition
INTRODUCTION XLIX
a été de donner un Lo riche et plus i
5 SORTE DIRE
développement à ! mp!
Les portails se distinguent encore par un
riche revêtement en marbre. Le point de
départ de ce système de décoration fut
d'abord dans l’enchevêtrement des claveaux
de l'arc de décharge. Un long bandeau
épigraphique se déroule en haut des façades
terminées par une moulure couronnée de
créneaux.
Les façades, d’une belle exécution, sont
en pierres de taille, et le plus souvent de
deux couleurs alternantes, elles ressemblent
à celles des mosquées dont nous avons parlé
jusqu'ici. Il n’y a donc rien de changé dans
les dispositions générales, si ce n'est l’impor-
tante addition du tombeau du fondateur
toujours surmonté de la coupole, signe carac-
téristique du tombeau.
Dans l’intérieur des mosquées à portiques,
les appuis sont désormais presque exclusi-
vement formés de colonnes en marbre, pro-
L .. INTRODUCTION
venant, comme auparavant, de constructions
en ruine.
Pour atteindre une hauteur en harmonie
avec les dimensions de l'édifice, on surhaus-
sait la naissance des arcs. La couverture é-
tait ordinairement en bois; les solives, ma-
gnifiquement sculptées, s’ornaient de riches
. dorures. Les lambris sont en mosaïque et
couvrent les murs jusqu'à une hauteur de plu-
sieurs mètres. Les mosaïques du dallage é-
galent en beauté celles des murs.
Le tout s'harmonise admirablement, et la
richesse de l’ensemble est encore augmen-
tée par la chaire (minbar), le pupitre (koursi
el-kahf), ornés de marqueteries et de pein-
tures fort gracieuses, ainsi que par de splen-
dides lustres en bronze et de lampes en
verre émaillé.
Ce que nous venons de dire des mos-
quées s'applique également aux autres con-
structions. Malheureusement, nous ne possé-
dons en entier aucun de ces monuments,
mais les parties qui nous restent nous per-
INTRODUCTION LI
mettent de reconstituer l’ensemble et suf-
fisent à nous convaincre de la splendeur de
tous les édifices élevés à cette époque.
Seconde dynastie des sultans mamlouks.
{(Mamlouks CirTcassiens où bouroguites).
784-923 (1382-1517)
Avec les mamlouks circassiens, la dynas- "e-
tie seule a changé. Le pays n’a pas cessé
d'être agité par les rivalités des émirs. À
part quelques souverains énergiques ou ani-
més de bonnes intentions, les princes
régnants ne se préoccupent en général que
bien peu des intérêts du pays; tous leurs
efforts tendent à conserver le pouvoir, même
au prix d'un crime.
Les mamlouks circassiens, qui gouver-
nèrent l'Egypte et la Syrie pendant près
d’un siècle et demi étaient d’origine sibé-
rienne. On les appelait aussi bourguites,
parce qu'ils étaient principalement employés
par leurs maîtres à la défense des forteresses,
en arabe bourg.
LII INTRODUCTION
Parmi les princes de cette dynastie qui
rendirent de grands services à leur pays, nous
citerons le sultan el-Zaher Barkouk, le fon-
dateur de la seconde dynastie, qui sauva
le pays de l'invasion des Tartares et le dota
de nombreux monuments; le sultan el-
Mouayyed, protecteur des sciences (ce qui
lui valut le titre de cheikh ou docteur) et
constructeur d’édifices remarquables.
Mentionnons encore le nom de Barsabaï,
qui régna pendant seize ans et dont on ne
saurait trop louer le gouvernement pacifique,
consacré tout entier au bien-être du peuple.
Puis vinrent des jours de troubles qui
menacèrent l'existence même de l'Egypte.
Les Ottomans quittaient alors l’Anatolie,
renversaient l'empire chrétien de Constan-
tinople et les progrès de ce peuple nouveau
effrayèrent le sultan d'Egypte, el-Melik
el-Achraf Kaïtbaï. Les craintes de ce prince
n'étaient que trop fondées, car sous el-
Ghoûri, son successeur, les Ottomans mirent
à exécution le projet longtemps caressé
INTRODUCTION LIIT
d'établir leur domination sur les rives du Nil.
Après une lutte acharnée de part et d’au-
tre, l'Egypte perdit son indépendance et de-
vint une province de la Turquie (1° mois
de l’année 1517).
De même que la nouvelle dynastie ne pro-
voqua aucun changement sérieux dans l’ordre
des événements, de même rien ne s'opposa
au développement régulier des arts. Sous
les Ayyoubites, on avait créé le système
cruciforme pour la construction des mos-
quées ; cette disposition continua à être
adoptée pour tous les édifices religieux que
l'on éleva dans la suite ; ce n’est qu'excep-
tionnellement que l’on voit construire des
mosquées à portiques.
C’est sans doute par suite de leur grand
nombre que l'on donna aux mosquées de
plus petites dimensions vers la seconde
moitié du XVme siècle. Cette réduction
dans les proportions eut l'avantage de per-
mettre de couvrir le sahn. Beaucoup d’entr'el-
les servaient, en outre, de madrassa (école).
Architecture.
LIV INTRODUCTION
La nécessité d'installer de nombreuses
annexes pour répondre à tous les besoins
et de se conformer à l'alignement des rues
de la ville déjà très développée, eurent pour
résultat de provoquer de très ingénieuses
combinaisons de la part de l'architecte.
Parmi ces annexes, nous signalerons les
sébils (fontaines publiques) et les kouttabs
(petites écoles) qui, presque toujours, accom-
pagnent les mosquées de la dynastie circas-
sienne et qui s'élèvent de préférence à l’un
des angles les plus saillants de l'édifice. La
première mosquée où fut inaugurée cette
disposition particulière est celle de l’émir
Gaï el-Voussefi (dynastie baharite).
L’attention de l'architecte se portait tout
spécialement sur le tombeau. Celui-ci n'est
plus relégué, comme du temps des Baharites,
dans quelque coin perdu de la mosquée, mais
il en devenait la partie principale, bien
que la mosquée qui s’y ajoutait présentât
souvent d'importants développements. Vers
la fin du XVe siècle, on fait un pas de
INTRODUCTION LV
plus ; le tombeau, avec son dôme plus ou
moins élégant, constitue à lui seul un mo-
nument complet.
Sous les sultans circassiens, l’art de la
construction subit lui-même de profondes
modifications par suite d'un plus large
emploi de la pierre de taille, qui entrait
même dans la confection des murs inté-
rieurs. Chacun des ornements qu'on y
sculptait mériterait d’être relevé. Toutes
les parties de l’intérieur et de la façade é-
taient décorées d’arabesques, d’entrelacs ou
d'inscriptions. Dans les inscriptions, l'écriture
coufique était depuis longtemps remplacée
par des lettres rondes, mais on retourna
bientôt à la forme coufique, qui se prête
mieux à l’ornementation.
Les maisons d'habitation de cette époque
sont plus coquettes. Dans la cour, à une
certaine hauteur, est situé le makad, ex-
posé au nord. Il projette deux arcs sur la
cour : c’est l’endroit favori où le maître de la
maison reçoit les visiteurs. A l’intérieur, la
LVI INTRODUCTION
ka’a (salle) forme le noyau des autres pièces.
Cette ka’a est spacieuse, à parois décorées
de mosaïque et recouverte d’une toiture lu-
xueusement dorée. Les machrabiehs (treillis
en bois tourné) laissent filtrer une lumière
atténuée et font de cet endroit un agréable
et frais abri contre les ardeurs de l'été.
L'architecture profane comprend encore
les okalas (dépôts et caravansérails), les
abreuvoirs, etc., dont on peut admirer un
grand nombre de spécimens intéressants.
La dernière étape de l’art national égyp-
tien est caractérisée parle soin qu’on apporte
dans la décoration de l’extérieur des con-
structions.Nous avons déjà mentionné l’effort
tenté dans ce sens sous la domination des
Fatymites ; mais ce premier effort demeura
sans résultat important. C’est un trait carac-
téristique de l'architecture’ arabe que cette
négligence intentionnelle dans l'extérieur
des constructions. La décoration extérieure
des plus célèbres monuments ne porte le plus
souvent que sur le portail, le minaret ou sur
INTRODUCTION LVIT
quelque autre ‘partie principale, tandis que
l'ensemble reste nu. Mais sous les sultans cir-
cassiens, l’architecte se complaît à faire une
œuvre harmonieuse dans toutes ses parties,
à l’extérieur comme à l’intérieur ; aussi les
monuments dont cette époque a enrichi le
pays, offrent-ils cette perfection d'ensemble
et de détails que nous avons l'habitude de
réclamer à toute œuvre d'architecture.
L'Egypte province turque.
La bataille de Merg Dâbek décida du sort
de l'Egypte. Les Turcs, vainqueurs, s’empa-
rèrent de cette riche contrée,qui, depuis lors,
ne cessa de faire partie de l’Empire Ottoman.
La crainte de perdre cette magnifique pro-
vince porta les Turcs à lui imposer une ad-
ministration compliquée, où ils avaient in-
troduit des émirs indigènes et des fonction-
naires turcs. L'introduction de ces deux élé-
ments antagonistes avait pour but de con-
trebalancer les influences et de ne permettre
Histoire.
LVIII INTRODUCTION
à aucun d'eux de prendre une prépondérance
marquée.
Un pacha envoyé de Constantinople et
nommé gouverneur pour un an, représentait
le souverain et administrait le pays en son
nom. Bientôt le pacha fut nommé pour
plusieurs années. Mais il ne restait toutefois
pas assez longtemps au pouvoir pour être
en mesure d'y faire œuvre utile.
Aussi le nombre des gouverneurs qui lais-
sèrent quelques traces glorieuses de leur ad-
ministration est-il des plus restreints. L’his-
toire ne relève guère que les noms de Soliman
pacha et surtout de Senân pacha, qui con-
tribuèrent efficacement à la prospérité du
pays.
Les rouages administratifs, tels qu'ils a-
vaient été installés, ne donnaient pas les
résultats qu'on en avait attendus.
Soixante-dix ans après la réorganisation
de l'Egypte, les troubles militaires reparais-
sent, et un demi-siècle plus tard, les beys
turbulents qui entouraient le pacha dictent
INTRODUCTION LIX
leurs volontés. L'élément militaire, vers lafin
du XVIIe siècle acquiert une telle puissance
. que le pacha nommé par Constantinople doit
être agréé par les beys pour s'installer au
Caire. Ceux-ci ne craignent même pas d’en-
trer cnatte avec le sultan; ils se groupent
autour du cheikh-el-beled, le véritable
maître du pays, et tiennent en échec la cour
de Constantinople.
Après avoir brisé toute résistance de la
part du pacha, les beys ravivèrent leurs an-
ciennes rivalités; chacun d’eux travaillait
pour son propre compte et fomentait des
troubles pour s'emparer du pouvoir. Cette
époque de guerres intestines, de désolation,
de misère et d’oppression, est la plus lamen-
table qu'ait enregistrée l’histoire d'Egypte.
Aly bey alla encore plus loin. Ce prince
auquel l’histoire donne le surnom de Grand,
noua des relations diplomatiques avec les
puissances européennes pour s'assurer le
titre de souverain indépendant dans un pays
libre. Mais sa mort prématurée fit échouer
ce projet.
Architecture.
LX INTRODU CTION
Après lui, l’histoire ne signale plus que
des guerres civiles queles beys entretenaient
dans le but d’ériger de scandaleuses fortunes.
Vers la fin du XVIIIe siècle, Mourad
bey et Ibrahim bey rançonnent audacieuse-
ment jusqu'aux négociants européens, dont
les plaintes répétées attirèrent l'attention de
l'Europe sur ce malheureux pays. Telle était
la situation, lorsque le 1e° Juillet 1708 (17
Mobharrem 1213), Bonaparte avec sa flotte
jeta l'ancre devant Alexandrie.
L'évolution politique dont l'Egypte ve-
nait d’être le théâtre, devait nécessairement
exercer une grande influence sur sa civilisa-
tion.
Avec l'ère des pachas turcs, l'Egypte
cesse d’être un centre et sa capitale n’est
plus qu'un chef-lieu de province turc. Les
troubles intermittents et de peu de durée
dont les époques précédentes ont été les
témoins, ne pouvaient apporter au progrès
de sérieuses entraves. Aussi avons-nous pu
INTRODUCTION LXT
constater un progrès continu dans l’architec-
ture et les arts.
Mais lorsque l'Egypte fut réduite à l’état
d'une province, l’essor primitif est arrêté ;
les sultans de Constantinople n’ont plus le
même intérêt à favoriser dans le pays l’épa-
nouissement des arts. En effet, il existe
bien peu de monuments auxquels les
souverains turcs aient attaché leur nom, et
encore ces monuments sont loin d’avoir la
valeur artistique de ceux que nous ont
laissés les sultans baharites et bourguites.
Les Turcs n'ont importé en Egypte que
la forme de leurs mosquées, forme qu'ils
avaient eux-mêmes empruntée aux églises de
l’ancienne Byzance. La mosquée voisine du
tombeau de Sâria-el-Gabal, construite sur la
Citadelle dix ans après la conquête du pays,
est la première où l'architecte se soit inspiré
de ces modèles chrétiens. Puis viennent
la grande mosquée de Senân pacha à Bou-
laq, bâtie en 979 (1571) et celle de la prin-
cesse Malika Sañia, élevée en 1019 (1610).
LXITI INTRODUCTION
Le point le plus saillant de la disposition
nouvelle consiste dans l’emploi des coupoles,
innovation qu
tradition,
On rencontre pourtant quelquefois des
i rompt radicalement avec la
mosquées construites d’après les anciens
modèles, mais elles sont en bien petit nom-
bre, et,dans ce cas, le fondateur est toujours
un indigène ; il semble que l’antagonisme
qui mettait aux prises les beys et le pacha,
les Égyptiens et les Turcs, ait eu un écho
- jusque dans les fondations pieuses.
Les mosquées, toutefois, ne constituent
qu'une exception ; on s’attachait de préfé-
rence à élever dés monuments de moindre
importance, tels que fontaines, petites écoles,
couvents de derviches, okâlas, etc.
Les sébils ne font plus partie, comme
auparavant, d’un édifice quelconque, mais
ils forment un monument complètement
autonome.
Au point de vue de l’ornementation,
nous devons noter un recul. Nous ne retrou-
INTRODUCTION LXIIT
verons plus les riches décorations du temps
de Kaitbaï. Les constructions qui s'élèvent
sous la nouvelle domination sont simples,
discrètes, et reflètent un esprit d'économie
qui contraste avec les splendeurs des siècles
passés.
Cette pauvreté artistique tenait sans
doute à ce que les modèles indigènes étaient
peu prisés de l’ouvrier étranger, tandis qu’au
contraire, l’indigène goûtait peu cette orne-
mentation étrangère si peu conforme à ses
goûts, ses habitudes et ses traditions. Nous
devons cependant reconnaître que l’art arabe
l'emporte encore sur l’art étranger.
Il y eut aussi des créations mixtes, où
les deux styles combinés ont produit quelques
ouvrages assez réussis.
Citons, par exemple, le sébil du Kikhya
Abdel-Rahmäân, construit en 1157 (1744).
On y remarque quelques décorations de
style turc, mais tout son cachet lui vient de
ses formes empruntées au plus pur style
arabe. Deux autres sébils, qui portent les
LXIV INTRODUCTION
noms des sultans Mahmoud et Moustapha,
et qui datent de la même époque, ne peu-
vent être comparés avec celui d’Abdel-
Rahmän.
On y remarque bien quelques motifs
arabes, mais le caractère principal de l’édi-
fice s'éloigne trop des monuments analogues
de la belle époque. Tandis que les faïences
qui décorent l'intérieur du sébil d’'Abdel-
Rahmän sont des produits orientaux, celles
du sébil du sultan Moustapha qui couvrent
les murs viennent d'Europe. Les jambages
des fenêtres sont bizarrement décorés :
enfin l'influence européenne est par trop
manifeste.
Nous voici arrivés au seuil de ce siècle
qui a vu l'Egypte reprendre son autonomie.
L'histoire en est trop récente pour que nous
ayons à la rappeler ici.
Mais comment terminer ce court aperçu
\
sans rendre un hommage bien mérité à
INTRODUCTION LXV
l'illustre fondateur de la dynastie actuelle,
dont le glorieux souvenir restera toujours
lié à l'effort considérable réalisé pour mettre
ce pays au niveau de toutes les exigences
de la civilisation moderne. Il est à espérer
que cette renaissance scientifique et indus-
trielle aura pour corollaire, c’est la loi ordi-
naire du progrès humain, une reprise du
développement artistique qui a tant contri-
bué à la prospérité de l'Egypte.
—NHE SE c—
MUSÉE NATIONAL DE L'ART ARABE
DID —
MUSÉE NATIONAL DE L'ART ARAPE
FOR CCE O2 600 OO CCD ET/OU 02 OI C2 CP CC AI 0S
CATALOGUE
Dre
PREMIÈRE SALLE
Plêtres, pierres de taille, marbres.
SGA 2
+: nAUEES Piûñtres.
Le stuc a été employé dès l'origine de l'art
arabe en Egypte, et c’est avec cette matière que
les premiers ornements de son architecture ont
été exécutés. Nous en avons un exemple dans le
plus ancien des monuments conservés jusqu'à ce
jour, la mosquée d'Ibn-Touloun, construite en
876 après J.-C., laquelle, malgré sa restauration
presque complète en 1296, garde encore une partie
de ses ornements primitifs en stuc.
C'est au xrr° siècle que l'emploi du stuc dans
la décoration atteint son plus haut degré de per-
fection. Le tombeau du sultan Kalaoûn et la
mosquée de son fils Mohamed el-Nässer en
fournissent de beaux exemples: c’est principa-
f, PREMIÈRE SALLE
lement sur la tour de cette mosquée que l'on
trouve des ornements en stuc répandus à pro-
fusion.
Les ornements en plâtre du Musée Arabe
portent les N°s 83 à 87 (PI. I., N° 84). Ces pièces
sont les restes de l'encadrement d’une fenêtre
de la mosquée du sultan el-Kämel, construite
en 1224 après J.-C. (rue el-Nahassyn, Caire)! et
qui est en ruine depuis des années.
En 1845, il existait encore deux côtés de cette
mosquée dont les ornements, d'après le témoi-
gnage d'un voyageur de l’époque, ressemblaient
plus que tous les autres à ceux si justement
célèbres de Alhambra.
Ces fragments nous renseignent sur la manière
de travailler le plâtre; nous voyons, tout d'abord,
que les ornements sont taillés dans le vif de la
matière. Il est aussi à observer que la décoration
est placée à deux niveaux différents. Cela à été
confectionné en préparant d'abord tous les
ornements dans le premier niveau, et ensuite les
parties en relief ont été posées en seconde couche.
1Mentionnons en pessant la similitude des ornements en
stuc de quelques monuments du Caire, avec les ornements du
même genre de l'architecture mauresque.
C’est la décoration intérieure du tombeau, dont nous avons
parlé plus haut {sultan Kalaoûn) et une fenêtre sous les arcades Sud
de la coupele de la mosquée el Mouayyed, qui nous en fournissent
les plus frappants exemples.
CASE
PLATRES
La décoration en stue a été employée à toutes
les époques, même quand la pierre de taille était
considérée comme la matière de construction par
excellence.
Il nous suflira de rappeler la frise classique,
à inscription coufique, de la plus monumentale
mosquée d'Egypte, celle du sultan Hassan (1358.
après J.-C.), et les beaux ornements de la coupole.
de la mosquée Ak Sonkor à Darb el-Ahmar,
construite en 13457.
Dans la seconde moitié du xv° siècle, l'emploi
du stuc n’est plus si répandu comme matière.
décorative, on lui préfère le marbre ou la pierre
de taille. Mais, justement, un monument de ce:
temps-là prouve que l’ouvrier n’a pas pour cela
oublié l'adresse de ce métier et que cct art se
conservait encore sans affaiblissement.
Ce monument est le tombeau connu sous le:
nom de «el-Fadaouieh », à l'Abbassieh, près le.
Caire. L'intérieur est tout couvert, jusqu'à la cime
du dôme, d’ornements et inscriptions en stue. La
façon de travailler est toujours la même que celle-
des siècles antérieurs : le découpage.
Les Arabes ont encore employé le stuc comme.
clôture dé fenêtre. Nous en distinguons deux
spécimens. Le premier est la claire-voie propre-
ment dite; elle consiste en une grille découpée
dans une assez forte table de plâtre. C’est le plus
ancien système de fermeture de fenêtre: la
6 PREMIÈRE SALLE
mosquée d'Ibn Touloun nous en fournit le pre-
mier exemple! Ce procédé fut employé jusqu'au
x siècle environ.
Dans le dessin de ces claires-voies, la riche
fantaisie de l'artiste se manifeste souvent d'une
manière heureuse. Nous renvoyons aux fenêtres
de la mosquée mentionnée qui présente, dans
la variété des dessins, l'impossible. La magnifique
et ancienne mosquée du sultan Beibars el-Bon-
dokdäri qui, aujourd'hui, n’est plus qu'une ruine,
offre également une grande richesse de compo-
sition dans les quelques restes de ses claires-voies
qui émergent de ei de là des baïes grossièrement
bouchées. Le maristän de Kalaoûn possède aussi
de belles grilles en plâtre découpé bien conser-
vées. Ces grilles avaient la destination de clôturer
simplement les baies des fenêtres dans les mos-
Ait est peu probable que les claires-voies de la mosquée d’Ibn
Touloun soient contemporaines de la foudation de la mosquée, car
leurs motifs n’ont rien de l'incertitude qui caractérise Fornemen-
tation primitive de ce monument ; mais, au contraire, elles portent
le cachet de la maëstria que l’on remarque dans toutes les compo-
sitions de la brillante époque d’el-Nässer Mohamed. Il n’y a pourtant
aucun doute que les claires-voies d'aujourd'hui en remplacent
d’autres qui ont été faites à l'époque d’fbn Touloun.
A l’appui de ce que nous venons de dire, qu'il soit permis de
rappeler qu’aussi la mosquée d’El Häkem bi Amr Illah possède des
claires-voies et que cette mosquée a imité, presque en tout, celle
d’Ibn Touloun.
Nous remarquons que la mosquée d'Ibn Touloun a été sérieu-
sement restaurée au xue siècle. Il est donc probable que les claires-
voies datent de cette époque.
PLATRES ÿ
quées à cour ouverte, comme dans les mosquées
d'Ibn Touloun, el-Häkem et autres; dans les
constructions fermées, comme par exemple le
maristän de Kalaoûn, mosquées de Kaïtbaï, etc.,
les grilles étaient destinées à protéger les fenêé-
tres proprement dites.
Ces fenêtres munies de vitres, connues sous le
nom de vitraux en plâtre ajouré, — en arabe,
kamarieh ou chamsieh, — se rencontrent seule-
ment dans la seconde moitié du xr° siècle.
Il y a lieu de distinguer deux sortes de
vitraux qui correspondent à des époques diffé-
rentes. Dans la première, après avoir posé les
vitres, qui suivent à peu près les lignes du
dessin découpé de la plaque en plâtre,on appliquait
sur celle-ci des baguettes minces, également en
plâtre,et cela pour retenir les verres. Les baguettes
se raccordaient avec le dessin de la face opposée.
Ce système est le plus ancien et était pratiqué
entre la moitié du x1r1° et le commencement du
x1v° siècle. Les verres y employés sont toujours
très épais.
Nous citerons comme exemples : le tombeau
des sultans Sâleh, Kalaoûn, la mosquée funéraire
de Sangar el-Gaouli (1323), etc.
Dans la deuxième époque, dont les plus beaux
types nous sont offerts par les monuments des
xIv® et xv° siècles, on a supprimé les baguet--
tes et fixé les vitres à la face postérieure de la
8 PREMIÈRE SALLE
plaque découpée en y coulant du plâtre, qui
s'étendait entre les verres, en les fixant ainsi
(PI. ID). Il'en existe encore des spécimens dans
la mosquée du sultan Barkouk (1384), en ville et
dans les constructions datant de l’époque du
sultan Kaïtbaï (fin du xv° siècle), les mosquées
Aboubakr Mazhar, Kidjmàs el-Ishäki, ete. Les
vitres fabriquées pour les fenêtres de ces mosquées
sont quelquefois d'une épaisseur minime.
Les vitraux en plâtre ajouré des derniers
siècles ne supportent pas la comparaison avec les
anciens. Les dessins sont pauvres, l'exécution
grossière ét, quant aux vitres, on n'avait plus le
choix des produits locaux pour combiner l'effet
harmonieux des couleurs. On a donc été obligé
d'employer les vitres que l'importation mettait
sur le marché.
II. — Pierres de taille.
Le mode de construction ‘en briques ou en
moellons piqués, qui nécessitait la couche de
plâtre, en elle-même peu résistante, fit place à
l'emploi de la pierre de taille qui offre plus de
solidité.
Autant qu'on peut se rendre compte par les
monuments existants, on doit conclure que
l'eniploi général de la pierre dans les construc-
PIERRES DE TAILLE 9:
tions des Arabes en Egypte a eu lieu assez tard,
ce qui est très curieux, car les Arabes ont, lors
de leur invasion, trouvé beaucoup de constructions
monumentales de l'époque des Pharaons et gréco-
romaine, où les pierres étaient les matériaux
prédominants.
Le voyageur oriental Nassiri Khosrau,! faisant
mention du palais d’el-Mouizz (construit en 360
de l'hég. (970), dit que ses murs sont en pierres
« si bien liées entr’elles qu’on les croirait taillées
dans un seul bloc »; aussi, est-ce vers cette époque,
en l’année 484 de l'hég. (1091), que furent élevées
les trois portes de ville Bab el-Fetoûh, Bab el-Nasr
et Bab Zoueila, œuvres modèles de l'architecture.
en pierre de taille; le fait est que toutes les
mosquées qui datent d’avantle vr° siècle de lhég.
(xu°), sont bâties en briques.? .
La plus ancienne mosquée qui s’écarte de cet
usage, et où la pierre de taille a trouvé son em-
ISerer Name. — Relation du voyage de Nassiri Khosrau en
Syrie,en Palestine, en Egypte, en Arabie et en Perse. Publié, traduit
et annoté par Charles Schefer. — Paris 1881. Page 129.
?Le dôme, qui se trouve dans le sahn de la mosquée d’Ibn
Touloun et dont la substruction est en pierre de taille, fut élevé
par le Sultan Houssäm el-Dyn Ladjyn en 1296 après J.-C. Cela résulte
de l'inscription d’une planche encastrée près de l’encoignure nord-est.
Un regard sur la tour et l’arcade adjacentes, toutes deux en
pierre de taille, suffit pour ne pas les classer dans l’époque de la
fondation de la mosquée,876 après J.-C. Il est plus que probable que
c’est sous le mème sultan que ces deux annexes furent exécutées.
10 PREMIÈRE SALLE
ploi, est celle d'el-Akmar (au Caire), fondée par
le prince Fatimite Amer bi Ahkam Jah en 519
de l'hég. (1125). Elle n’a d'ailleurs que sa façade
en pierre de taille; dans l'intérieur, les voûtes
qui reposent sur des colonnes de marbre sont en
briques.
Le travail en pierre est très bien exécuté ;
la taille est exacte, le jointement soigné et la
sculpture des ornements et inscriptions est fort
habile. Ce sont là autant de preuves que ce n'est
pas un travail d'essai, mais qu'au contraire ce
mode à dù avoir des précédents.
Cette mosquée ouvre une série d'édifices
semblables, c'est-à-dire avec façade en pierre de
taille et l'intérieur en briques.
Cette facon de construire s’est maintenue
jusque vers la fin du xirr° siècle. À cette époque,
même dans les parties intérieures, les briques
sont en général remplacées par la pierre de taille,
à grands joints, et, en conséquence, piquée et
toujours destinée à recevoir un enduit.
Avant l’année 1330, on n'employait dans la
construction des minarets que les briques. Le
somptueux monument du sultan Kalaoûn (en
ville), qui réunissait la mosquée, le tombeau et un
grand hôpital, a été le premier à avoir une tour
en pierre de taille! Ce fut donc un autre pas
IL'historien arabe el-Makrizi, dans son ouvrage el-Khitat, dit, à
PIERRES DE TAILLE IT
vers la généralisation de l'emploi de cette matière.
À partir de cette époque, les tours en pierre de
taille se multiplient jusqu'à l'avènement des
sultans circassiens ; sous leur règne, l'emploi de
la pierre de taille atteignit son apogée. En effet,
elle devint la matière de construction préférée,
et les parties d’édifices pour lesquelles jusqu'alors
on réservait les briques se faisaient aussi en
pierre.
Les problèmes constructifs, même les plus
difficiles, se résolvent avec une extrême facilité ;
on sent que l’architecte est devenu maître de
cette matière.
Ce progrès dans l’art de construire venait fort
à propos en aide à l'esprit éminemment décoratif
de l'époque, qui prodiguait partout ses arabesques,
dont la conception parait si naturelle et dont
l'exécution est si habile.
Ainsi les coupoles qui, jusqu'alors masquées
sous un enduit, ne permettaient pas au construc-
teur de les décorer facilement, grâce à l'emploi
de la pierre pour leur construction, pouvaient
alors se ranger dans Ie cadre des parties réservées
à un soin spécial d'ornementation.
Joccasion du minaret de la mosquée d’el-Akbogha, que ce fut le
premier minaret construit en pierre, après celui d'el-Mansour,
‘(Kalaoûn).
La mosquée de l’émir Akbogha fut fondée en 1331. — Khitat,
tome IF, page 383.
12 PREMIÈRE SALLE
Nous voyons déjà les premières coupoles en
pierre de taille, celles qui apparaissent dans la
mosquée funéraire du sultan Barkouk (1405-1410),
se couvrir de bâtons en zig-zags. Aussitôt après,
d'autres coupoles se revêtent de plus gracieux
ornements, à la vue desquels on oublie la matière
inerte d’où on les a fait jaillir.
Le plus large emploi de la pierre de taille
devait naturellement se faire sentir dans la partie
décorative de l'architecture. Aussi on ne tarda
pas à employer des matériaux de couleur diffé-
rente, car leur usage venait en aide à l'esprit de
l'ornementation spéciale au style arabe qui, en
effet, en a tiré beaucoup d'avantage.
Par l’enchevêtrement des pierres, on allait
jusqu’à créer une sorte de grande mosaïque dans
laquelle on se plaisait à reproduire des parties.
entières de la bâtisse. On poussa même plus loin:
on ne se contenta plus de composer seulement
les portails en assises de couleurs alternantes,
mais des façades entières furent traitées de cette:
facon.!
Si nous ne nous trompons pas, la première
construction dans laquelle des assises de diffé-
ÎLa mauvaise habitude de nos jours de badigeonner les murs.
des mosquées en blanc et rouge a dû prendre naissance dans l’in-
tention de faire revivre sur les façades cet effet des assises alternan—
tes. Le Comité de conservation des monuments de l’art arabe se
donne toute la peine possible pour mettre un terme à ce vandalisme.
PIERRES DE TAILLE 13
rentes couleurs furent employées, est la mosquée
du sultan Zâher Beibars devant la porte el-Hous-
seinieh au Caire. Les portails sont construits en
pierre de deux couleurs.
La pierre de taille n'a pas été seulement
employée comme matière de construction dans
le sens étroit du mot, mais aussi on l'utilisait
pour les cénotaphes, chaires de mosquée (minbar),
dikka (sorte de tribune), etc.; à ce propos, nous
mentionnons le minbar en grès blanc, d’une rare
beauté, dont le sultan Kaïthaï a doté la mosquée
funéraire du sultan Barkouk, au désert. Ce travail
de la fin du xve siècle est un véritable bijou de
l’art décoratif arabe.
L'Égypte a un choix assez considérable de
pierres de construction! ; mais il faut un dur travail
pour arriver à extraire des carrières les matériaux
de bonne qualité. Il est à constater que les Arabes
ne marchèrent pas sur les traces des Égyptiens et
des Gréco-Romains. Ils préféraient employer les
matériaux que leur présentaient les constructions
qu'ils trouvaient semées dans le pays ; aussi est-il
aisé de découvrir dans les murs d'enceinte beau-
coup de pierres qui sont taillées d'hiéroglyphes,
IL'Égypte est un pays quin’est pas dépourvu de matériaux de
construction ; elle possède, outre les porphyres et les granits, une
quantité assez considérable de pierres. Une visite faite à la collection
minéralogique de l’école de médecine du Caire nous offre des ren-
seignements très instructifs sur ce sujet.
14 PREMIÈRE SALLE
sans mentionner spécialement les innombrables
linteaux, seuils, colonnes, etc., ete., que nous
rencontrons dans presque chaque mosquée. Tous
ces morceaux proviennent de bâtisses disparues.
La qualité de pierre qu'on employait dans la
bonne époque est un calcaire blanc, d'une consis-
tance pleine, qui, avec le temps, prend un ton
grisâtre, ou bien encore c'était une pierre Jjau-
nâtre, qui est un agglomérat de coquillages fossiles
(nummulites).
Depuis l’époque turque on s’est servi, presque
exclusivement, de cette dernière qualité qui, à
cause de sa porosité, ne se prète pas aux fines
sculptures jadis exécutées.
Les objets en pierre de taille conservés dans
le musée sont, en grande partie, des fragments
provenant de constructions, tels que chapiteaux,
frises, et contenant ornements ou inscriptions, etc.
La riche collection des stèles funéraires que
possède le musée mérite une mention spéciale.
La plupart d’entre elles sont en pierre dure, et on
se contentait alors de piquer simplement à la
petite boucharde le fond des inscriptions.
111. — Kiarbres.
Le marbre a été utilisé par les Arabes à toutes
les époques. IL semble qu'ils en ont fait un plus
MARBRES 15
large usage dans les premiers temps de leur ar-
rivée en Égypte, surtout pour les stèles funéraires.
On extrait du terrain sablonneux qui s'étend au
sud du Caire un très grand nombre de «chähid.»
Ils consistent en une plaque de marbre contenant,
en inscription coufique, quelques formules de
prière avec le nom du défunt et la date de sa mort.
Les caractères de l'inscription sont ou gravés.
dans le marbre ou ils sont en relief ayant le fond
eXCAvVÉ.
La plus grande partie de ces pierres funéraires
datent du 11° siècle, mais il y en a qui remontent
‘aux deux premiers siècles de l'hégire. Nous avons
ainsi sur le vaste terrain d'Aïn Sira le plus ancien
cimetière musulman de l'Égypte, avec celui au-
près d’Assouân, dans la Haute-Égypte, d'où pro-
viennent également les mêmes pierres funéraires.
Le revers des plaques conserve souvent
quelques marques de lancienne destination du
matériel.
Le pays étant pauvre en marbre, on préféra
utiliser ce que les monuments gréco-romains ou
chrétiens de la vallée du Nil en offraient. L'émir
Ahmed ibn Touloun avait beaucoup de mal à
concevoir la construction de sa grande mosquée,
ne voulant pas, comme ses prédécesseurs, spolier
les églises de leurs colonnes.
Cette habitude de spolation s’est maintenue :
jusque plus tard. Dans la mosquée de Mohamed
16 PREMIÈRE SALLE
-el-Nâsser à la citadelle, on trouve un chapiteau
avec l'aigle romaine ; dans celle du savant sultan
-el-Mouayyed, un des chapiteaux porte une croix
dans une couronne. Citons encore les chapiteaux
byzantins si connus des colonnes qui flanquent la
niche de prière dans la mosquée d'Ibn Touloun.
Mais ce n'est pas seulement la vallée du Nil
-qui fut exploitée ; les historiens font mention de
cargaisons complètes de marbres tirés des villes
détruites de la Syrie. Lorsque le sultan Beibars
el-Bondokdäri construisit sa splendide mosquée
(emourd'hui.en ruine) | devant la porte LH
sanieh, il fit écrire dans plusieurs pays pour avoir
les marbres et les bois qu'il lui fallait pour la
décorer.
La mosquée, en ville, de Mohamed el-Nässer
possède même un portailcomplet en style gothique.
Le portail fut enlevé à Akka, en 1291, et irans-
porté par Zein el-Dyn, alors sultan, au Caire,
pour être employé dans la construction de la
mosquée.
Le peu de peine qu’il en coûtait aux construc-
teurs arabes de l'Égypte pour se procurer les co-
lonnes, était désavantageux pour le développement
de la colonne en style arabe. Les colonnes des
monuments étrangers rendaient superflues la cré-
ation de nouvelles et, avec cela aussi, la com-
position de bases et chapiteaux arabes spéciaux.
En réalité, si nous faisons abstraction des
MARBRES 17
D
chapiteaux en forme de vase (en arabe «Kolla»,
à cause de sa ressemblance avec les vases en.
terre cuite où l’on garde l’eau), le chapiteau à sta-
lactites, qui est le chapiteau absolument arabe, ne.
se rencontre que plus tard.
L'emploi du marbre se généralisa seulement
vers le xur° siècle et les siècles suivants, qui don-
nèrent les chefs-d'œuvre que nous admirons au-
jourd'hui. Le marbre a trouvé son application
principale dans les travaux de placage, surtout
dans les portails, parfois d’une façon magistrale,
. parfois d’une facon gracieuse ; mais c’est spécia-
lement dans les mosaïques murales et dans les
carrelages, que les artistes arabes surent tirer du
marbre les plus beaux motifs décoratifs.
La mosaïque a été faite de deux manières. Ou
elle consiste en de petits morceaux appliqués
dans un lit de mortier, ou bien divers morceaux
sont scellés dans une seule pièce qui forme le
fond principal de l'ouvrage — incrustation.
Là où les contours des champs à incruster
étaient trop mouvementés, ce qui représentait
beaucoup de travail à la taille, on préféra remplir
les dessins entaillés avec du mastic résineux.
Ce mastic se retrouve presque toujours dans la
couleur rouge et noire.
Le musée ne possède pas une grande collection
de ces modes de revêtement ; toutefois, on peut
voir dans les mosquées des spécimens de ces
2
18 PREMIÈRE SALLE
magnifiques travaux d’un fini achevé et dont on
ne saurait trop admirer la richesse de coloris et
la variété de dessin.
Les ornements dont on sculptait le marbre
sont d’une exécution beaucoup plus fine que ce
qu'on trouve sur les pierres.
Le marbre comme la pierre de taïlle, mais
particulièrement le marbre, a été surtout employé
à l'époque moderne dans la construction des
tombeaux, minbars, etc.
Le musée possède une riche collection de
récipients en marbre habilement taillés en plein
bloc(N° 34, 35, 110 et autres). Signalons, en outre,
les supports de ces récipients recouverts d’in-
scriptions, d’ornements ou d'animaux chimériques.
(PL IL, N° 34).
SA sr: INT
4. — Plaque en marbre avec inscription sculp-
tée. — Long. 0,53.
Texte de l'inscription: Au nom de Dieu clément
et miséricordieux.
&. — Marbre. Le nom d'Allah est sculpté en
relief. — Long. 0,16.
3. — Marbre gris (fragment) provenant d’un
tombeau. Inscription seulptée en relief :
AU SO mA te eue Mens
Haut. 0m,34.
4. — Morceau d’une plaque en marbre blanc
avec inscription sculptée, traces de peinture.
Provenant d'un tombeau. — Haut. om,8.
5 et 6 — Fragments de pierres funéraires en
marbre blanc à inscriptions coufiques et prove-
nant du cimetière de l'Imâm el-Chafey. — Haut. 0,58
et 0,52.
7 et 8. — Pierres calcaires, inseription en
lettres coufiques. Provenant de la mosquée el-
Hâkem. x° siècle. — Larg. 0w,33. — (PL. I).
9. — Marbre blanc. — Long. 0,85.
20 SALLE N° I
4
#49. — Médaillon en marbre sculpté. L’'in-
.scription est à la mémoire d’une mosquée fondée
en 817 de l’hég. (1414). — Diam. 0v,26.
#4. — Plaque en marbre blanc avec inscrip-
tion sculptée portant la date 1181 de l’hég. (1767).
— Long. 0v,63.
Cette plaque est au nom d’Ahmed el-Sabt et provient de la
fontaine de la mosquée de Senàn pacha à Boulaq.
42. — Marbre. Fragment de pierre tombale
trouvé dans le cimetière de l’Imâm el-Chafey et
portant une inscription en écriture coufique. —
Haut. 0,38. s
#43. — Marbre blanc sculpté. Inscription et or-
nements en relief. — Long. 0,32.
#4. — Fragment d'une pierre funéraire en
marbre blanc portant une inscription gravée en
caractères coufiques. Du cimetière de l'Imâm el-
Chafey. — Long. 0,27
45. — Fragment de marbre blanc sculpté. In-
scription en caractères naskh. — Long. 0,22.
46. — SalsAbil (plaque de fontaine) en marbre
blanc sculpté. — Haut. 1",35.
Sur l'emploi de cette plaque, voir l’observation du N°3.
4%. — Pièce d’une plaque en marbre blanc
sculpté et peint. — Long. 0m,28.
48. — Marbre sculpté, traces de peinture. De
la mosquée el-Mâärdäni. x1v° siècle. — Long. 0,69,
49, — Plaque sculptée, provenant du mihräb
de la mosquée el-Badrieh, quartier el-Sälehieh en
ville. Cette mosquée fut construite par Nâsser el-
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cree
Le LEONE ES eee
DODODOOON AR RS
MARBRES 21
Dyn Ibn Mohamed Badr el-Abbäâssi, mort en 758
de l’hégire (1356). — Haut. om,61. (PI. D). |
La sculpture représente une lampe flanquée de
deux chandelles. Inscription de lai lampe :
\ L
Dieu est la lumière des cieux et de la terre.
(Voir le N° 30 de la page 79).
29. — Fragment d’une frise en marbre gris, les
ornements entaillés en disposition contrariée
étaient autrefois remplis de stuc’frésineux. —
Long. 0,70.
24. — Marbre. Fragmént de frise. — Long. 0®,70.
22. —. Pièce sculptée en marbre grisâtre. Angle
d'encadrement. — Long. 0.16.
23. — Deux füts de colonnes en marbre blanc
de forme octogonale, provenant d'une ‘niche
de prière. Ornements sculptés. x° siècle. —
Haut. 1,°82 EL 2m,00,
Les côtés sont alternativement ornementés de motifs géomé-
triques et de feuillages.
24. — Deux fûts de colonnes en pierres agglo-
mérées et taillées à facettes, provenant du mihrâäb
de la mosquée Haïdar Chaouïch à Mansoura. —
Haut. 2,00.
2% et 28. — Frise en marbre blanc, incrusté
de stuc résineux rouge et noir ; les ornements
sont en disposition contrariée. Provenant de la
fontaine du sultan Kaïtbaï, construite vers la fin
du XV* siècle au quartier Saliba. — Long. 0v,65
et 0m,34.
22 SALLE N° I
27 et 28. — Fragments de marbre blane,
incrustés de pièrres rouges et noires. — Long, 0,30
et 0,24.
29 et 30. — Deux pièces de marbre blanc
gravées d’ornements primitivement enduits de
stuc. — Long. 0,22.
Les pièces N°: 28 à 30 proviennent soit du couronnement ou
du soubassement d’une niche de prière, soit du lambris d’une
mosquée.
31. — Plaque de fontaine en marbre blanc
sculpté. Du sébil du sultan Farag qui se trouve
devant la porte de ville Bab Zoueila ; commence-
ment du XVe siècle. — Haut. 4,81. (PI. I).
La bordure de la plaque est fort intéressante à
cause de la série d'animaux qui y sont sculptés
avec une habileté remarquable.
Les plaques analogues à celle-ci ainsi qu’à celle mentionnée
sous le N° 16 étaient employées dans les fontaines publiques.
Elles étaient instellées dans une niche, et l’eau, avant d'arriver
du réservoir aux bassins placés à la portée du public, coulait le
long de ces plaques, ce qui lui permettait de se rafraichir.
32. — Porte-jarre en marbre blanc ; ornements
sculptés (presque effacés). Provenance de la mos-
quée du sultan Kaïtbaï. xv° siècle. — Long, 0,55.
33. — Porte-jarre en marbre blanc formé d’une
base de colonne et reposant sur quatre pieds.
Provenance de la mosquée Saghri Ouardi, à el-
Saliba, au Caire. — Long. 0,33.
Sur les pieds, inscriptions en caractères coufiques enrichis
d’ornements.
34. — Jarre en marbre blanc couverte d’ara-
besques. A la hauteur des anses, une phrase en
PL II
43
FPLATRES,:PIERRES @G'MARBRES,
MARBRES 23
caractère coufique se répète ; sa base est ornée de
poissons sculptés. — Haut. int. 6»,70, (PI. II.) Trouvée
dans la mosquée de la princesse Tatàär el-Hega-
zieb, fille du sultan Mohamed Ibn Kalaoûn, morte
en 1359 après J.-C.
33. — Jarre à anses en marbre blanc, taillée
à côtes saillantes, provenant de la mosquée Om
el-Ghoulâm, 1254 après J.-C. — Haut. int. 0,70.
36. — Fragment d’une frise en marbre blane,
ornements dorés. — Long. 0,68.
37. — Plaque oblongue en marbre gris cou-
verte d’arabesques, (voir la note du N° 31). —
Haut. 1°,34.
38. — Margelle d’une citerne formée d’un cha-
piteau byzantin en marbre, provenant de la mos-
quée Zein el-Dyn à Darb'el-Gamamiz, au Caire.
— Haut. 0,30.
39. — Chähid (pierre tombale) avec inscription
gravée au nom de Nabil Bek ei daté de 1235 de
l'hég. (1819), — Haut. 0,98.
40. — Deux colonnettes en serpentine, les fûts
sont taillés à côtes ; le chapiteau porte une croix
sculptée. Provenant de la mosquée de l’émir
Kaoussoûn el-Säki, xrv° siècle. — Haut. 2,50.
Les deux colonnes flanquaient la niche de prière de cette splen-
dide mosquée, aujourd'hui presque entièrement disparue.
4. — Pierre funéraire sculptée, en marbre
blanc. L'inscription coufique apprend que cette
pierre a été érigée par ordre «de notre seigneur
et maître l’imâm Hâfiz el-Dyn Allah, prince des
croyantis....» — Haut. 0m,82.
2/ SALLE N° I
42. — Marbre blanc portant inscription en
sculpture. Du Hôch el-Ouâli au cimetière de FI-
mâm el-Châfey. L'inscription mentionne le nom
d'el-Kaouâmi el-Houssämi. — Long. 0,73.
| 48. — Face d'un tombeau en pierre calcaire
blanche, ornementée et portant une inscription
qui relate la date 809 de l'hég. (1406). — Long. 0”,90.
&4. — Pierre tombale en grès rougeâtre. In-
scriptions en caractères coufiques. x° siècle. — #
Haut. 0, 44.
453. — Coin d'une voussure en calcaire sculpté.
Des rinceaux entourent un aigle aux ailes dé-
ployées ; trouvé dans le quartier de Bâb el-Cha-
rieh, au Caire. — Long. 0m,95.
La présence de l'aigle prête à ce fragment un
grand intérêt. A en juger par.la taille des feuillages,
on peut le faire remonter jusqu'au temps des Fa-
timites.
46. — Fragment de marbre blanc sculpté. In-
scriptions en caractères naskh. — Long. 0,43.
43-50. — Pierres tombales en serpentine, de
forme irrégulière, inscription en caractères cou-
fiques. Provenant du cimetière de Kôss, Haute-
Egypte.
47. — Datée de 465 de l'hégire (1072). —
Haut. 0,47.
48. — Datée de 459 de l'hégire (1066). —
Haut. 0,60.
49. — Datée de 589 de l'hégire (1193). —
Haut. 0,60.
MARBRES 25
50. — Datée de 429 de l’'hégire (1037). —
Haut. 0,70.
51-53. — Pierres funéraires en diorite ; in-
scriptions sculptées.
51. — Inscription en caractères naskh, 443
de l’hég. (1051). — Haut. 0,90.
52. — Inscription coufique. Datée de 590 de
l'hég. (999). — Haut. 0w,72.
53. — Inscription naskh, 567 de l’hég. (x171).
Haut. 0w,85.
534. — Mosaïque murale ; pierres rouges et
noires, nacre et émail bleu turquoise. De la mos-
quée Kaoussoûn el-Sâki. — x1ve siècle. |
553-56.—Chapiteaux byzantins en marbre blanc,
de la mosquée précitée. — Haut. 0»,34 et 0m,31.
Le chapiteau N° 55 porte la croix sculptée, preuve évidente de
sa première destination.
5%. — Marbre. Plaque oblongue ornée d’ara-
besques sculptées. — Long. 0,51.
58 et 59. — Pièces de marbre, provenant
d’un tombeau. Le caractère des lettres et les
fleurs naturalistes indiquent qu’elles sont d'épo-
que moderne.
G0-6f%. — Chapiteau byzantin en marbre,
trouvé dans la mosquée Kaoussoûn. — Haut. 0,10.
G?. — Pierre tombale en marbre blanc, por-
tant des inscriptions gravées en caractères coufi-
fiques au nom de Hassan, fils de Houssein, et
datée de 462 de l’hégire (1069). — Haut. 0,64.
63. — Base de colonne en marbre blanc
26 SALLE N° I
sculpté; provenant de la mosquée Mourad pacha,
au Caire. — Haut. 0,40.
64. — Pierre tombale en marbre blanc, in-
scriptions coufiques gravées portant la date 262
de l’hégire (875). — Haut. 0w,68.
6> & 66. — Chapiteaux corinthiens (un côté
est lisse), en pierre rougeâtre, portant des traces
de dorure. Provenant de la mosquée de Kaoûs-
soun el-Säâki. — xrv‘ siècle. — Haut. 0,38.
63 & 68. — Porphyre rouge et vert. Du pla-
cage mural. — Long. 0,34 et 0w,34.
69. Pierre noire avec lettres de marbre
blanc incrusté. — Long. 0,36.
306. — Marbre blanc à inscriptions coufiques
gravées. Fragment d’une pierre funéraire, datée
de la fin du rrr° siècle de l’hég. — Long. 0,38.
28 & 72. — Plaques de marbre blanc portant
un écusson. Sur la face, un aigle aux ailes déplo-
yées ; à la base un calice. Provenance du bain
démoli du Wakf Aicha el-Hammamieh à Darb el-
Gamamiz, au Caire. — Long. 0m,46. — (PI. I).
23,74 & 953.— Claveaux en pierre noire, rouge
et marbre blanc. Revêtement d’un arc.— Long. 0,10.
#6. — Vase en marbre blanc ajouré.— Haut. 0,23.
54 & 48.— Fragments de marbre blanc avec in-
scription sculptée. — Long. 0,13 et 0,25.
#3. — Objet en pierre blanche ayant la forme
de trois assiettes attachées ensemble ; trouvé dans
les décombres de la mosquée d’Ibn Touloun. —
Long. 0,30.
MARBRES 27
80. — Fragment d'une plaque en marbre à
inscription coufique, provenant d’une des tables
commémoratives qui ont été posées à l’occasion
de l'inauguration de la mosquée d’'Ahmed Ibn
Touloun au rx° siècle. — Long. 0m,27.
On voit aujourd’hui, dans la mosquée d’Ibn Touloun, un grand
morceau de table commémorative scellé contre un pilier du sanc-
tuaire. Il a été retrouvé il y a cinq ans lors du déblaiement de ce
monument.
84. — Marbre blanc avec inscription en carac-
tères coufiques. — Long. 0,20.
82, — Pièce de marbre sculpté, provenant de
la mosquée el-Mârdäni, xrv° siècle. — Long. 0,12.
83-837. Cinq fragments en plâtre découpé,
inscription en lettres coufiques. Détails de l’enca-
drement d’une fenêtre de la mosquée du sultan
el-Kâmel, construite en 1224 après J.-C. — (PI. I).
Les ruines de la mosquée du sultan Ayyoubite el-Kàämel Mohamed,
neveu du grand Saladin, sont situées dans la rue el-Nahassyn
au Caire et reposent sur une partie des fondations du petit château
ouest des Fatimites.
S8. — Fragment de marbre blanc, inscription
sculptée en caractères coufiques, xvi° siècle. —
Long. 0m,27.
89%. — Morceau de mosaïque murale en marbre
blanc et pierre noire, rouge et jaune. — Haut. 0”,29.
(1. D.
90. — Fragment d’une plaque en marbre blanc,
inscription gravée en caractères coufiques, pro-
venant du cimetière de la mosquée d’Amr Ibn el-
Ass, au Vieux-Caire. — Long. 0,29.
1. — Morceau de marbre noir veiné. —
Long. 0®,19.
28 SALLE N° I
92. — Fragment de marbre blanc, ornements
. SCuÏptés. — Long. 0m,18.
93. — Lustre (tannour) en bronze fondu, re-
percé à jour et ciselé, décoré d’ornements et d’in-
scriptions. Provenance de la mosquée du sultan
Hassan. xrv° siècle. — Haut. 2,00.
Le lustre a la forme d’un prisme octogonal disposé pour 440 lumi-
naires. Les inscriptions sont au nom du sultan Hassan.
94. — Trois vitraux en plâtre découpé, verres
coloriés. Moderne. — Haut. om, 92.
95. — Marbre. Fragment de frise, ornements
sculptés. — xvir® siècle. — Long. 0, 22.
98. Trois vitraux de forme hexagonale pro-
venant d'une coupole démolie attenant au tombeau
de l’Imâm el-Chafey, au Caire. — Long. 0m, 32.
Ces fenêtres,simples dans la conception,sont d’une bonne époque.
93. — Bas-relief en pierre calcaire représentant
un lion tenant} dans ses griffes une gazelle. —
Long. Om, 75
Moderne.
98. — Porte-jarre à quatre pieds en marbre
blanc avec ornements et inscription coufique. Les
côtés sont décorés d'animaux chimériques. —
Haut. Om, 47,
99. — Plaque en marbre blanc; inscriptions
sculptées. — Long. or, 45.
Don de M. Pugioli.
400. — Plaque tombale en marbre à inscrip-
tion coufique en relief. — Haut. om. 67.
MARBRES 0511709
#04. — Pierre tombale en syénite foncée; in-
scription en naskh. — Haut. om, 59.
L’iascription est renfermée dans un dessin imitant le mihrab.
Elle mentionne le nom du cheikh Aboul-Houssein Ali, fils d’Absa,
mort en 637 de l’hég, (1239). Ce qui donne de l'intérêt à cette pierre,
c'est que le nom du graveur y est inscrit: «Fait par Mohamed,
fils de Hag Ahmed. »
492. — Pièce courbée en calcaire blanc, à sur-
face gravée d’ornements à fleurs. Le fond est
doré. — Haut. 0m, 34.
#03. — Pierre tombale en serpentine. —
Long. Om, 22.
Le nom porté par cette stèle est celui de Yacoub, fils de Yous-
sef, fils d'Ibrahim du Kabyl el-Marâzi.
4064. — Fragment de marbre; inscriptions cou-
fiques gravées sur ses deux faces. — Long. 0", 68.
Don de M. le prof. Schweiïinfurth.
103. — Vase en calcaire à quatre têtes d’oie.
Moderne. — Diam. Om, 45.
Don de M. le prof. Schweinfurth.
408. — Assiette en calcaire. — Moderne. Diam. 0,15.
Don de M. le prof. Schweinfurth.
107. Support (kelga) en marbre blane sculp-
té; ornements et inscription en caractères coufi-
ques, provenant de la mosquée Maklabaï-Täz, au
Caire. — Haut. 0m, 44.
Analogue au N° 98.
408. Supporten marbre blanc orné de sculp-
tures, d’ornements et d'animaux chimériques
à figure humaine; provenant de la mosquée
Zein el-Dyn à Darb el-Gamamiz, au Caire. —
Haut. 0», 43. — (PL. IT).
409. — Support en marbre blanc à quatre
30 SALLE N° I
pieds, portant une inscription coufique en relief
(presque effacée); les deux côtés du tambour sont
ornés de colonnettes engagées. — Haul. 0",42.
#10. — Jarre en marbre blanc provenant de
la mosquée Saghri Ouardi à Saliba, au Caire. —
Haut 0", 60
#44, — Jarre en marbre blanc veiné de gris ;
provenant de Zaouyet Seif el-Yazal, au Caire. —
Haut, Om, 69,
412. — Milieu d'une fontaine en marbre, les
côtés portent des inscriptions coufiques sculptées.
— Diam, 0m, 49.
#43 et 424. — Coin d'un tombeau. Deux
pièces de pierre couvertes d’ornements et d’in-
scriptions naskh et coufiques richement sculptés.
Haut: 0",92.
115 ct 116. — Füts de colonne en marbre,
provenant de la fontaine du sultan Kaïthaï près
d'el-Azhar. — Fin du xv° siècle. — 1,69 et 0,69.
447 et 448. — Deux bases appartenant aux
fûts mentionnés sous Les N° précédents. —
Haut. 0,19.
Ces deux colonnes décoraient autrefois les côtés de la niche
de la fontaine publique. Cette fontaine existe encore aujourd’hui
et fait partie de l’incomparable groupe de monuments que le
sultan Kaïtbaï a élevés dans le voisinage et au sud de la mos-
quée el-Azhar.
449. — Cadran solaire en pierre calcaire. —
Long. 0,59.
LE “an solaire en marbre blanc portant
la date 1163 de l'hégire (1749). — Long. 0",93.
#21. — Plaque en marbre blanc ; un côté con-
MARBRES 31
tient une inscription en lettres coufiques gravées,
l'autre côté porte une inseription en lettres naskh.
Larg. 0®,50.
422. — Fenêtre en plâtre découpé et verres
coloriés. Moderne. — Long. 0,89.
423. — Chapiteau en marbre, style corinthien.
—- Haut. 0»,39.
424. — Plaque en marbre blanc, inscriptions
sculptées, en caractères naskh ; provenant de la
mosquée Barkouk à el-Nahassyn. — Long. 0»,30.
425%. — Jarre en marbre gris. — Haut. 0,66.
426. — Jarre en marbre blanc à trois anses.—
Haut. 0, 66.
422-428. — Jarres en marbre blanc, xv° siècle.
A la hauteur des anses est gravée l'inscription
suivante : Les LA Laull \5a d& Panne 3 |
4\, MS ° ai JF ska ai \ 5 LM EtR ali
Cette jarre (zx) a été léguée, pour cette fon-
taine bénie, par notre seigneur, le sultan, le roi
très noble, Aboul Nasr (le victorieux) Kaïtbai.
Que sa gloire soit exaltée par Mohamed et sa
famille. — Haut. 0v,53 et 0,61.
#29. — Angle d'un tombeau en marbre sculpté;
inscriptions et ornements en relief. Trouvé dans
la mosquée el-Charkassi, rue Bein el-Sayâreg, au
Caire. — Haut. 0,86.
430. — Support de jarre en marbre blanc, de
chaque côté deux têtes en relief. — Haut. 0,13.
têtes et a Loos tn Ne Due 6m, ue
432. — Support en marbre planes aux angles
arrondis. — Haut. 0,10.
Rare Uppor en marbre de (en deux pièces).
—- Haut. 0,41.
Les jarres mentionnées dans les derniers numéros servaient,
d’après Prisse d’Avennes, à contenir l’eau nécessaire aux ablutions
des grands personnages ou de certains Pienieres
Fi
DEUXIÈME SALLE
Xiétaux.
Parmi les nombreuses influences qui ont agi
sur le développement de l’art arabe, la civilisation
pérsane a été incontestablement un des éléments
les plus importants. L'art des Persans atteignit
son apogée au 1v° siècle après J.-C. Les Perses,
qui, à leur tour, doivent leur civilisation aux
Assyriens, ont fait revivre dans toute sa splen-
deur le grand art national au temps des Sassanides
(226-642 après J.-C). A cette glorieuse époque
succède une période de décadence; l'empire arabe
englobe la Perse et, par une évolution toute
naturelle, la civilisation arabo-persane fait place
à celle des Persans.
Cest donc plutôt à l'influence des Sassanides
que l’art arabe doit en partie son développement.
Il y a suflisamment d'indices que le goût persan
a exercé son action sur tous les pays de l'Orient,
mais presque nulle part il ne se fait sentir autant
que dans l’industrie métallurgique.
Le critérium principal existe dans l'ornemen-
3
34 DEUXIÈME SALLE
tation, qui emprunte ses sujets aux figures; cette
ornementation figurée fut employée même après
que le nouveau culte se fût substitué à l'ancien
dans le pays des Persans.
Il ne faut donc pas s'étonner si, avec la tech-
nique du travail des métaux dans les contrées envi-
ronnantes, le motif figural s’est introduit chez les
praticiens, là où nous le trouvons en réalité en
vogue, jusqu'à la fin du xrr1e siècle. Les Arabes
de l'Égypte, plus éloignés du centre de ce courant
artistique spécial, ne pouvant naturellement pas
être aussi directement sous la domination de cet
esprit de création, assimilaient l’ornementation
à leur génie en se servant des motifs de caractère
abstrait'.
Mais avant de nous occuper du chapitre des
travaux métallurgiques, qui nous permettra d'en
suivre le développement à l’aide d'objets d'art, il
n’est pas inutile d'examiner ce qu'on sait de ces
travaux d’une époque lointaine, dont il ne nous
reste malheureusement aucun spécimen.
Les plus anciens historiens orientaux, qui. se
plaisaient à raconter les merveilles qui frappaient
1 Ceci n'exclut pas absolument l’idée que, même en Ég gypte, on
ne retrouve pas d’ornements avec des motifs d'animaux, et cela
méme dans les ouvrages d’une époque assez récente. Ainsi la
mosquée de l’émir Kidjmàs el-Ishäki a sur le heurtoir de sa grande
porte deux dragons; la porte du maziara (endroit pour garder l’eau)
de la mosquée Aboubakr Mazhar a un grand nombre de panneaux
dans lesquels les ivoires sculptés représentent des oiseaux, efc.,etc.
MÉTAUX 35
leur vue, ne tarissent pas d’éloges sur les travaux
en métal de leur époque. Nâssiri Khosrau!, le
fameux voyageur qui de 1035 à 1042 a visité pres-
que tout l'Orient, ne peut jamais énumérer avec
assez de complaisance les œuvres qu'il a vues.
Ce sont les lustres en or et en argent de la ville
de Sour (Tyr), ou bien encore les portes du
Haram de Jérusalem, revêtues de plaques de fer
et de cuivre merveilleusement travaillées et toutes
couvertes d’arabesques.
En parlant de la mosquée el-Aksa, dans cette
même ville, Nässiri dit: («Parmi ces portes, on en
remarque une qui est en cuivre et dont la beauté
et la richesse confondent l'imagination. Le cuivre
en est si brillant qu'on le prendrait pour de l'or:
il est couvert d’incrustations en argent niellé et
on y lit le nom du khalife Mamoun. Cette porte
fut, dit-on, envoyée de Bagdad par ce prince?. »
Elle devait donc dater au moins de la première
moitié du 1x° siècle.
1 Sefer Namenh précité.
2 SerER NAMEH, page 81: Mouqadessy fait une mention spéciale
de cette porte qui s'appelait « la grande porte en cuivre. » Elle
était située en face du mihrab et les battants ne pouvaient en être
ouverts que par un homme ayant les bras longs et vigoureux. Les
plaques de cuivre qui la recouvraient étaient dorées.
M. de Vogüé a donné la copie de l'inscription que le khalife
Mamoun avait fait graver en 261 (831) sur quelques-unes des portes
de la mosquée. — Le Temple de Jérusalem, page 86.
36 DEUXIÈME SALLE
Le mème auteur a aussi l'occasion de rappeler
les travaux en métaux. qu'il a vus en Égypte.
Lorsqu'un ami lui procure l'entrée dans le palais
des Fatimites au Caire, la vue du trône du jeune
sultan el-Mostanser le remplit littéralement d'ad-
miration.
Ce trône, de pur métal d'or et d'argent, était
tout couvert de jolies inscriptions et de scènes de
chasse artistiquement travaillées. Mais que doit-
on penser de l'industrie des métaux de la même
époque, si l’on étudie les pages de l'inventaire que
l'historien el-Makrizi nous a laissées dans son
ouvrage d'après des mémoires contemporains,
lorsqu'il raconte, par exemple, le pillage du trésor
des Fatimites par la soldatesque du sultan el-
Mostanser ? Les mercenaires turcomans soulevés
dépouillent leur prince de richesses énormes qu'ils
se partagent entre eux, les estimant à vil prix.
On croit lire la nomenclature de trésors nés dans
l'imagination d'un conteur. En dehors de bois-
seaux d’émeraudes, de rubis, de perles, de corna-
lines et autres pierreries, l'inspecteur du trésor
mentionne dans son procès-verbal quatre cents
grandes cages d’or, six mille vases d’or pour les
fleurs, des cuves d'argent du poids de trois quin-
taux.-etc. etc.
Parmi les objets métalliques de fantaisie, il y
avait également, en grand nombre : des coqs, des
paons, des gazelles, de grandeur naturelle, en or
MÉTAUX 3
incrusté de perles, de rubis ; un palmier d'or dans.
une caisse d’or. Enfin,Ibn Abd el-Aziz, inspecteur
du trésor, déclare dans son rapport que plus de:-
cent mille articles précieux et deux cent mille
pièces d’'armures ont été adjugés en sa présence.
Il serait trop long d’énumérer les diverses qualités.
d'œuvres qui se trouvaient dans le trésor des.
princes fatimites et qui donnent une si haute idée
du degré de l’industrie du métal à cette époque.
Tel est le récit qui avait cours vers l’an 1000.
Quant à la provenance de ce trésor, il convient
de faire observer que beaucoup de pièces devaient
être d'une date antérieure, en majeure partie im--
portées, mais dont quelques-unes étaient dues.
très probablement à la fabrication locale; cette.
supposition paraîtra toute naturelle lorsqu'il s’agit,
comme ici, de princes d'Égypte aimant le faste.
et dépensant des sommes énormes pour enrichir:
leurs collections.
De tous les travaux et merveilles de ces temps.
écoulés, rien ne nous est parvenu? ; c’est pourquoi
nous ne pouvons que nous fier aux descriptions.
enthousiastes des témoins oculaires.
: Égypte, par M. I. I. Marcel. — Paris, 1848.
L’unique monument que l'on dit dater de cette époque est le-
griffon en bronze à Pise, qui fut, d’après certaias historiens, apporté:
d'Égypte en Italie par le roi Amaury pendant les Croisades. Une:
description exacte manque. Les inscriptions coufiques qui s’y trou-
vent, pourraient bien donner quelques renseignements.
ADS. DEUXIÈME SALLE
Chose assez curieuse à noter, c'est le rapport
qui existe entre les œuvres précitées des Fatimites
et celles des Persans; elles sont également déco-
rées de figures.
Les Fatimites, chiites eux-mêmes comme les
Persans, étaient-ils en relation avec ces derniers
avant leur venue en Égypte, ou existait-il déjà,
antérieurement à cette date, des relations entre
ces deux peuples”? Nous ne le savons pas. Il y a tout
de même une circonstance qui donnerait quelque
créance à la première supposition, c’est que les
Fatimites, dès leur arrivée en Égypte, en con-
struisant la mosquée el-Azhar, y emploient les arcs
de forme persane. Ils ne reviennent que plus tard
aux types qui leur sont fournis par les mosquées
existantes dans Fostât et les anciens quartiers. Il
y a là plus qu'une coïncidence; aussi, les liens
devaient-ils nécessairement devenir encore plus
étroits dans le domaine de l'esprit entre les deux
nations.
Entre ces temps reculés, où nous devons nous
fier aux descriptions des témoins oculaires, et
l'époque qui nous a conservé des témoignages
réels de cette industrie, plusieurs siècles s’écoulè-
rent.
C'est la fin du xrrr siècle qui nous permet,
grâce aux pièces conservées, de reprendre l'étude
de cette industrie. Cette étude peut être poursuivie
presque dans toutes les phases de son développe-
MÉTAUX 39
ment à travers quelques siècles, jusqu'au com-
mencement du xvie. Le fil de nos recherches nous
conduit en Mésopotamie, dernière source d'où la
technique des métaux semble s'être répandue sur
les autres contrées de l'Orient!. Il existe beau-
coup de pièces sur lesquelles l'ouvrier a inscrit
son nom; le lieu le plus souvent mentionné est
Mossoul.
Les produits de cette contrée se distinguent, en
premier lieu, par les représentations figurales :
figures humaines, seènes de chasse, animaux qui
se poursuivent gravés au burin ou plus souvent
incrustés sur cuivre, sont les motifs favoris dans
lesquels l’ouvrier de ce pays aimait à s'exercer
et que nous avons déjà dit dériver des Persans.
Contemporainement à ces produits se trouvent
des objets de fabrication égyptienne. La matière
des travaux est la même; mais, dans le choix des
sujets, les ornements sont plutôt conformes aux
motifs que nous connaissons et qui sont propres
à toutes les fabrications d'Égypte, où ils sont
d'ailleurs très répandus.
En réalité, un coup d'œil suflit pour recon-
naître sur les métaux le même style de fleurs, le
même système de compositions polygonales et les
mêmes caractère et texte que portent les grands
\ The art of the Sarac2ns in Egypt, by Stanley Lane-Poole. —
{Metal-work).
40 DEUXIÈME SALLE
monuments du pays, produits indubitablement
égyptiens.
Parmi les quelques pièces choisies que possède
notre collection, il y a bien sur le koursi (table)
du sultan Mohamed el-Nâsser des représentations
d'oiseaux!, mais elles se perdent et jouent un rôle
secondaire auprès des autres motifs d’ornementa-
tion végétaux et géométriques.
D'après ce que nous venons de dire, il est plus
que certain que nous avons sous la main des pro-
duits du pays. Il est intéressant d'apprendre d’el-
Makrizi de quelle vogue jouissaient de son temps
les ustensiles de maison en cuivre incrusté. Dans
le chapitre où il décrit les divers marchés du
Caire?, cet historien mentionne spécialement le
marché des incrusteurs Ca à 5 ) à Misr,
et dit quel grand usage on faisait du cuivre in-
crusté.
Dans le trousseau des mariées, les cuivres
jouaient un grandrôle ; la mariée aimait à avoir au
moins un dikka (banc) de ce genre. On fabriquait
de la sorte de nombreux objets d'utilité et de
luxe. Ils étaient toujours richement travaillés,
! Les oiseaux représentaient des canards et faisaient allusion à
« Kalaoëûn » (qui signifie canard en vieux turc), nom du père du
sultan Mohamed el-Näss2r. — The art of the Saracens in Egypt, by
Stanley Lane-Poole.
2 Khitdt el-Makrizi. Tome Il, page 165.
MÉTAUX 4x
et l’incrustation en argent et en or y entrait pour
la plus grande part. Il cite entre autres travaux les
ouvrages en métal que la « dame des turbans »,
une «des filles des commerçants », a reçus lors de:
son mariage. Un témoin oculaire a raconté à el-
Makrizi qu'il était présent lorsque Sitt el-Amâäëm
(le nom de la mariée) envoya à son fiancé 100,000
darhems d'argent pour qu'il fasse réparer les
dommages survenus au dikka.
L'historien clôt son chapitre en disant que, de
son temps, on ne cherchait plus à acquérir les cui-
vres incrustés que pour en extraire l'argent. «Ce:
bazar, —ajoute-t-il, — ne possède plus aujourd'hui
qu'un petit nombre d'ouvriers incrusteurs. »
On peut sûrement juger de la valeur qu'on a
attribuée à des pièces de dinanderie, de chaudron-
nerie et aux ustensiles de cuivre en général, par
ceux de ces objets qui nous tombent encore à
présent entre les mains. On y trouve très souvent
gravée toute la série des noms des propriétaires
successifs des objets en question.
Nous avons eu l’occasion de mentionner que
les produits qui font le sujet de ce chapitre furent
fabriqués en cuivre et, en premier lieu, en ses al-
liages. Chaudrons de grande dimension, coffres, ta-
bles, coupes, brûle-parfums, lustres, lampes, etc.,
furent tirés de ces métaux et richement incrustés.
ou au moins gravés. Les portes ont été également
décorées de bronze ; en un mot, aussi bien les.
. 2 DEUXIÈME SALLE
- objets de nécessité journalière que les pièces de
‘luxe. Ces différentes compositions se ressemblent
tellement, que seule l'analyse chimique peut
établir entre elles une distinction.
Les documents que nous rencontrons en Égypte
et que nous pouvons incontestablement regarder
comme produits du pays, sont le grand nombre
-de portes plaquées et ornementées de la manière
la plus variée, les grilles, les lustres et quelques
meubles. Ce que l’on a recueilli de ces derniers
dans les édifices religieux a été déposé au musée.
Le plus ancien monument est représenté par
‘les vantaux qui proviennent de la mosquée Säleh
Telayeh! au Caire (annexe I, N° 9). On y voit un
-système de champs polygonaux arrangés en forme
-d'étoiles. Ces pièces en métal fondu sont placées
sur un mince placage en cuivre jaune.
Tandis qu'ici les fontes sont unies, nous les
trouvons gravées de fort jolis dessins sur les
mortes provenant de la mosquée fondée en l’an-
née 561 de l’hég. (1359) par la princesse Tatar el-
Hegazieh, petite-fille du sultan Kalaoûn. Le siècle
VLa mosquée fut érigée par Sèleh Telayeh ibn Rezik, en l'an
-555 de l’hég. (4460). Elle existe encore devant la porte de ville Bab
Zoueila, mais en assez mauvais état. Bien qu'après un tremblement
de terre, en 1302, elle ait été reconstruite par Seif el-Dyn Boktomour,
tles vantaux doivent être de l’époque des Fatimites, à en juger d’après
‘le style des ornements du placage.
MÉTAUX 43:
suivant nous fournit dans la porte du tombeau
du sultan Hassan (1356) les fins travaux d’incrus-
tation en or et en argent. Les deux vantaux de la
mosquée du sultan Barkouk, aux feuillages de
bronze délicatement plaqués d'argent et ceux des
monuments d’el-Ghouri, qui datent des Mamlouks
circassiens, démontrent que cet art fut exercé avec
la même habileté qu'aux époques antérieures.
Les lampes et les lustres de la collection se
présentent sous des formes très variées, qui em-
brassent les xrv° et xv° siècles. Ces lustres con-
sistent en une espèce de construction à galeries
destinées à recevoir de nombreuses veilleuses.
Au-dessous du tout pendaït originalement le pla-
teau, comme on le voit encore au N° 107 de la 2°
salle. Il devait empêcher que l'huile ne se répandiît
sur les fidèles et masquer en même temps avan-
tageusement l’intérieur assez peu élégant du lustre.
La pièce citée est en partie repoussée et gravée
d'ornements qui nous révèlent Le style des derniers
princes régnants circassiens. Elle a été ap-
portée de la mosquée el-Ghouri, fondée en 1503
après J.-C.
Les petits lustres en forme de dôme couvrant
le plateau à veilleuses font l'effet de dentelles,
tant ils sont patiemment ajourés.
Les grilles étaient aussi un objet de grand
soin, surtout celles placées devant les fenêtres
des sébils. Les nœuds, souvent, portent gravés des
44 DEUXIÈME SALLE
noms d'Allah ou des rank (blason) du fondateur,
mode fort en vogue au xv* siècle.
Mais ce qui dénote une rare habileté de la
part des ouvriers en matière de goût et de techni-
que, ce sont les koursis, dont un déjà a été men-
tionné plus haut, et la petite caisse-bibliothèque
de la collection. Les quelques points d’or visibles
sur cette dernière, accusent un précieux travail,
qui se trahit d’ailleurs par la fine conception des
motifs, parmi lesquels on remarque tout d'abord
une ravissante bordure en inscription coufique.
La beauté de ces objets en métal gravés et
incrustés les faisait rechercher en Europe depuis
fort longtemps. Un grand nombre d'objets d'art
qui se trouvent dans les diverses collections
prouvent clairement que le développement de
travaux pareils en Europe est dû en partie à l’in-
fluence de l'Orient.
Depuis le xvi° siècle, les bronzes sont d'un
usage restreint. Ils manquent presque entièrement
sur les portes des mosquées où des constructions
publiques ; l'emploi en est limité à quelques lames
ou rosaces'.
1 Pprisse d’Avennes, vol. I, pl. C. VI, nous montre la porte
de la mosquée Khanka et lui assigne comme date d’origine le xvirre
siècle. Cette porte est couverte d’un travail en bronze d’un bon
style. Il a été impossible de trouver une mosquée de ce nom,
découverte que j'aurais bien voulu faire pour vérifier S'il n’y a pas
erreur. Cette porte ne me semble pas être d'une date aussi récente.
MÉTAUX Go
Aussiles grilles, qui auparavantétaient compo-
sées de plusieurs pièces et ajustées à grand'peine,
se fondent ensuite en une seule pièce. Vers
la seconde moitié du xvire siècle, les dessins que
nous rencontrons dénotent une influence occiden-
tale.
En dehors des bronzes, c’est au fer que les
artisans orientaux ont osé s'attaquer.
Il y avait lieu de mentionner à la page 35
Nassiri Khosrau, qui dit que les portes du Haram
de Jérusalem contenaient du fer dans leur revèête-
ment. En parlant des portes de Mehdyèh", il
aflirme même qu'elles étaient en fer massif et que
chaque vantail pesait 100 quintaux et avait
une hauteur de 30 coudées.
1 Mehdyèh fut fordée en l’année 303 de l'Hégire (916) par
Abmed ibn {smayl el-Mehdy, dont on fait remonter l’origine à
Husseïn, fils d’Aly. Cette ville est bâtie sur une langue de terre
qui s’avance dans la mer. Elle était entourée d’une muraille fort
élevée, et si large que deux cavaliers pouvaient y passer de front.
Les portes étaient en fer massif, et chaque battant avait le poids
de cent cantars. Deux des portesde la ville avaient quatre battants :
elles donnaient accès à un passage voüté qui pouvait abriter
cinq cents cavaliers. Les fortifications de la ville furent achevées
en 305 (918) et Ahmed el-Mehdy vint y établir sa résidence au mois
de Chewal 308 (Mars 921). Selon Abou Obeïd Allah el-Bekry,
chacune des portes de Mehdyèh pèse mille quintaux et a trente
coudées de hauteur; chacun des clous dont elle est garnie pèse six
rathl. Sur ces portes on a représenté divers animaux. Le port,
creusé dans le roc, estassez vaste pour contenir trente navires.
Yaqout, Moudjem, tome IV, pages 693-696. Description de l'Afrique
septentrionale, par el-Bekry, traduite par Mac Guckin de Slane,
Paris 1859, pages 73-75. — Sefer Nameh, page 120.
46 DEUXIÈME SALLE
Par cette citation, et d’autres encore, on voit
aisément que les Orientaux ont exercé aussi l’in-
dustrie du fer, bien que sur une échelle plus mo-
deste. Il n’y a aucun doute que les Arabes d'Egypte
soient restés en arrière des autres Orientaux
dans cette pratique.
Les plus anciens objets en fer qui se présen-
tent dans le pays sont les grilles de quelques mos-
quées. Elles sont forgées et consistent en bâtons
verticaux qui passent par les nœuds des baguettes
horizontales : travail assez primitif.
Il est tout de mème curieux qu’el Makrizi, en
décrivant la mosquée de Mohamed el-Nässer à la
citadelle, trouve qu'il vaille la peine de parler
des grilles en fer de ce monument. Les grilles
existent encore de nos jours et elles sont précisé-
ment de la qualité décrite.
Il mentionne à la même place la Maksoura
(place réservée) qui était entourée d’une grille en
fer ; peut-être cette dernière était-elle plus artis-
tiquement travaillée.
Quelques portes, dans la collection, qui sont
armées de têtes de clous, offrent un mode de dé-
coration assez habile. Les têtes sont forgées en
diverses formes de polygone et sont disposées
de façon à présenter des rosaces. L'effet en est joli.
Il semble que cette manière d’armer les portes
par des clous était un moyen très répandu dans
le pays. Elle s’est conservée jusqu'à beaucoup
MÉTAUX 47:
plus tard, et encore de nos jours on peut voir à
l'entrée des quartiers (hâra) ces vantaux mi-
enfoncés dans le sol. Ils étaient destinés dans le
temps à les protéger contre les agressions des :
turbulents mamelouks.
En matière d'armes, la collection du Musée ne
possède rien. Pourtant leur commerce, et très
probablement aussi leur fabrication, devait fleurir
au (Caire. Les historiens nous ont conservé le
souvenir d'un marché d'armes qui se trouvait,
vers le xrre siècle, Centre les deux châteaux »
(la rue el-Nahassyn d'aujourd'hui). Les monu-
ments du sultan Kalaoûn occupent une partie de-
l'aire de ce marché. Le souk el-seläh (marché
d'armes) se trouve actuellement non loin de la
mosquée du sultan Hassan, mais il n’a pas hérité
de la renommée de l’ancien marché ; aussi les :
beaux produits en sont-ils disparus, et ce qu'on
y débite mérite à peine la curiosité des visiteurs...
PA AIII NUS.
4. — Chandelier de mosquée, en cuivre jaune
gravé d'inscriptions en beaux caractères, prove-
nant de la citadelle du Caire. — Haut. 0,37.
2. Chandelier, en cuivre jaune, ayant des
traces d'incrustation en argent. Fin du xrrr° siècle.
— Haut. om41, — (PI. V). — L'inscription est au
nom de Houssäm el-Dyn Ladjyn et mentionne
la mosquée d’'Ibn Touloûn. Ladjyn monta sur le
trône d'Égypte sous le nom d’el-Melik el-Mansoûr
(le roi victorieux), en 1296 après J.-C.
C’est ce sultan qui restaura la mosquée d'Ahmed ibn Touloûn, et
le chandelier est un des dons de ce roi.
3. — Partie d'un vase en cuivre gravée d’orne-
ments et d'inscriptions.— x1v° siècle (?) — Haut.o»,18.
L'inscription contient le mot el-Nassiri (de el-Nàsser), très proba-
blement le sultan Mohamed el-Nässer.
4. — Vase à couvercle (lampe?) en cuivre, à
ornements et inscriptions repoussés, provenant
de la mosquée du sultan Hassan. — x1v° siècle. —
Haut. totale ow,u4. — (PI. IV).
L'inscription est au nom du sultan Hassan.
PI. III.
13
Salle IT
mere,
TI
GC
se ll:
PQ : L AULE 1:} a
E ARABE.
USE
M
METAUX
* MÉTAUX 49
3. Base d’un croissant gravée d’ornements
et d'inscriptions. — Haut. 0,20.
L'inscription est aux louanges d’un sultan.
6. — Partie supérieure d’un vase dont le bord
est décoré d'ornements et d'inscriptions gravés,
provenant de la mosquée du sultan Barkouk, en
Ville. — Haut. 0",19.
LÉ Partie d’un vase en cuivre, gravée d’or-
nements et d'inscriptions. — xive siècle (?) —
Haut. 0,23.
L'inscription contient les mots SE Y EPA le seigneu-
rial el-Almaz. ie
S. — Fragment d'un vase en cuivre portant
ornements et inscriptions gravés, provenant de
la mosquée du sultan Barkouk, en ville. —
laut. 0m,14.
9. — Vase en formede coupe, en cuivre, gravé
d'ornements et d’inscriptions.— Haut,ç»,40. —(P1.V).
40. — Vase. L'inscription en vers lui donne le
nom de ct LâSS. — Haut. 0,37.
41. — Vase en cuivre jaune, gravé d'inscrip-
tiONS. — Haut. 0.33.
12. Koursi (table) en cuivre jaune riche-
ment ornementée en gravure et percée à jour.
Les lignes principales des arabesques sont incrus-
tées d'argent.
Provenance de la mosquée du sultan Mohamed el-Nâsser, très
probablement de l’époque de ce roi. — XIVe siècle. — Haut. 0m.70.
50 SALLE N° 2
43. — Koursi (table) en cuivre jaune. Les
côtés sont divisés en plusieurs panneaux par des
baguettes à inscriptions dont les lettres sont pla-
quées en argent ; d’autres baguettes portent des
ornements pareillement incrustés ; les comparti-
ments sont percés à jour et gravés. Ils sont orne-
mentés ou d'inscriptions ou d’arabesques dont
une partie est incrustée d'argent. Sur le plateau,
il y a à remarquer la rosace du milieu en lettres
coufiques et les petits champs animés de canards.
Provenance du Moristan du sultan Kalaoûn. Com-
mencement du x1v° siècle. — Haut. 0,82. — (PI. III
et IV).
| Le groupe du monument du sultan Kalaoûn fut ccmmencé sous
le règne de Kalaoëûn en l’année-1284, et achevé par son fils Mechemed
el-Nässer. L'inscription de la table fait l'éloge de Kaïaoûn.
#4. — Deux fragments de plaque en cuivre
jaune, gravés d'inscriptions, dont une petite partie
est encore plaquée d'argent. — (PI. VD.
Les plaques sont encadrées: des trois côtés d’une bordure de
cuivre fondu, perforé et gravé d’ornements. Provenance d’ure
porte de la mosquée funéraire du sultan Barkouk au déscrt
Kaïtbaï. — (xXIv° siècle). — Long.6m,39 et om.
_ 45. — Deux pièces de bordure en cuivre jaune
fondu, à fleur de lis à'jour, provenant d’une porte.
‘Long. 0w,24 et On,34,
#46. — Plateau inférieur d’un lustre en cuivre
jaune, repoussé et ciselé d’ornements, inscriptions
et figures d'animaux, provenant de la mosquée du
sultan Hassan. — Diam. 0w,73.
Salle II [y
Musée Ar:t
MÉTAUX
MÉTAUX 51
47-20. — Quatre plaques en cuivre jaune, cise-
lées d’ornements, provenant d’une porte du tom-
beau du sultan el-Ghoûri. xvie siècle. — 17 : Long.
0,34. — 18 : Long. 0,27. — 19 : Long.0", 27. — 20 : Long. 0",34.
214. — Coin d'un panneau en cuivre jaune à
ornements repoussés et gravés. — Long. 0,24,
22. — Plaque en cuivre jaune ciselée d’inscrip-
tion coufique dont les lettres entrelacées forment
un très bel ornement. Le fond est également en-
richi d’arabesques. — Long. 4,04.
23. — Plaque (fragment) en cuivre jaune gra-
vée d'inscriptions en jolis caractères, au nom du
sultan Mohamed el-Nâsser: — xiv° siècle. —
Long. 0m,21,
24 &2%%3. — Deux plaques en cuivre jaune avec
inscriptions et ornements gravés,provenant d'une
porte. — Long.4m,31.
L'inscription est à la louange d’un sultan. D’après Je caractère
du travail, les plaques datent du xv® siècle.
26-31. —- Six plaques en cuivre jaune, gravées
d'inscriptions et d'ornements: — 26: Long. 0",85; —
27 : Long. 0m,86; — 28: Long. 0",69; — 29: Long. 0m,8%:; —
30 : Long. 9m.39; — 31: Lorg. 0,70.
Ces plaques proviennent de la jo'ie mosquée qui, d’après le texte
de l'inscription, a été érigée par Ezbek el Youssefi, Ras Noubat el
Naouäbl, en lannée 900 de l’hégire (4495). La mosquée subsiste
encore; elle est située au quartier de Birket el Fil. Les cuivres ont
décoré des portes que l’on a trouvées dans cette mosquée.
: Chef des gardes du sultan.
52 SALLE N° 2
32-48. — Dix-sept plaques en cuivre jaune
gravées d'inscriptions ornementées ou d'arabes-
ques. — xv° siècle. — 32: Long. 0",65; — 33: Long.
6,61; — 34: Long.1",35; — 35: Long. 0,70; — 36: Long.0",54;
— 37 : Long. 1,98; —38: Long. 1,16; — 39 : Long. 1",30; —-
“AO: Long. 1",02; — 41: Long. 1".,00; — 42: Long. 0",64; —
43 : Long. 0,58; — 44: Long. 6,58; — 45 : Plaque gravée d’or-
nements ayant conservé quelques têtes de clous — Long. 0,64; —
46: Long. 0",15; — 47: Long. 0,46; — 48 : Long. 0",,6.
Ces plaques, ainsi que les objets suivants, Nes 49 à 55, sont les
restes de la mosquée Ezbek, disparue, qui se trouvait à droite de
l'entrée du Mouski. Cette mosquée fut élevée au xv* siècle par
Ezbek ibn Tatach, qui est qualifié, dans l'inscription ciselée, du titre
Atäbek el Assäker SAS EL . c’est-à-dire généralissime.
Ce personnage, qui a donné son nom au quartier de l’Ezbékieh, ne
doit pas être confondu avec son contemporain Ezbek el-Youssefi,
dont nous avons parlé plus haut.
49 & 50. — Deux équerres en cuivre jaune fon-
du et travaillé à jour, à surface gravée. Provenant
d'une porte. — Long. 0,13.
51-53. — Trois fragments d’équerres décrites
dans le numéro précédent. — 51: Lorg. 0,18; — 52:
Long. 0m,44; — 53: Long. 0".44.
54&55. — Heurtoirs en cuivre jaune fondu
et ciselé d’ornements. — Long. 0,34.
56. — Lance en fer trouvée dans la mosquée
du sultan el-Ghoûri. — Long. 0.70.
5%. — Caisse de Koran en bois, plaqué de cui-
vre jaune, richement ciselée et incrustée d'argent
et d'or (peu de vestige) ; fond en stuc noir.
L'inscription, en beaux caractères coufiques et
soulous, ne donne aucune date historique. Cet
Salle IT. O1: PLV:
MUSÉE ARABE.
MÉTAUX
MÉTAUX 53
objet remarquable à été trouvé: dans la mosquée:
funéraire du sultan el-Ghoûri au Caire. — Long,
0w,4; Haut.0w,28. — (PI. V).
38. — Serrure en bois (dabba) plaquée d'argent,
à ornements repoussés, provenant du tombeau
de Sayadi Abd-el Al, à Tantah. — xvrr° siècle. —
Long. 0.21,
59. Serrure en bois analogue au numéro pré-
cédent, provenant de la ville de Mansourah. —
Long. 0m,47.
69. — Serrure en bois plaquée d'argent, à orne-
ments et inscriptions repoussés, provenant de la
mosquée de Sayeda Zeïnab au Caire. — Long. 0,2.
-61&62%. — Deux boules en argent doré avec
inscription ciselée au nom du sultan Moustapha,
fils de Mohamed.
Nous relevons dans l'inscription la date de 1032
de l'hégire (1623). — Diam. 0w,24.
Provenance du tombeau de Sayed el-Badaouï à
Tantah.
6B& 64. — Aiguières en cuivre jaune, revètues
de nacre. — Haut.om,18 — (PI. IV),
63. — Trois anneaux de pied (Kholkhäl) en
argent, provenant d'un tombeau de la Haute-
Égypte.
68. — Vingt-quatre flèches en fer trouvées
dans la couverture en bois de la rue el-Ghourich
entre les monuments de ce nom. Lorsque cette
couverture fut enlevée en 1882, on a trouvé que
54 SALLE N° 2
poutres et planches étaient littéralement piquées
de ces flèches. — Long. 0,04.
67. — Quatre pièces de monnaie en or, une en
argent et plusieurs pièces de monnaie en cuivre,
trouvées pendant la démolition de quelques mai-
sons à el-Ghourieh, au Caire.
88. — Partie inférieure d’un croissant en cui-
vre jaune gravée d'inscriptions et d'ornements. —
Haut. 0,20.
Le texte de l'inscription relate les titres d’un mamelouk.
69. — Pièce supérieure d'un vase en cuivre,
gravée d'inscriptions donnant les titres d'un ma-
melouk. — Haut. 0,20.
L'inscription du bord est gravée d'un ornement en forme de
bande,interrompue de médaillons portant comme écussonle losange.
30. — Porte-turban de cénotaphe en cuivre,
du tombeau de Sayed el-Badaoui, à Tantah.: —
Haut. Um ,22.
71. — Plaque en cuivre rouge à inscriptions
repoussées, provenant d'une porte voisine de la
niche de prière de la mosquée d'Ibn Touloun.
XIII siècle. — Long. 4,40.
L'inscription est au nom du sultan Ladjyn, restaurateur de cette
mosquée, et date de la fin du xue siècle.
72. — Monnaies en cuivre, provenant d'une
maison démolie à el-Ghourieh, au Caire.
73. Deux bougeoirs en cuivre jaune fondu et
tourné. -— Haut.om,41.
74. — Deux bougeoirs en bois tourné munis
d'assiettes en fer-blanc; travail très primitif. —
Haut. 0,35.
Musée Aratke.
3
METAUX
MÉTAUX 55
23. — Un bougeoir en cuivre jaune fondu. —
Haut. 0,21.
36. — Idem. — Haut. 0,38.
57. — Un bougeoir avec plateau perforé en
cuivre jaune fondu. — Haut.0",55.
38. — Partie de lampe en cuivre jaune fondu.
. — Diam. 0,20. -
29. — Bougeoir à plateau perforé, en cuivre
jaune fondu. — Haut. 0,41.
89. — Partie supérieure d'un bougeoir à quatre
branches, en cuivre jaune. — Haut. 0,25.
S4. — Suspensions pour ampoule, en cuivre
jaune.
Des huit branches iaférieures, il en manque quatre.
S2. — Suspension pour ampoule en fer-blanc
à vingt branches.
S3&«84. — Plateau en cuivre rouge à quatre
bougeoirs. — Diam. 0,34.
83. — Plateau à trois bougeoirs en cuivre
jaune. — Long 0,26.
SB. — Vingt et un plateaux (et deux fragments)
de suspensions, en cuivre jaune fondu et perforé.
— Diam. 0,46.
Il y a deux spécimens de dessin.
87. — Trois lampes d'étudiants, en cuivre jaune
fondu et tourné. — Haut. 0,72 —0",78.
ss. —— Lampe en cuivre jaune percé à jour,
provenant de la mosquée de Sayed el-Badaoui, à
Tantah. — Diam. 0,22. .
56 SALLE N° 2
89. Cinq coupes en cuivre jaune fondu, prove-
nant d'une fontaine publique: — Haut. 0,11.
99. — Six coupes en‘cuivre jäune fondu et
gravées d'inscriptions-au nom du sultan Mahmoud.
— xvuie siècle. — Haut. um,13.
Ces coupes portent ie date 4164 de l’hégire (4750) : “elles ont été
enlevées de la fontaine érigée en 4760 par le sultan Moustapha, père
du sultan précité. Cette fontaine setrouve vis-à-vis de la mosquée
de Sayeda Zeinab, au Caire.
91. — Deux heurtoirs en cuivre jaune fondu et
perforé. — Long.0",23,
92. — Heurtoir en cuivre jaune richement
ciselé. — Diam. 6,23. — (PI. VD.
93. Enclume d’un heurtoir en cuivre jaune. —
Haut. 0,11.
914. — Heurtoir en cuivre jaune fondu, perforé
et gravé d’ornements. — Long. 6,25.
Sur le disque du centre, on distingue les traces d’un blason.
*93. — Treillage en fil de laiton provenant
d'une fenêtre
96. — Treillage analogue au précédent. —
Diam, 0.72.
97. — Bouclier en tresse; au centre, plaque de
fer provenant de la mosquée du sultan el-Ghoûri.
— Diam. 0",47.
98. — Quinze chaînes de lampe à suspension,
en cuivre jaune.
99. — Partie supérieure d'un grand croissant
en cuivre rouge. — Haut. 1",65.
409. — Partie supérieure d’un croissant en
cuivre. — Haut. 0,65.
XNVLAN
“HUVUY FISAN
Vy -- ‘HITA OIT8S 98 — ‘AOPIXI) TOY —- ‘II SITES
"ITA ‘Td
MÉTAUX 57
401. -- Partie supérieure d’un croissant en
CUIVrE. — Haut. 0,80.
402. — Croissant en Cuivre. — Haut. 07.71.
103. — » » D portant des traces
de dorure. — Haut. 0",80.
104. — Fragment d’un croissant en cuivre. —
Haut. 0,53.
103. — Idem. — Haut. 0,36.
406. — Croissant, en cuivre jaune, muni d'une
plaque gravée d'inscriptions sur ses deux faces ;
provenant de la mosquée du sultan Hassan. —
xXIV® siècle. — Haut. 0",34.
407. Lustre à plateau en cuivre jaune percé à
jour et repoussé, ornements et inscriptions en
ciselure, provenant de la mosquée du sultan el-
Ghoûri. — xvie siècle. — (PI VIT). — Haut. 2,60.
Ce lustre a 160 veilleuses et porte quatre tourel-
les dans sa partie supérieure.
C'est un des rares lustres complets, ayant conservé le plateau
qui sert à empêcher l'huile de tomber sur les fidèles.
Ce plateau sert en même temps à dérober à la vue la con-
struction grossière de l’intérieur des lustres.
#08. — Lustre en cuivre jaune. Le plateau a
sept veilleuses ; le couvercle, en forme de dôme,
est gravé d'inscriptions ; provenant de la mosquée:
de Sayeda-Zeinab, en ville. — Diam. 0,38.
409. Lustre analogue au précédent, provenant
de la mosquée de Sayed el Badaouï, à Tantah. —
Diam. 0,32.
Le dôme est percé à jour.
58 SALLE N° 2
420. — Lustre en cuivre jaune à sept veilleu-
ses et neuf branches. Le corps a la forme d'un
tronc de pyramide hexagonale ; il est ciselé d’in-
scriptions etd'orneménts. L'inscription est au nom
de Kidjmàäs, grand écuyer (Emir Akhor). Les
médaillons, au milieu des côtés, contiennent en
gravure le blason (rank) de l'émir. — Haut. 4,10.
L'émir Kidjmàs était un diguitaire du sultan Kaïtbaï. C’est à
cet émir que nous devons une des plus joiies et des plus riches
mosquées d2 l'époque de Kaïtbaï au Caire. Elie se trouve située à
l'entrée de la rue Darb el-Ahmar et fut érigée en 886 de l'hég. (1481).
Ce monument esten voie de restauration.
#41. — Grand plateau inférieur d'un lustre, en
cuivre. Les médaillons contiennent une inscription
aux louanges d’un sultan.
412. — Huit pièces de bronze, fondues, ajou-
rées et gravées d’ornements, provenant des volets
de la mosquée du sultan Barkouk, en ville. —
XIV® siècle, — Long 0%,24-0",60.
443. — Vase (lampe ?) en cuivre, à trois anses.
Haut. 0",41.
#4. — Deux pièces d'applique en cuivre gra-
vées d'inscriptions, ornementées et incrustées d'or
et d'argent, provenant d'une cassette. Trouvées
dans la mosquée du sultan Barkouk. — Long. 0,33.
4145. — Lame de serrure en fer, provenant de
la porte principale. de la mosquée Barkouk, en
ville. — Long. 0,85.
Salle III 130 VIT.
T
A+
MUSÉE ARASE.
MÉTAUX
Annexe I
2 _ F à 158
MUSÉE ARACE.
MÉTAUX
MÉTAUX 99
416. — Dix vitraux découpés en plâtre à ver-
res coloriés. — Haut. 0®,52,-1",55.
Ces vitraux sont d’une date récente.
4147. — Plateau inférieur d'un lustre en cuivre
jaune, gravé d'inscriptions et d’ornements. —
Diam. 0,78.
418. — Bougeoir en cuivre jaune fondu. —
Haut. 0",63.
449. — Pincette en fer, trouvée dans la mos-
quée el-Ghoûri. — Long. 0,34.
420. — Lustre en métal rouge. Les côtés sont
en laiton percé à Jour. — Long. 0,34.
La forme de ce lustre est celle d'un prisme octogonal à huit
veilleuses.
TROISIÈME SALLE
QE
I. — Verrerie.
La verrerie a joué, en tous temps, un grand
rôle dans l’industrie et dans l’art des Orientaux.
_ Les traces de cette industrie sont visibles, à
travers les différentes époques, jusqu'au temps
des Byzantins, chez lesquels, bien que les monu-
ments nous fassent défaut, l’art de la verrerie
devait avoir une grande importance, si nous nous
en rapportons aux écrits de l'époque.
Pour ce qui était de cette industrie chez les
Persans, le cabinet des médailles de la Bibliothè-
que Nationale de Paris nous fournit un admirable
spécimen datant du vi* siècle!.
Chez les Arabes, en Égypte, les plus anciens
produits ayant un caractère de certitude histori-
que sont les petits disques en verre (N°5), qui
servaient comme étalons de poids et dont plu-
sieurs datent des premiers temps de la domination
musulmane en Égypte (vire siècle après J.-C.).
Quelle a été l'importance de l'industrie du
1 L'Art de la verrerie, par Gerspach. — Paris. Page 81.
VERRERIE Gr
verre en. Orient vers le xr° siècle, les historiens
de cette époque nous le disent, et Nassiri Khosrau,
en particulier, nous fournit des renseignements
précis à ce sujet. Les écrits laissés par ce célèbre
voyageur dont nous avons déjà parlé, sont une
source précieuse pour l'étude des villes, des con-
structions et de l’industrie de l’époque.
Il parle souvent avec admiration des produits
qui l'ont frappé pendant le cours de ses voyages
et, en ce qui concerne l'Égypte, ilrelate un marché
de lampes (Souk-el-Kanadil) qui se trouvait à
Misr, à côté de la mosquée d’Amr.
Cet auteur fait aussi mention de cristaux de
roche fort bien travaillés'. € J°y ai remarqué aussi,
dit-il, du cristal de roche de toute beauté et artis-
tiquement travaillé par des ouvriers pleins de
goût », et encore : Q Il avait été apporté du Magh-
reb, mais on disait que récemment on en avait
reçu de la mer de Qoulzoum (mer Rouge). »
Sans doute, ce cristal, qui venait de la petite
ville de Qoulzoum, ne devait être travaillé qu’en
Égypte, car il n’est pas probable qu’une industrie
aussi, considérable queceHe du eristal ait pu être
exercée dans une ville aussi peu importante que
Qoulzoum.
A la page 151, il est parlé d’un verre de grande
valeur : (On fabrique aussi un verre transparent
! Sefer Nameh. Page 149.
” L È
62 * ‘ TROISIÈME SALLE
d’une grande pureté qui ressemble à l’'émeraude,
on le vend au poids......» et, plus loin, à la page
153: « Dans le Bazar, les baqqals, les droguistes,
les quincailliers fournissent eux-mêmes les verres,
les vases en faïence et le papier qui doit contenir
ou envelopper ce qu’ils vendent. Il n’est done pas
nécessaire que l'acheteur se préoccupe de ce que
doit contenir ce qu’il achète ».
Quel devait donc être le développement de
l'industrie du verre, dans un pays où l’on donnait,
par-dessus la marchandise achetée, des objets en
verre sans en réclamer le prix!
Les chroniqueurs du moyen-àge constatent”
aussi que l’art de la verrerie a continué à fleurir
chez les -Orientaux.
Hafiz Abrou! (xrv* siècle), remarque en parlant
de la ville de Halep, que «nulle part, dans le
monde entier, l’on ne voit de plus beaux objets
en verre. Quand on entre dans le bazar où on les
vend, on ne peut se déterminer à en sortir, tant
l’on est séduit par la beauté des vases qui sont
décorés avec une élégance et un goût merveil-
leux. »
À cette époque, toutes les villes de la côte de
Syrie possédaient des verreries. L'histoire nous a
même conservé un traité conclu entre la répu-.
; Sefer Nameh. Page 32.
VERRERIE 63
blique de Venise et Tripoli de Syrie, réglant
l'exportation des verres brisés'!.
Revenons à l'Égypte et voyons quelles sont
les données que nous avons à notre disposition,
afin d’établir,en dehors des documents historiques
mentionnés, l'existence et le développement de la
verrerie. Nous avons en premier lieu, comme
preuve indiscutable, les disques en verre mention-
nés plus haut, qui ont été trouvés dans les buttes
de décombres qui entourent la ville du Caire et
dont les musées et les particuliers ee des
collections remarquables?.
Parmi ces estampilles, étalons de ou etc..…,
on trouve de très belles perles en émail, des frag-
ments de bracelets,des ampoules et d’autres menus
objets de verrerie.
Le N° 5 du musée nous montre les phases de la
fabrication des perles et les différentes qualités
de l'émail filigrané que les Vénitiens ont exploité
1 Dans le traité que Boëmond VI, prirce d’Antioche et comte de
Tripoli, conclut le 4er Juin 1277 avec I. Contarini, doge de Venise,
nous trouvons la stipulation suivante: « Etsi Vénicien trait verre
brizé de la ville, il est tenuz de payer le dhime ». sefer Nameh
Page 42.
2 Voir Rogers bey : Glass as a material for standard coin weights.
Du même: Unpublished glass weights and measures, ainsi que
la publication sur cette matière de M Casanova : Etude sur les ins-
criptions arabes des poids et mesures en verre (collection Fouquet
et Inès), dans la communication faite à l'Institut égyptien en 1891.
64 TROISIÈME SALLE
si avantageusement dans leur célèbre industrie du
verre.
Le plus riche trésor de la verrerie de l'Égypte
musulmane est représenté par la collection des
lampes en verre émaillé exposées dans la 3"° Salle.
Le nombre des lampes dépasse soixante, les frag-
ments non compris. Ces lampes mettent en éviden-
ce l'habileté des verriers, tant par la conception,
la variété des ornements et la beauté des inscrip-
tions, que par la perfection du travail et la colo-
ration des émaux. Les petites bulles d'air, défaut
de tous les verres d'Orient, n’enlèvent rien à la
beauté de nos lampes.
Les lampes ont toujours la même forme et
sont faites de façon à pouvoir être suspendues ou
posées. On les utilisait en accrochant aux bords
une veilleuse ; l'huile n’était donc pas en contact
avec les parois de la lampe, et elles étaient sus-
pendues à des chaînes en argent ou en laiton.
Il y a certains points de détail à propos de
l’industrie des verres qui ne sont pas suffisamment
élucidés, et il n’y a rien d'étonnant, par consé-
quent, à ce que les produits d’un pays aient été
parfois attribués à un autre.
Mais on ne peut mettre en doute que ces
1 Nous devons cette collection à M. le docteur Fouquet, du
aire, l’intelligent et infatigable collectionneur.
VERRERIE 65
superbes lampes ne soient un travail du pays ;
car il h'est pas admissible de supposer que les
Égyptiéns eussent préféré importer des objets
aussi fragiles que le verre, plutôt que de le fabri-
quer diectement en Égypte, pays de l'industrie du
verre par excellence et où plus tard les Vénitiens
vinrent eux-mêmes chercher la soude nécessaire à
la fabrication de leurs produits.
Cet argument doit nous paraître concluant, si
nous pensons à ces puissants sultans fastueux et
protecteurs des beaux-arts qui ont fait de l'Égypte
leur principale possession, et du Caire leur rési-
dence préférée.
L'éhumération des richesses de Mostanser,
sultan Fatimite, qui a vécu de 1035 à 1094 après
J.-C., hous porte, avec la fantaisie, aux contes des
Mille ét une Nuits.
Il ést vrai qu'en 1569, le grand vizir donna
aux vérreries de Murano, par l'entremise de l’am-
bassadeur de Venise, une commande de 900
lampes ; nous savons également que la République
de Venise avait monopolisé les marchés de l'Orient
et de l'Occident pour ses produits; mais aucun
docunient ne fait mention que des ouvriers musul-
mans aient travaillé dans les fabriques de Venise.
Toutefois, si des ouvriers musulmans avaient
transporté leur industrie à Venise, le Conseil des
Dix, qui tenait un état de toutes les personnes
exerçant cette industrie, n'aurait pas manqué de
ot
66 TROISIÈME SALLE
faire mention de cette collaboration d'artistes
musulmans.
Personne n’ignore que pour conserver à Venise
le monopole de son industrie, source de sa richesse,
le Conseil ne reculait même pas devant le crime,
en faisant disparaître, en pays étrangers, les ou-
vriers vénitiens qui y avaient apporté leur art.
Il est donc parfaitement admissible que les
ouvriers musulmans aient eu une part prépondé-
rante dans la fabrication de ces lampes. Ce qui
le prouverait encore, c’est la richesse et la variété
de leur ornementation toujours dans le plus pur
style arabe, ainsi que leurs lettres d’une rare cor-
rection. Tous ces éléments réunis ne peuvent être
attribués qu’à des personnes ayant étudié à la
même source, en un mot, qu'aux artistes qui ont
élevé les magnifiques monuments de l'Égypte.
Quiconque s’est occupé d'épigraphie arabe
assignera une même origine aux ouvriers des
lampes, comme aux constructeurs des remarqua-
bles monuments de ce pays. Ce sont les branches
d’une même famille d'artistes qui ont coopéré,
chacun dans son genre, à la création des produits
de l’art arabe.
Ce que nous avons dit à propos de la beauté
des inscriptions et de la correction des arabes-.
ques, ne saurait s'appliquer à une des lampes
du musée (N° 81) dont les émaux sont tout à
fait défectueux ; les ornements n’ont rien de com-
VERRERIE 67
mun avec le style arabe et les traits des écritures
sont absolument mauvais. La forme même s’éloi-
gne des proportions typiques des autres lampes
de la collection par la hauteur plus accentuée du
col.
D'où peut provenir cette lampe? A quelle
époque a-t-elle été fabriquée? L'inscription est
dédiée à Kaïtbaï, sultan régnant de 1465 à 1495.
Doit-on admettre que l’industrie de la verrerie
fut justement en décadence pendant le règne de
ce sultan dont l'époque est caractérisée par la
prospérité de l'architecture arabe et des autres
arts qui s’y rattachent ; ou bien, doit-on admettre
l'hypothèse que cette lampe ait été fabriquée à
une époque plus récente, c’est-à-dire quand l’ar-
chitecture et l’industrie étaient à leur déclin ?
Des recherches ultérieures donneront proba-
blement une réponse à cette question.
La plus ancienne lampe dont la date soit connue
porte le N° 12 du catalogue, tandis que la plus
récente, abstraction faite de celle dont nous venons
de parler, porte le N° 8o!.
1 Le plus ancien monument de ls verrerie arabe dont on con-
naisse la date est la coupe de la collection de M. Ch. Schefer. « Elle
a le fond d’or, sa décoration est en émaux bleus et blancs, elle porte
un distique arabe, des personnages et une course de chiens et
d'animaux de chasse. La pièce porte son certificat d’origine : ce sont
les armes de Bedr-el-Din El Daheri, ccmmandant des troupes du
sultan Bibars, qui mourut en 1277.» L'Art dela verrerie,par Gerspach.
Ai
68 TROISIÈME SALLE
Les lampes ont été groupées dans le musée
d'après la disposition des ornements. Je crois que
cet ordre est rationnel, car une classification
historique serait impossible, attendu que dans la
plupart des lampes, les dates font défaut et que
l'endroit où elles ont été trouvées ne fournit pas
une base assez certaine pour en établir l’époque.
Une autre qualité de vitres fabriquées dans le
pays, en dehors des lampes sont: les verres à
vitres dont nous avons parlé rapidement en trai-
tant des vitraux en plâtre ajouré et dont les plus
anciens produits sont les quelques restes qui se
trouvent dans les fenêtres du tombeau de Säleh
Nigm el-Dyn Ayyoub (1248 après J.-C.). Les vitres
sont épaisses comme celles que l’on rencontre dans
d’autres monuments du x1v° siècle, tandis que les
vitres qui servaient au même usage, au xv° siècle,
ne dépassaient pas un millimètre d'épaisseur.
Ces vitres ont trois nuances de rouge, trois de
bleu, deux de vert et deux de jaune. La couleur
est toujours dans la pâte, qui contient de petites
bulles d’air comme la pâte des lampes.
De la présence fréquente d’un cordon arrondi
sur les bords des vitres, on doit conclure qu’elles
ont été fabriquées sur de petites surfaces.
Nous devons faire mention également des
petits cubes en verre (10 mill. de côté) à surface
dorée, qui étaient fabriqués uniquement pour
les mosaïques.
VERRERIE 69
Les bords comprimés de ces cubes indiquent
de quelle façon ils devaient être coupés après la
fabrication. La dorure des surfaces est toujours
bien conservée.
L'emploi de ces cubes en verre pour la mosaïque
n'a pas trouvé une grande application ; nous n’en
rencontrons que dans deux monuments : le pla-
fond du mihräb de la mosquée d’Ibn-Touloun
{x siècle) et celui de la mosquée Akbogha (xrv°
siècle), qui fait partie de la mosquée El-Azhar.
Rappelons, avant de finir, les colonnettes en
émail turquoise qui, dans les monuments du xrv°
siècle, ornent le mur dans lequel est creusé le
mihrâäb.
—— 00 CEE A —
SAILT:E N° 8.
TS —
I. — Verrerie.
À. — Menus objets en verre.
4. — Collection de perles, grains émaux et au-
tres objets en verre, trouvés dans les buttes de
décombres, au sud du Caire. Cette jolie collection
est fort intéressante au point de vue de la fabri-
cation des perles et des émaux. Nous voyons dans
ce groupe les phases de la fabrication des perles.
Les pièces filigranées sont aussi nombreuses que
belles. À droite, en haut de la toile, des pâtes et
un déchet. En tout 90 pièces.
Don de M. Fouquet, docteur médecin. — 1893.
Les collines au sud de la ville du Caire consistent en décombres
qui proviennent de l’ancienne ville de Fostàt, incendiée en 4168
après J.-C.
Le grand vizir Châouir fit mettre le feu à cette partie du Caire
pour empêcher que les Franques y prennent position. Les croisés
se trouvaient déjà à peu de distance de la capitale de l'Egypte.
2. — Une collection de 19 ampoules et fioles
de diverses formes, provenant des décombres
situées au sud du Caire.
Oa peut voir aisément dans cette collection différents procédés
de fabrication. Il y a des pièces soufflées et d’autres qui sont
Mmoulées. Quelques-uns des objets sont ornementés au moyen de la
taille. L’irisation des objets en verre n’est pas toujours intention-
»elle; elle est le plus souvent occasionnée par la décomposition.
Cette collection a été donnée au musée par M. Fouquet, doc-
teur médecin. — 1893.
VERRERIE 7x
3. — Deux étalons de poids en verre et deux
pièces de verre imitation agate.
Ces étalons proviennent sans doute des décombres ci-dessus
meniionnées.
B. — Bulbes en verre.
4. — Bulbe en verre de couleur verte, provenant
de la mosquée de l’émir Ezbek el-Youssefi. Fin du
XV° siècle. — Haut. 0,18.
3. — Bulbe en verre bleu à surface ondulée,
provenant de la mosquée de l'émir Ezbek el-
Youssefi. Fin du xv° siècle — Haat. 0,15.
Ce bulbe et le numiro 4 s2rvaient à décorer des chaiaes de
lampes.
&. — Fragment d'une pièce ovoïde en verre
émaillé.
baps le médaillon, deux oiseaux qui rappellent les oiseaux deia
Jampe N° 62.
Don de M. Fouquet, docteur médecin. — 1893.
C. — Lampes en verre incolore.
7. — Lampe en forme de boule ; verre incolore
à trois anses. — Haut, 0,95.
8. — Lampe à verre incolore à six anses,
provenant de la mosquée du sultan Châäbân. —
XIV® siècle. — Haut. 0m,32.
9. — Lampe en verre incolore à trois anses,
provenant de la mosquée du sultan Hassan. —
Haut. 0w,25.
#0. — Lampe en verre incolore ondulée à six
anses, provenant de la mosquée du sultan Châäban.
— XIV° siècle. — Haut. o",30.
72 SALLE N° 3
#44. — Lampe en verre incolore, six anses en
émail bleu. — Haut. 0,24.
D. — Lampes en verre avec peude décorations
en émail.
42. — Lampe en verre incolore portant in-
scriptions et ornements en or et en émail rouge ;
la lampe a trois anses, le pied manque. L'inserip-
tion a rapport autombeaudu sultan Sâleh Ayyoub,
où la lampe a été trouvée; en voici le texte :
AN EVA Vale ler te A
A SEP hE iz LS Lu à per
Parmi ce qui a été fait pour le tombeau béni,
impérial, royal et très noble de Sûleh, que Dieu
comble son habitant de sa miséricorde et de sa
satisfaction. — Haut. 0v,21.
43. — Lampe en verre décorée d'ornements et
d'inscriptions en émail bleu, les cartouches à in-
scriptions séparés par des fleurons. D’autres fleu-
rons sont placés entre lessix anses. — Haut. 0v.36.
L'inscription porte :
EM SU Gal get dam où lle
Oba$ Or x\, \& 5 BU
L'Altesse noble, le magnifique, le seigneurial,
impérial, royal el Achraf Chäbân, soutien de
l'État et de la religion.
VERRERIE 73
44, — Lampe en verre incolore. La décoration
du col estsemblable à celle de la lampe N° 13. Les
lettres sont ménagées sur le verre et contournées
de lignes rouges. Les cartouches ont le fond bleu
appliqué à l'intérieur. L'inscription entre les
anses est la même que celle de la lampe précé-
dente. — xiv° siècle, — Haut. 0®,32.
Trouvée dans la mosquée du sultan Châbàn au Caire.
#45. — Lampe en verre émaillé, ornementée au
col. Sur la panse on voit une inscription dorée
sur fond en émail bleu. Provenant de Ia mosquée
du sultan Châbân. — Haut. 0,36.
Les inscriptions des lampes 43, 14 et 15 sont au nom du sultan
Chàbân, qui a régné dans la seconde moitié du XIV: siècle.
48. — Lampe en verre bleu uni et portant
comme blason une coupe en émail rouge. L’inserip-
tion koranique et les ornements qui semblent avoir
été dorés sont à peine visibles. Provenance de la
mosquée du sultan Barkouk. — Haut. 0v, 28.
#7. — Lampe en verre bleu uni, traces de
dorure. — Haut. 0», 21.
Provenance de la mosquée Alti Barmak.
E. — Lampes en verre ornées de fleurs
en émail.
48 — La lampe entière est couverte de motifs
de fleurs sur fond en émail bleu. Le pied est formé
par un tore. Haut. 0w,34. — (PI. XI).
49 — Analogue à la lampe précédente ; les
fleurs portent des traces de dorure. Sur le col et la
94 SALLE N° 3
panse, il y a des médaillons avec louange à l'a-
dresse du sultan. — (PI. XI).
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. —
Haut. Ow. 41.
L'inscription fine que nous voyons renfermée dans les médaillons,
sur la plupart des lampes, est toujours une dédicace à un souverain.
Quelquefois elle exprime une simple louange sans mentionner
de nom, comme sur les lampes du sultan Hassan, ou bien le nom
du sultan est ajouté, comme cela se voit sur les lampes du sultan
Barkouk.
Ces médaillons avec leurs inscriptions ne fournissent pas un
critérium suffisant pour attribuer définitivement au sultan qui y est
mentionné l’objet ou le monument sur lequel elles se trouvent ;
nous rencontrons, au contraire, beaucoup de monuments construits
par un dignitaire qui, par déférence, orne l’objet ou le monu-
ment du nom de son souverain. (Voir à ce sujet l’étude de l’auteur
sur la mosquée Ezbek el-Youssefi, dans le premier numéro de la
Revue Égyptienne — Caire, 1889).
F. — Lampes couvertes d’ornements
en émaux.
(Quelques-unes ont des médaillons à inscription).
20. — Lampe en verre émaillé couverte d'un
réseau en émail blanc. Les ornements sont en
émail rouge, bleu, jaune et vert. Des vestiges prou-
vent que tout ce qui, sur le verre, n’était pas
émaillé, était anciennement doré. Au col, trois
médaillons renferment une jolie rosace. L'in-
scription est à la louange d’un sultan. Provenance
de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0, 12. —
(PI. XI)
21. — Lampe en verre émaillé dont les cou-
leurs sont analogues à celles du N° 16. Au-dessus
VERRERIE 75
des six anses, les médaillons contiennent une dédi-
cace au sultan Barkouk. ( des \ para) )
Provenance de la mosquée de ce sultan fondée
en 1334 après J.-C. — Haut. 0v,36.
22. — Lampe en verre émaillé ; les anses sorit
encadrées d’une bande en émail bleu ; sur la panse,
de jolies rosaces. Les médaillons du col et de la
panse sont au nom du sultan Barkouk. Provenance
de la mosquée de ce sultan, . — Haut. or, 36.
23 — Lampe en verre émaillé. La panse est
couverte d’un réseau d’ornements en émail bleu.
D'autres fleurs en émail rouge, bleu, jaune et vert.
Le texte de l'inscription des médaillons est le
même que celui de la lampe précédente.— Haut. or, 26.
24 — Lampe en verre à ornements en émail de
diverses couleurs. Le col est peint de six médail-
lons à fleurs; les médaillons de la panse portent
une inscription au nom du sultan Barkouk (El
sultan el-Zäher). Entre les anses renfermées dans
une bande d'émail bleu, il y a de jolis fleurons.
Provenance de la mosquée du sultan Barkouk.
XIV® siècle. — Haut. om, 27.
25 — Lampeen verre émaillé. Le col est décoré
d’arabesques, formées de lignes entrelacées. Les
médaillons portent le nom du sultan Barkouk.
XIV® siècle. — Haut. 0», 36.
Même provenance que la lampe précédente. La
‘panse de cette lampe est endommagée.
76 SALLE N° 3
26, — Lampe en verre émaillé. L'inscription
des médaillons est dédiée à un sultan. L'espace
entre les médaillons du col est décoré d'ornements
entrelacés. Provenance de la mosquée du sultan
Hassan. — Haut. 0m15.
Le pied a été refait en bois.
27. — Lampe en verre émaillé, à peu près
analogue à la précédente. Provenance de la mos-
quée du sultan Hassan. — Haut. 0,42.
28. — Lampe en verre émaillé analogue aux
deux lampes précédentes. Les entrelacs sont plus
compliqués. Entre les fleurons du col, renfermés
dans des trilobes, il y a des oiseaux finement
dessinés. Provenance de la mosquée du sultan
Hassan. — Haut. 0w,10.
Les oiseaux dessinés dans l’attitud> du vol peuvent être remar-
qués sur plusieurs lampes.
G. — Lampes en verre à ornements en émail
avec inscription sur le col.
29. — Lampe en verre émaillé. Les lettres de
l'inscription du col sont ménagées sur un fond en
émail bleu. L'inscription est au nom de l’émir
Silar, mort en 1310. — Haut. 0»,25. — En voici le
texte :
u2 | CAS dla A 4 Ja\l pp) à Dai Re EE
L re
as #4) Le PR) PES on ar ae
Parmi ce qui a été fait pour le tombeau du
VERRERIE 97
pauvre esclave de Dieu, qu'il soit loué, Silar,
glaive de la religion, régent de l'empire magni-
Jique, que Dieu lui pardonne.
L'émir Seif el-Dyn Silar était mamlouk du sultan Kalaoüûn. Il a
vécu à l’époque de Mohamed el-Nôsser, où de grands troubles
politiques secouaient l'Égypte. Silar ayant servi le sultan Beibars,
Padversaire du sultan Mohamed, fut enfermé par celui-ci après
qu'il eut réussi à s'emparer de nouveau du trône d'Égypte et
condamné à mourir de faim. L'’émir Silar est enterré sous une des
coupoles de la mosquée Sangar el-Gaouli au Caire ,que celui-ci fit
construire pour son malheureux ami.
30. — Lampe en verre émaillé. Les fines écri-
tures des médaïllons du col contiennent des titres
du sultan Barkouk ; la large inscription du col
est un verset du koran, sa dorure est presque
effacée. Le fond de cette inscription ainsi que
les bandes qui entourent les six anses sont en
émail bleu. x1v° siècle. — Haut. 0,37. — (PI. XD).
Provenance de la mosquée du sultan Barkouk.
L'inscription tirée du koran que nous trouvons sur les lampes
est toujours le commez:cement du Chap. 24, verset 36.
a «As Les KES os Ji pl OA AA || ne HA
LS >> SUN el>) >) \\ >; É rh
Dieu est la lumière des cieux et de la terre.
Cette lumière est comme un foyer dans lequel
(se trouve) un flambeau, un flambeau placé dans
un cristal, le cristal pareil à une étoile (brillante).
Sur quelques lampes, comme celles des N°» 32,33,34 et autres, il
n'y a que les premiers mots de ce verset; souvent il est com-
plètement reproduit.
78 SALLE N° 3
34. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
du col est au nom du sultan el Zâher Abou-Saïd
(Barkouk). Les médaillons sont comme ceux de
la lampe précédente avec laquelle cette lampe a
quelqué analogie. — x1v° siècle. — Haut. 0,37.
Provenance de la mosquée du sultan Barkouk. Le pied est
cassé.
32. — Lampe en verre émaillé. Les inscrip-
tions des médaillons sont aux louanges du sultan.
Les grandes lettres en émail bleu reproduisent un
verset du koran. Elles sont décorées de rinceaux
en émail blanc. Le corps est couvert de motifs de
fleurs.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut, 0w,41.
38. — Lampe en verre émaillé. Elle a beau-
coup d’analogie avec la lampe précédente. La
panse est couverte d’un réseau en émail bleu. —
Haut. 0,36.
Même provenance que le N° 32.
34, — Lampe en verre émaillé. Le fond de
l'inscription a conservé des traces de dorure. —
Haut. 0 "41.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. La base est endom-
magée.
83. — Lampe en verre émaillé. La panse est
couverte de fleurs ménagées sur le clair du verre.
Les anses sont entourées de bandes de fleurs en
émail rouge, bleu, blane, jaune et vert.
Provenance de la mosquée du sultsn Hassan. — Haut. 0,35.
La base manque.
Pr'X
39
VERRERIE
VERRERIE 79
36&. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
du col est ornée de rinceaux en émail blanc. Entre
les anses, un rosier en émail de diverses couleurs.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0,35.
33. — Lampe en verre émaillé. Les ornements
entre les anses sont renfermés dans un multilobe
en émail blanc.
Sur le col même inscription que sur celui de la lampe Nc 3€.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0,37.
Endommagée.
38. — Lampeen verre émaillé. La panse est
couverte d'un réseau en émailbleu dontles champs
sont remplis de fleurs.
Mème iascription que celle de la lampe précédente.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0,38. —-
(PI. XD).
33. — Lampe en verre émaillé, provenant de
la mosquée du sultan Hassan. — PI. X).
La panse est ceinturée de fleurs de lis en émail blanc et semée
d’ornements.® Les lettres sont décorées de rinceaux blancs. —
Haut. 0w,38.
H. — Lampes en verre avec ornements d’émail
et inscriptions sur la panse.
40. — Lampe en verre émaillé, provenant de
la mosquée du sultan Barkouk. Le bord du col est
décoré d’un entrelac en émail bleu rehaussé de
lignes rouges. Les lettres de l'inscription de la
panse, au nom du sultan Barkouk, sont formées
80 SALLE N° 3
par des lignes rouges. x1v° siècle, — Haut. 0v,39.
Inscription :
la ail (1) ar au all EN RL SL je
Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi illus-
tre Abou Saïd, que Dieu (qu'il soit exalté!) le
secoure.
44. — Panse d’une lampe en verre émaillé.
Provenance de la mosquée Barkouk.— Haut. C®,16.
Ce fragment appartenait à une Jlëmpe anslogue à la précédente.
42. — Lampe en verre émaillé. Le col et le
bas de la panse sont ornés d’écussons ; une des
fasces porte un losange. L'inscription de la panse
est au nom de l’'émir Aly el Märdani, et provient
de la mosquée du mème nom, au Caire. xiv° siè-
cle. — Haut. 0,35.
Inscription :
€ AE RATE .
(OPA ee all Ÿ Ke ne 5,5" Al
ds, de
L'excellent, le très noble, le sublime, le ga-
rant (du pays) el-Alaï, le défunt émir, Al el-
Märdän&.
4 Le ® manqueaprès 5) : il faudrait o 2) —— La même
2
faute orthographique existe sur la lampe suivante.
2 Rogers Bey a lu : ua au lieu de PAL Vcir: Bulletin de
l’Institut Egyptien, 1880.
Musée Arabe
VERRERTE
VERRERIE 81
43 — Lampe en verre émaillé. L'inscription
des médaillons ainsi que celle de la panse sont à
la louange du sultan el-Zäher (Barkouk). x1v° siè-
cle. — Haut. 0w, 39.
Trouvée dans la mosquée du sultan Barkouk.
44 — Lampe en verre émaillé. L'inscription
est au nom du sultan Barkouk. Analogue à la
lampe N° 43. — Hauteur, 0w, 40.
Même provenance que le No 43.
I. — Lampes en verreavecinscriptionsen émail
bleu sur le col et inscriptions ménagées
en clair sur fond en émail bleu.
45. — Lampe en verre émaillé avec inscription
koranique sur le col et note historique sur la
panse. Cette dernière inscription, ainsi que celle
renfermée dans les médaillons, sont au nom du
sultan Barkouk. xive siècle. — Hauteur 0, 34.
Provenance de la mosquée du même nom.
46. — Lampe en verre émaillé. A peu près
analogue à la précédente. — Haut. 034.
Trouvée dans la mosquée du sultan Barkouk.
4%. — Idem. — Haut. 0v, 32.
48. — Col d’une lampe en verre émaillé, analo-
gue au col de la lampe précédente: Les médaïllons
contiennent le nom du sultan Barkouk. x1v° siè-
cle. — Haut. 0,25.
Trouvée dans la mosquée fondée par ce sultan,
6
82 SALLE N° 3 3
4%. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
de la panse est une dédicace au sultan Hassan,
fils de Mohamed. xrv° siècle. — Haut. 0", 39.
Provenance de la mosquée de ce sultan. L’in-
scription :
ge ol Ba et LU EN ALL AE
pe) ee IS CL}
Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi
victorieux, secoureur de l’état et de la religion,
Hassan, fils de Mohamed. Que sa victoire soit
louée !
50-53. — Lampes en verre émaillé. Analogues
à la précédente et de la même provenance : —
50, Haut. 0w,40. — 51, Haut. 0,31, à pied bas. — 52, Haut.
0», 37. — 53, Haut. 0,41.
54. — Lampe en verre à ornements et inscrip-
tions en divers émaux. L'inscription koranique
du col est en émail bleu, tandis que celle réservée
en clair de la panse relate le nom du sultan
Barkouk. xrv° siècle. — Haut. 0w, 33.
Le pied et un morceau de la panse manquent.
53. — Col d'une lampe en verre portant une
inscription en émail bleu.
Provenance de la mosquée Barkouk. — Diam. 0,23.
56. — Lampe (la moitié du col et du pied man-
que) en verre émaillé. Elle porte sur la partie.
inférieure de la panse des panneaux à jolies ara-
besques.
Provenance de la mosquée Baikouk. — Heut. 0,38.
VERRERIE 83
5%. — Panse d'une lampe en verre émaillé,
provenant de la mosquée du sultan Barkouk.
Analogue à la précédente. — Haut. 0",23.
58. — Un grand fragment (panse et pied) d'une
lampe en verre émaillé, provenant de la mosquée
Barkouk. — Haut. 0,18.
Analogue à la lampe précédente.
59. — Col d'une lampe en verre émaillé. L’in-
scription en bleu est de petite dimension. —
Diam. 6,24.
Trouvé dans la mosquée du sultan Barkouk.
69. — Lampe en verre richement décorée de
fleurs en émail rouge, blanc, bleu, jaune et vert.
L'inscription à lettres élancées en émail bleu est
au nom d’un mamlouk d’un sultan el'Nässer (proba-
blement el-Nâsser Mohamed). Les médaïillons ren-
ferment le blason de ce mamlouk : deux raquettes
de paume adossées. Les panneaux dela panse sont
peuplés d'oiseaux. — Hout. 0,34.
Cette lampe a encore très bien gardé sa dorure et elle nous
donne une idée du bel effet que devaient produire ces lampes en
état de bone conservation.
L'inscription :
ea (+) el BAM Ut At JP Le
Parmi les œuvres faites pour son Excellence,
le sublime el Seïfi, appartenant au roi el-
Nässer.
4 Le dernier trait de la lettre s\ devrait être un LS — Nous
avons sans doute une faute à relever.
84 SALLE N° 3
K.— Lampes en verre au col décoré d’in-
scription en émail bleu enrichie de rin-
ceaux en émail blanc. Les caractères
de l'inscription de la panse sont ré-
servés en clair sur fond bleu en émail.
61. — Lampe en verre décorée d'ornements
et d'inscriptions. L'inscription du col est kora-
nique, tandis que celle de la panse est au nom
du sultan Mohamed, fils de Kalaoûn. À observer
les perles qui rehaussent les deux zones et. la
multitude d'oiseaux qui entourent les médaillons.
Provenance de la mosquée du sultan sus-nommé. x1v° siècle, —
Haut. 0,34.
L'inscription :
Des Grass Lol ob eu el LL LL 5e
op je
Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi
victorieux Mohamed, protecteur de l’état et de
la religion.
62. — Lampe en verre émaillé et richement
dorée. L'inscription nomme Taghitmor (ou
Taghitimor) mamlouk de Sâleh. Le blason de ce
personnage est répété sur le col et la panse de la
lampe ; il consiste au chef dans le signe hiérogly-
phique voulant dire : Roi de la haute et basse
[PA
VERRERIE 8
Égypte! et d'un calice sur une fasce; la base
unie. — Haut 0,39.
La panse est endommagée,
L'inscription de la panse :
Free oies (3 3% AA) y 7) JE pr!
AU LM 5 el A
Pour compte de son Excellence, le noble,
le sublime el Maoulaoui appartenant à el-Malik,
l'officier el Seifi Tagh-tmor, le secrétaire royal
(du sultan) el Sâleh.
63. — [Lampe en verre émaillé, décorée de
médaillons et d'inscriptions au nom du sultan
Hassan, provenant de la mosquée fondée par ce
sultan. XIV° siècle. — Haut. om,41.
64. — Lampe en verre émaillé. Analogue à la
précédente et de la même provenance.— Haut. 0,38.
Le col est cassé.
63. — Lampe en verre émaillé. Les inscrip-
tions des médaillons de la panse sont au nom du
sultan Hassan. xiv® siècle. — Haut. 0,29.
Provenance de la mosquée du sulten Hassan.
Le col manque.
66-25. — Lampes en verre émaillé. Le col est
décoré d'inscription koranique en émail bleu en-
richie de rinceaux en émail blanc, tandis que la
1 Voir l'intéressante étude de M. Rcgers Bey : [e blason chez
les princes musulmans de l'Egypte et de la Syrie. Séance de l'Ins-
titut Egyptien du 24 décembre 1880.
86 SALLE N° 3
panse porte une inscription au nom du sultan
Hassan. Elle est ménagée en clair sur un fond
d'émail bleu. — xvi° siècle.
La fine écriture des médaillons (sur les col et panse) est à la
louange du sultan.
A. — Lampes à pied haut :
66, Haut. 0",42; 67, Haut. 0,41 ; 68, laut. 0,41 : 69, Haut.
0,10; 70, Haut.0",40. — Le pied est cassé ; 71, Haut. 0,37.
B. — Lampes à pied bas :
72, Haut. 0w,36 ; 73, Haut. 0,36 ; 74, Haut. 0,36.
Fort endommagée. 75, Haut. 0",26.
Analogue à la précédente ; le col manque.
Ces dix lampes proviennent de la mosquée du sultan Hassan.
26. — Lampe en verre à inscriptions et orne-
ments en divers émaux. — (PI. XI).
Le texte de l'inscription sur le col est tiré du
koran, celle de la panse est au nom de Cheikhou-
el-Nâsseri.
Le texte de cette dernière est le suivant :
54
Pour l'excellent, très noble, le sublime, l’offi-
cier seigneurial el Seïfi, Cheikhou el Nâsseri
(c'est-à-dire appartenant ou ayant appartenu
comme mamlouk au sultan el-Nässer.
Les six médaillons portent le blason (rank) de cat émir; il
Consiste en une coupe sur une fasce- — Haut. 0,56.
Donnée par M. A. Rostovitz Bey. — 1886.
VERRERIE 87
22-28. — Deux lampes en verre émaillé; les
lettres de l'inscription du col sont dorées sur fond
en émail bleu, celles de la panse au nom du sultan
Hassan sont en émail blanc. x1v° siècle.
Provenance de la mosqué® du sultan Hassan.
%%. — Lampe en verre émaillé en rouge, bleu,
blanc et vert. L'inscription du col en émail bleu
ainsi que celle de la panse, ménagée en clair sur
fond bleu, est décorée de rinceaux en émail bleu.
Le nom du sultan fait le sajet du texte de la panse; trouvée
dans la mosquée du même nom. xive siècle. —- Haut. 0",37.
S0. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
interrompue par trois médaillons sur le col en
émail blanc sur fond clair est tirée du koran, elle
continue sur la panse en lettres ménagées en
clair sur le fond en émail bleu.
L'étranglement du col a une inseription pareille
à cette dernière. Elle est historique et nous révèle
le nom de l’ordonnateur :
us OÙ es dbl\ 5,2 Y\ à pe}! JE Le
AS PA
Parmi ce qui a été fait pour l'excellent, le
très noble, le sublime el-Séïfi Kan-bay el-Djar-
kassi (le circassien) nouzâm (ordonnateur:) de
l'empire!
{Titre honorifique conféré au grand vizir. — Dictionnaire de
Kazimirsky.
Kan-bay a construit une mosquée au Caire dans le quartier el
88 SALLE N° 3
Les six médaillons portent le blason de cet
émir en émail. xv° siècle. — Haut. 0,28.
S1£. — Lampeen verre émaillé. Haut. 0,37.
La grande différence entre cette lampe et toutes les autres de
la collection saule aux yeux à première vue. Cette différence
n’est nullement à l’avantage de cette lampe. Non seulement les
émaux sont sans éclat, mais les ornements ne sont pas du tout
arabes et les lettres sont d’une grande laideur. Les ornements
consistent ou en fleurs à beaucoup de ramifications, ou en petites
palmettes qui décorent les deux ceintures dont une se pose autour
de l’étranglement du col et l’autre immédiatement au-dessous.
L'application de ces ceintures qui se touchent et qui sont faites
de la même manière nous révèle le peu de sentiment artistique
de l’ouvrier. L'inscription est au nom du sultan Kaïtbaï; mais son
texte n’est pas conforme aux formules habituelles qui indiquent
les somptueux titres de ce roi.
L'inscription :
#5, EN LA 04,8 li He
a, de Gi ll
Gloire à notre seigneur, son altesse noble le
sultan possesseur, le trés noble roi, le victorieux
K'aïtbaï. Que Dieu éternise son royaume.
Khalifa. La mosquée subsiste, mais a subi plusieurs reconstructions.
Les inscriptions sur lés planches en bois du plafond donnent le
nom du constructeur, dans une autre forme : ra sal
et non comme sur la lampe : CL sb OÙ: mais la pré-
se100 du blason qui se répète plusieurs fois sur le plafond et qui
est identique aux blasons de la lampz, enlève tout doute sur li-
dentité du personnage.
VERRERIE 89
82. — Lampe en verre émaillé, de la fabrique
Brocard à Paris, achetée en 1886. — Haut. 0m,31.
83. — Lampe en verre ornée de lignes en
rouge, blanc et or. Les boules de la chaîne sont
peintes à l’intérieur de couleur à coile.— Haut. 0,25.
84. — Vitrine contenant des fragments de
lampes en verre émaillé. L'inscription des mé-
daillons est au nom du sultan el-Zäher Barkouk.
Trouvée lors de l'exécution des travaux de répa-
rations de la dite mosquée, au Caire, en 1892.
83, — Vitrine contenant des fragments de
lampes en verre émaillé. ;
A) Fragments appartenant à la lampe N° 74.
B) Fragments au nom du sultan Barkouk.
C) Fragments analogues aux lampes N° 13, 14
et 15 de la collection.
D) Fragments ressemblant beaucoup aux lam-
pes N° 18 et. 19. Très probablement de la même
provenance que ces deux lampes.
Dela mosquée du sultan Hassan.
>
II. — Heriteaux,
Les pieux musulmans offrent souvent aux mos-
quées, tombeaux ou santons, des tablettes en bois,
en cuir ou en papier sur lesquelles sont repro-
duites en belle écriture des sentences religieuses,
90 SALLE N° 3
des invocations ou des citations du livre saint. Les
pièces formant la collection du musée présentent
des écritures fort soignées, richement décorées
d'ornements. Il y en a même qui contiennent des
aquarelles représentant la Kaaba et ses environs.
Ces tablettes datent des derniers siècles et on
ne peut pas naturellement comparer leurs orne-
ments aux belles enluminures des korans dont la
Bibliothèque Khédiviale est si richement pourvue.
86-93. — Écriteaux contenant des invocations
à Dieu. Autour d’un croissant en or qui occupe le
milieu il ÿ a les noms des khalifes. La plupart de
ces écriteaux sont décorés d’ornements.
86. — Dans le couronnement, il y a des fleurs
peintes. — Haut. 0,75.
83. — En haut, il y a le dessin de la Kaaba.
Fait par Mir Mohamed Tayyib dans l’année 1207
de l'hégire (1792). — Endommags. Haut. 0m,92.
88. — Lecroissantest peint en bleu.— Haut. 0,71.
89. — Fait par Mohamed Amin Nouri. —
Haut. 0,93.
90. — Fait par Omar Agha. — Haut. om,91.
94. — En haut, il y a le dessin de la Kaaba. —
Haut. 0,25.
92. — Fait par Moh. Amin, année 1195 de
l'hégire (1780). — Haut. 0m,67.
. 98. — Ecrit par Moustapha Zohni Zada, année
#194 de l'hégire (1780). En haut, il y ale dessin
de la Kaaba. — Haut. 0n$6o.
ÉCRITEAUX 91
94. — Écriteau fait par Khalil Châbân en 1230
de l'hégire (1814). Au milieu, une étoile formée
par le nom d’Ali, écrit cinqfois. — Haut. 0,77.
953. — Écriteau, au milieu il y a le nom d'Al
répété quatre fois, en haut un verset du koran et
autour les noms des quatre khalifes. — Haut. 0,63.
98. — Écriteau en caractères persans contenant
des louanges à la mémoire d’un mort.— Haut. 0,48.
97. — Écriteau en caractère soulous et naskh.
Fait par Houssein el-Saïdi ibn Moustapha, année
1215 de l'hégire (1800). — Haut. 0»,66.
- BS. — Poésie faite par Ahmed el-Menoufi el
Azhari en 1217 de l'hégire (1802). — Haut. om, 72.
99.--Écriteau contenant les mots: à 4 2Y2 À
Lui est le créateur, l'éternel ! Écrit par Mobha-
med Amin, an 1206 de l'hégire (18/44) — Haut 0,50.
409. — Écriteau portant les noms d'Allah, de
Mohamed et des quatre khalifes.— Haut. om, 55.
404. — Écriteau contenant un verset du koran,
daté del’année 1194 de l’hégire (1780). — Haut. 0,44.
4102. — Ecriteau. Lettres en caractère soulous,
l'encadrement porte des traces de dorure. —
Haut. 0,13.
403. — Écriteau. Lettres en couleur blanche
sur fond bleu, faites par Mohamed Noûr el-Dyn.—
Haut. 0,53.
104. — Écriteau. Louanges adressées à la reli-
gion musulmane. Lettres dorées sur fond bleu. —
Haut. 0",30.
.*
92 SALLE N° 3
4103.—Table sur laquelle est dessinée la Kaaba
avec ses environs. Don de Mohamed Agha à la
mosquée de Sayedna el-Houssein, en 1282 de l’hé-
gire (1865). — Haut. 0,70.
106. — Écriteau en tissus. Lettres en soie
blanche sur fond en soie rouge; paroles sacra-
mentales musulmanes et versets religieux. Prove-
nance de la mosquée de Sayedna el-Houssein. —
Haut. 0m,75. — (PI. XID).
Comme le musée n’a pàs une collection des produits textiles, cet
objet a été laissé parmiles écriteaux où il a été classé originalement.
407. — Écriteau sur lequel est inscrit un verset
du koran. — Haut, 0m, 43.
108. — Écriteau en papier doré sur fond bleu
contenant quatre fois le nom de Mohamed en
caractères coufiques. — Haut. 0,51.
409. — Écriteau contenant une invocation à
Dieu, et les noms d'Allah, de Mohamed, d’Abou-
bakr et d’Osman, le tout en caractères coufiques.
— Haut. 0,146.
#10. — Invocation à Dieu. Les lettres sont en
jolis caractères coufiques appliquées sur cuir. Le
cadre porte une inscription coufique carrée, dé-
coupée en papier et également appliquée. —
Haut. 0,78.
411. — Écriteau au nom du Prophète. Lettres
en caractères coufiques carrés sur fond blanc ;
entourées d’ornements. — Haut. 07,31.
MuSÉz ARABE.
2 RE ? Fra :
La -2e
RTE
Ne
JS:
ÉCRITEAUX 93
\
412, — Écriteau au texte >) O2 a\ ce
Au nom de: Dieu clément et miséricordieux.
Fait par Moustapha ibn Ayyoub, 1203 de l'hégire
(1792). — Haut. 0,23.
413. — Photographie d'un écriteau contenant
une poésie en souvenir de la dame Charaf Hânem,
en langue persane. De l’année 1250 de l'hégire
(1834). — Haut. 0w,58.
#44. — Écriteau contenant le nom d'Allah,
du khalife Ali, et des anges. — Haut. 0,38.
415. — Ecriteau en langue persane. Louanges
de Houssein (petit-fils du Prophète). Les lettres
sont en caractères soulous. Ecrit par Aly el-Ouasfi,
— Haut. 0,56.
416. — Deux vers écrits en caractères persans
faits par Ass’ad Samarkandi, en 1241 de l'hégire.
(1825). Le fond de cette tablette est décoré de
fleurs peintes. — Haut. 0",43.
417. — Ecriteau en caractères soulous, fait
par Moustapha Khoga el-Ayyoubi,1238 de l'hégire
(1822). — Haut. 0,34.
418. — Ecriteau. Invocation à Dieu et un
verset découpé en papier blanc sur fond rouge. —
Haut. 0,33.
419. — Ecriteau surfond bleu et fleurs peintes,
fait par Moustapha. — Haut. 0»,32.
Écriteaux à lettres dorées sur fond noir.
120, — Ecriteau à lettres dorées, écrites par
94 SALLE N° 3
Mass’oud el-Rifati, 1226 de l'hégire, (1811). —
‘Haut. 0,27.
429. — Écriteau. Deux vers à la louange des
descendants de Fatma (fille du Prophète). —
Haut.0m,22.
#22. — Ecriteau fait par Abdel-Kérim Sâlem,
1230 de l’hégire (1814). — Haut. 0,20.
423. — Ecriteau enlangue persane.— Haut, 0,29.
424. — Écriteau en caractères persans. L’éceri-
ture estnoire, contournée de lignes bleues, le fond
est doré. Fait par el-Hag Mouräd Bey, chef des
pèlerins pour la Mecque. — Haut. 0,33.
#2%3. — Écriteau portant le tourra (nom) du
sultan, un verset adressé au Prophète, et deux
vers en langue persane. — Haut. 0,34.
#28. — Ecriteau en caractères persans, conte-
1!
nant la phrase ; «il Je ES", Je me fie à Dieu.—
Haut. 0,22.
#22. — Ecriteau imprimé en caractères sou-
lous, contenant les paroles sacramentales. 1282
de l’'hégire (1865). — Haut. 0,39.
428. — Ex-voto contenantle nom du Prophète
en caractères soulous, — Haut 0.",24.
429. — Ecriteau en cuir portant lenom d'Allah
et du Prophète. La bordure est peinte également
d'inscriptions et d’arabesques. — Haut. 0", 61.
DIVERS 9
III. — Hivers.
130. — Lustre en bronze ayant la forme d’une
pyramide octogone à trois étages .Le premier et le
troisième étage sont percés ; celui du milieu est
plein et est gravé d'inscriptions.
Provenance de la mosquée el-Kädi Abd-el-
Bâsset, au Caire. — Haut.2",25, — (PI. VII).
134-182. — Deux lustres en bronze, en
forme de pyramide, couverts d'inscriptions et
d'ornements gravés. Provenance de la mosquée
de l'épouse du sultan Kaïtbaï à Fayoum. — xv°
siècle.— Haut. 4,15.
433. — Lanterne en bois, à forme hexago-
nale, peinte et dorée. Trouvée dans la mosquée
Saria el-Guebel, à la citadelle. — Haut. 1,10.
434. — Six vitraux en plâtre et verres colo-
TLÉS. — Haut. 0w,60. — 1,97.
— 2 1T DER :S Jo ——
Boiseries.
” Si l’on considère combien l'Égypte est pauvre
en bois, l’on ne peut qu'apprécier davantage le
riche emploi qui en a été fait et l’habileté artisti-
que déployée par les ouvriers qui l'ont travaillé.
Grâce à la sécheresse du climat, le bois à pu
jouer, même dans les constructions, un rôle très
important. Les piliers de la mosquéed’Ibn Touloun
qui datent de plus de mille ans ont leurs tirants
en bois et les plus anciennes coupolesen briques
contiennent tout un système de chaînage en bois.
Nous pouvons mentionner également la frise en
bois de cette même mosquée qui renferme, sculpté
sur les faces, le koran entier en lettres coufiques.'
1 M.E. K. Corbett Bey dans sa publication : The life and works
Of Ahmad ibn Tulun (Journal ofthe Asiatic Sociely) nous enlève
cette illusion que nous eussions aimé conserver. D’après Corbett
Bey, les planches en question re peuvent contenir que 1/17 du
koran. Nous profitons de celte occasion pour rectifier une erreur
qui s’est glissée dars l'ouvrage de M. Corbett. Les lettres ne sont
pas découpées en bois et clouées sur la frise ‘‘each letter is cut out
in solid wood and fixed on to the Eoard”, comme il le prétend, mais
découpées en relief sur la planche même.
BOISERIES 97
Le bois a été plus particulièrement employé
pour la construction des plafonds. La plus an-
cienne mosquée que nous possédions, celle d'Ibn
Touloun, avait une couverture en bois! dont les
solives étaient visibles. ;
Ces solives se composaient d'un tronc de dattier
scié en deux et dont les trois faces visibles étaient
recouvertes de planches. L'espace compris entre
les solives était coupé par des traverses qui for-
maient avec les solives des caissons peu profonds.
Ce mode de couverture a été employé les pre-
miers temps et il s'est conservé à travers les plus
belles époques jusq#'à nos jours, avec les modifi-
cations amenées par le développement du senti-
ment artistique. Un second systèmede couverture
consistait à plafonner les solives avec des planches,
enfin une troisième manière, et celle-ci était la
plus riche, consistait en un plafonnage dont la
surface présentait une composition de stalactites.
Dans aucun des systèmes que nous venons de
citer les plafonds ne restaient nus ; ils étaient
toujours peints, dorés, à ornements sculptés ou,
au moins, modelés en stuc.
Les couvertures n'étaient jamais posées direc-
tement sur les murs ; il y avait toujours entre mur
: Dans les travaux de conservation exécutés récemment par le
Comité des Monuments, on n'a pu conserver qu’une pelite partie de
l’ancien plafond.
98 BOISERIES
et plafond un élément de passage, comme vous-
sures, stalactites, etc. Ce passage, une nécessité
esthétique, était traité avec la même richesse, la
iênie splendeur que le plafond lui-même, et il
présentait tout ce que l’art arabe pouvait offrir de
mieux au point de vue de la perfection, de la
forme et des couleurs.
Ces couvertures, dont des spécimens d’une rare
beauté nous ont été conservés, n'étaient pas une
spécialité des édifices religieux, mais elles étaient
aussi employées dans les constructions profanes.
Les quelques vestiges que l’on retrouve dans les
palais et les maisons qui datent de plusieurs
siècles nous le prouvent surabondamment.
Mais où l’art de travailler le bois s’est déve-
lôppé à un rare degré de perfection sous tous les
räpports, c'est dans la construction des portes,
volets, chaises, pupitres, caisses de korans, tables,
tabourets, banquettes, etc. Ces derniers objets
constituent la collection, du reste très restreinte,
des meubles en usage chez les Arabes.
_ Däns le travail des surfaces, on emploie deux
systèmes : l'assemblage ou le bois tourné ; les
deux modes constituent une spécialité de la boi-
Serie arabo-égyptienne.
ATCE
ÿ Fr palais, de, Vémir 8 chtäk, ‘du XIV: ‘siècle, dans læ rue el
Nahassyn, a maison de Res el Dÿyn el Zahabi, du X VIle siècle,
dans le quartier el Ghoùrieh.
BOISERIES 99
Le premier de ces systèmes présente les faces
pleines, le second les faces à jour. Considérons de
plus près la première manière.
I
Déjà, dans les plus anciens morceaux, nous re-
marquons une tendance à augmenter le nombre
des cadres ; ensuite, ils ont été tellement multi-
pliés que l’on a créé toute une structure de cadres
polygonaux dont les panneaux quelquefois ne dé-
passent pas un centimètre de superficie.
Ce qui a porté les Arabes à employer ce système
de cadres multiples, indépendamment de leur
amour pour le jeu des lignes, c’est sans doute le
chmat, qui demande plus de joints et moins de
surfaces. Et si la cherté de la matière première
n'entrait pas pour une partie dans le calcul de
l'artiste, c’est un heureux hasard qui lui permet-
tait de se servir même des plus petits morceaux
de bois. Cette dernière considération trouvera
son importance quand nous traiterons des travaux
en bois tourné.
L'ornementation des surfaces est obtenue soit
par la sculpture, soit par l’incrustation, soit par
la peinture.
La mosquée d’Ibn Touloun nous présente le plus.
ancien exemple de sculpture dans les plafonds des
baies de ses portes (N° 75 du couloir); vient en-
suite la porte N° 1 du même couloir.
100 BOISERIES
Ces sculptures sont en forme de volutes qui pé-
nètrent assez profondément dans la masse. Dans
leurs compositions, elles nous rappellent les feuil-
lages de l'ornementation byzantine. Ce fait ressort
davantage encore dans la sculpture des pièces de
bois qu’on extrait destombeaux musulmans qui se
trouvent dans le terrain d'Aïn Sîra, au sud du
Caire, et qui datent aussi des premiers siècles de
l'hégire.
De ce que nous devons conclure des sculptures
en bois qui se sont conservées jusqu'à nous et
qui datent du x° et du xrre siècle, nous sommes
portés à croire que le même caractère d’ornemen-
tation s’est conservé pendant tout le cours de ces
siècles.
Dans le xrrr° siècle, nous observons une éman-
cipation des formes jusqu'alors usitées : les pan-
neaux deviennent plus petits, les lignes plus
minces et multiformes (Voir Les N° 49 et 50 de
la 4e Salle etle N° 46 dela 15% Salle). Le spécimen
de ce dernier (N° 46) provient d’un placard de
l'annexe du tombeau du sultan Sâleh Ayyoub
(1249 après J.-C.)
Dans cette mosquée funéraire, nous trouvons
un tombeau qui nous représente déjà le premier
“exemple d'un travail très avancé. Les petits pan-
neaux sont groupés dans des étoiles hexagonales
-dont la sculpture contient des découpures très
fines.
BOISERIES IOI
Ce que l’on doit plus spécialement observer
dans cette sculpture, ce sont les fruits baccifères
qui se retrouvent généralement dans un grand
nombre de travaux en bois du xrr° siècle (N°
PROD CE OS):
Parmi ces objets, il faut remarquer particuliè-
rement la niche à prière qui a été prise dans la
chapelle funéraire de Sitta Roukaya (N° 62). Cette
niche nous présente un développement typique et
tout spécial d’ornementation. La caractéristique
nous est donnée par des rinceaux en branches qui
s’échappent d'un vase.
La beauté de la'composition sculpturale atteint
son plus grand éclat dans le x1v° siècle, sous
le règne du sultan el-Nâsser, qu’on peut appeler
le siècle de la splendeur des arts en général.
Avec lui concourent à ce développement les mem-
bres de sa famille et tous les dignitaires du pays.
Déjà, dans certains travaux du x1v° siècle, nous
pouvons constater que les panneaux contiennent
des filets de bois de couleur et d’incrustation tout
autres. C’est le cas du tombeau en bois de Säleh
Ayyoub que nous avons cité; plus tard ces filets
redoublent et même tout le champ est en bois
incrusté.
Vers le xv® siècle, apparaît un autre mode d’in-
crustation : l’ivoire, dont nous parlerons à la fin
de cette étude.
Les ouvriers cependant ne se sont pas toujours
102 BOISERIES
servis de ces moyens pour obtenir le beau ; sou-
vent, il leur suflisait de planches rabotées pour
produire par de simples sculptures des effets vrai-
ment artistiques. La collection du musée a un
nombre assez considérable de ces produits, sur
lesquels les effets sont obtenus au moyen de
sculptures en inscriptions ou en ornements. À
cette catégorie appartient la porte N° 5 qui se
trouve dans le couloir.
Les bois qui datent de la domination turque
sont travaillés d’une manière plus simple ; cepen-
dant la subdivision en petits panneaux y est
maintenue, bien qu'ils soient rarement sculptés
ou qu'ils contiennent tout au plus une inscription.
Ce que l’on trouve à cette époque, ce sont les
incrustations en bois et en ivoire auxquelles on
a ajouté l’écaille et la nacre.
Dans le Delta se développe un autre genre de
travail qui consistait à imiter au moyen d’entailles
les travaux d'assemblage.
Nous ne terminerons pas la première partie de
notre étude sur le bois sans faire mention de la
création singulière du panneau N° 54, Salle N° 4,
et de Ia porte N° 4, qui se trouve dans le
couloir. Nous rencontrons dans ces deux objets
des sculptures représentant des figures d’hom-
mes et d'animaux. Nous avons déjà eu l'occa-
sion de nous occuper de cette licence de l'artiste
arabe.
BOISERIES 103
II
Nous arrivons maintenant à l’autre particularité
de la boiserie arabe : la représentation des sur-
faces au moyen de pièces tournées ou machrabieh.
Dans le pays, on appelle simplement machra-
bieh tout travail en bois tourné. Le mot “machra-
bieh”, qui désigne ce genre de travail, nous vient
de très loin et estune forme de D ,a}\ (El-Charb)
action de boire ; ‘‘machrabieh” veut donc dire :
‘L'endroit où l’on boit”!.
Cette dénomination provient des petites baies
en boisttourné qui s’avancent en dehors et qui
sont destinées à recevoir la kolla, récipient po-
reux servant à rafraichir l’eau par courant d'air
(N° 3 du couloir.) Il n'y a pas de doute que cette
même dénomination, qui tire son origine des ‘‘pe-
tites baies”, ait été employée d’abord pour dési-
gner la totalité du balcon et ensuite tout travail
en bois tourné et à mailles serrées?. Fi)
Si l’on considère la façon primitive de travailler
des tourneurs arabes, on est porté naturellement
1 La véritable expression de l'endroit où l’on boit serait : mach-
raba, mot qui, avec le temps, s’est corrompu et est devenu ‘‘mach-
rabieh”.
2 Les petites siillies qui se trouvent au premier étage des mi-
narets portent aussi la dénomination de ‘‘machrabieh”, très proba-
blement à cause de leur ressemblance avec les “machrabah? en
question.
104 BOISERIES
à croire que cette industrie date d’une époque
très éloignée ; et, s’il ne nous reste pas de traces
de leurs premiers travaux, il faut l’attribuer à la
fragilité extrême du produit. En réalité, nous
avons très peu d'anciens spécimens de cette in-
dustrie, nous ne pouvons guère compter que le
grillage qui entoure le tombeau du sultan Kalaoûn.
Les balustres y sont massifs et contiennent des
ornements entaillés. Quant à la finesse de la véri-
table machrabieh, il n’en est pas plus question ici
que dans les rampes du minbar de la mosquée
d'Ibn Touloun.
Dans cette dernière chaire, cependant, nous
trouvons un grillage à mailles plus serrées avec
des nœuds incrustés'.
En 13/44, nous trouvons le véritable système de
machrabieh dans la mosquée de l’émir el-Mär-
dâni. Dans les cloisons qui séparent le sanctuaire
du reste de la mosquée, il y a, parmi plusieurs
qualités de bois tournés, un motif d’hexagones
liés entre eux par de petits morceaux cylindriques
formant un des nombreux systèmes de mach-
rabiehs.
Au commencement du siècle suivant, nous
3 Ce minbar a été donné parle sultan Ladjyn. Stanley L. Poole,
dans sou ouvrage précité, dit que le minbar existant aujourd’hui
n’est pas l’authentique(page 130). Cette affirmation n’est pasexacte ;
l’ossature existe, seulement les pannéaux manquent ; mais quel-
ques-uns d’entre eux se trouvent au Kensington Museum, à Londres.
BOISERIES 105
trouvons déjà de très beaux modèles (rampe du
minbar dela mosquée el-Mouayyed) qui ont atteint
du temps de Kaïtbaï le plus haut degré de per-
fection dans leurs variations.
. À ce propos, nous devons citer le panneau en
machrabieh placé au-dessus de la porte du minbar
de la mosquée Abou Bakr Mazhar, qui contient
une belle inscription en caractères coufiques.
. Naturellement, les machrabiehs ont dû jouer un
rôle principal dans les maisons, où leur présence
contribuait à ménager une douce lumière, à per-
mettre l’accès de la brise et à faciliter en même
temps les regards à l'extérieur, sans que l’œil in-
discret du passant y puisse pénétrer.
On peut juger par la commodité des machra-
biehs, combien leur fabrication a dû être consi-
dérable, et elle l'a été effectivement jusqu'à nos
jours. Mais l'introduction des persiennes euro-
péennes et l'emploi des «chichehs », grillages
en baguettes superposées, ont remplacé presque
entièrement l'usage de ces gracieuses boiseries.
Les baies en machrabiehs qui garnissent en
grande quantité et sous les formes les plus va-
riées les façades des maisons, leur donnent un as-
pect très décoratif ; elles offrent de belles lignes
et, avec les encorbellements, contribuent à les
animer et à les embellir.
IL est tout à fait impossible de décrire ici les
différentes espèces de machrabiehs ; les combi-
106 BOISERIES
naisons les plus variées s’o ‘rent ànos yeux; tantôt
le tout est un produit du tour, tantôt des morceaux
découpés en triangle et en polygone se trouvent
combinés avec des pièces tournées (PL XVI). En
éliminant les baguettes de conjonction, on ob-
tient des dessins variés. Quelquefois c’est en ajou-
tant de ces baguettes que l’on arrive au même
résultat. De cette manière on produit des in-
scriptions et des figures (N° 29 de la 7° Salle).
Comme nous l'avons déjà dit, quelquefois les
nœuds sont sculptés ou incrustés d'ivoire ou d’au-
tres matières.
Un autre système de grillage est celui que l'on
construit avec des lattes superposées les unes sur
les autres, ordinairement à angles droits, à une
certaine distance. Les jours ainsi obtenus sont
transformés en figures géométriques variées en
sciant les espaces des lattes restées libres.
C’est particulièrement dans le Delta que l’on
trouve ces grillages, dont l'effet est incontestable.
Ce court essai, destiné à initier le lecteur dans
la connaissance de la boiserie arabe, se réfère
aux collections des Salles N°% 4%, 5 et 7, du
couloir et de la première annexe.
Evoire.
Nous avons déjà mentionné plus haut l'ivoire.
Nous nous bornerons à ajouter que ce produit a
été employé avec prédilection par les artistes ara-
bes, soit pour en faire des panneaux entiers, soit
du moins comme moyen d’incrustation.
Dans le premier cas, il était rarement lisse,
le plus souvent il était orné d'inscriptions ou
d’autres sculptures.
L’ivoire jouait déjà dans la seconde moitié du
vie siècle un rôle important dans la petite in-
dustrie. Nous le trouvons d’un emploi général à la
fin du xv° siècle.
L'ivoire combiné avec l’ébène, l’étain, le bois
rouge, etc., formait une mosaïque très fine qui
s’employait comme bordure et comme champ où
même comme couverture de meubles entiers
(N° 55-60 de la 4° Salle).
I n'y a pas d'objets complètement en ivoire
si ce n’est quelques rares spécimens disséminés
dans les divers musées d'Europe; cependant il ny
a pas de doute que l'ivoire ait été un puissant
auxiliaire dans l’art arabe, attendu qu'il s’est
toujours trouvé à la portée de l'artiste égyptien.
SAIT N° €
4. — Fragment de boïs, ornements sculptés
à traces de dorure et de peinture. Provenant du
plafond de la mosquée el-Märdäni, xrv°siècle. —
Long. 2,50.
2. — Deux battants d’une porte. Les pan-
neaux supérieurs et inférieurs en bois tourné, les
compartiments du milieu en petits panneaux
assemblés. Ces derniers sont incrustés d'ivoire.
Provenant d’une maison. — Long. 2,96.
3. — Bois. Écusson sculpté et doré au nom
(toughra) du sultan Mahmoud, mort en 1255 de
l'hégire (1841). Provenant d'une petite mosquée
à Darb el-Asfar, au Caire. — Long. 0", 66.
4, — Fragment de bois (dessus de koursi)
couvert d’une mosaïque fine en ébène, ivoire et
étain. — Long. 0,51.
__ 5. — Coffret d’offrandes de mosquée, en bois
incrusté d'ivoire. — Long. 0",62,
6. — Deux œufs d'autruche, inscriptions et
ornements gravés. — Haut. 0,17.
Ils servaient à orner des lampes dans la mosquée de Sayed el-
Badaoui, à Tantah.
BOISERIES 109
7. — Deux plaques enivoire avec inscriptions
et ornements sculptés, provenant de la mosquée
du sultan Châbân, x1v° siècle. — Long 0,56.
Le texte -incomplet de ces panneaux sert à perpétuer le sou-
venir de la construction d’une mosquée (madrassa).
8. — Fragmentd’'une planche en bois, revêtue
d'une mosaïque fine en ébène, ivoire et étain. —
Long. 0,15.
9. — Fragment d'os de chameau portant in-
scription en couleur noire.
Long. 0",20. Don de M. Philip. 1887.
40. — Corne provenant de la mosquée de
Sayed el-Badaoui à Tantah.— Long. 0,41.
4%. — Serrure (dabba) en bois, incrustée de
nacre. — Long. 0m, 15.
#2. — Cassette en bois peinte d’ornements,
provenant de la mosquée Sayedna el-Houssein,
au Caire. — Long. 0,70.
Cette cassette servait à renfermer les reliques du Prophète qui
sont conser vées dans la mosquée susmentionnée.
43. — Écriteau en bois, à lettres en stuc et
dorées, provenant de la mosquée de l’Imâm el-
Chafey. En haut le nom de Dieu, du Prophète, des
khalifes et de Hassan et Houssein. Le milieu est
occupé par un verset reproduit deux fois etformant
symétrie. En bas, un autre verset. — Haut. 0w,75.
44. — Six petits panneaux en bois, avec sculp-
tures d’arabesques. — Long. 0",11-0",22.
45. — Panneau en bois, inscription sculptée.
&
110 SALLE N° 4
Après un verset du koran on lit la date 1175 de
l'hégire (1776). — Long. 0,37.
Cette pièce et celle du numéro précédent proviennent d’une
ville du Delta.
46. — Panneau en bois, avecinseriptions sculp
tées provenant du minbar de la mosquée du sultan
Djakmak au Caire.
En voici le texte :
Bi I SUBI 694 4 Lula Lil
o ya Je dti ha #\ SES
La construction de cette chaire bénie a été
ordonnée par notre seigneur, le sultan, le roi el-
Zaher Mohamed Abou Say ed Djakmak. Que sa
victoire soit exaltée. — Long. 0,35.
#3. — Plaque à inscriptions du cénotaphe
N°or en commémoration du cheikh Ali el-Bakli,
mort en 696 de l'hégire (1296). — Long. 1,07.
48. — Plaque commémorative en boïs, inscrip-
tions sculptées, analogues à celle du N° 16. Même
provenance. — Long. 0m,15.
49. — Plaque commémorative pour le don d’un
pupitre et d’un koran fait par le sultan Kaïtbaï.
Xxve siècle. — Long. 0m.34.
Inscription :
ALU LS. e Q cn Et et Lac,
o À) je ab al #\ ci 2
Ce noble livre et le papitre ont été légués
BOISERIES III
par notre seigneur, le sultan, le très noble roi,
Aboul-Nasr Kaïtbaï. Que sa gloire soit exaltée.
20. — Partie d'une plaque commémorative en
bois, incrustée d'inscriptions. La plaque porte la
date de 874 de l'hégire (1469); elle provient de
la mosquée du sultan Djakmak. — Long. 0,41.
214. — Deux fragments d’un cénotaphe ancien,
en travail d'assemblage. Les panneaux contien-
nent des inscriptions et des ornements très fine-
ment sculptés. — Long. 0w,14.
Ces deux intéressants morceaux ont été trouvés engagés dans
le cénotaphe primitif où nous les voyons actuellement. Ils ont été
transportés au musée de la mosquée de l’imâm el-Chafey.
22. — Porte en bois, à deux battants, formée
de petits panneaux assemblés et incrustés d'ivoire.
Provenance de la mosquée de l’émir Ezbek el-
Youssefi, au Caire, xv° siècle. — Long. 1",92.
23. — Deux battants d'une porte en bois,
panneaux assemblés et incrustés d'ivoire et d’é-
bène. Les champs d'ivoire sont ornés de sculptures.
d’arabesques. Provenance de la mosquée el-Bakri
à Haret el-Otoûf, au Caire.— Lorg. 1,71.
Les panneeux du haut de la porte ont été enlevés.
24. — Plaque commémorative d'un minbar
(chaire) de la mosquée de Kadi Yehya Zein el-
Dyn, à Boulaq (aujourd’hui connue sous le nom
de Gâma el-Mahkama), du xv° siècle. — Long. 0m,76.
L'inscription rappelle la restauration de cette mosquée par crdre-
du sultan Kaïtraï et par les soins de Khaouàâza Moustapha.
112 SALLE N° {
23. — Panneau en bois, ornements sculptés.—
Long. 0,48.
26. — Panneau en bois blanc à ornements et
sculptures entourés de filets en ébène.— Long. 0,36.
2%. — Fragment du linteau du minbar de la
mosquée el-Amaoui, à Assiout. — Long. 1,00.
Dans l'inscription sculptée en caractère cou-
fique nous relevons les mots :
SRE) ose lt ose à Hé eV] (Er UN 4 CL AU
... notre seigneur etmattre, l’imâämel Mostan-
ser Billah, prince des croyants...
Mostanser Billah était le cinquième des khalifes fatimites en
Egypte. 1l régnait de 1036 à 1094 après J.-C.
28. — Panneau en bois à ornements sculptés.
— Long. 0,35. |
29. — Panneau carré en bois, ornements sculp-
tés. — Long. 0"09.
30. — Pièce d'un encadrement en bois sculpté.
— Long. 0",60.
31. — Coin composé de stalactites, formé de
morceaux de bois assemblés. — Long. 4,15.
32. — Mihräb en bois, orné de sculptures.
La niche est flanquée de deux colonnes. Ce
mihrâb et la plaque mentionnée au N° 34 ont été
enlevés à la mosquée el-Azhar, la grande uni-
versité des musulmans. Bien que ces deux pièces
n'aient pas été trouvées au même endroit de cette
BOISERIES F13
mosquée, il y a beaucoup de probabilités pour
qu'elles aient formé un même objet. — Haut. 1,65.
L'emploi du dattier pour former le creux, les lignes simples, le
feuillage sobre d’ornements, indique suffisamment les premiers
temps de l’art arabe. La table à inscription du N° 34 est du:
XIIe siècle.
33. — Mihräb (niche de prière) en bois, formé
de petits panneaux sculptés. L'inscription tirée
du koran est en caractère coufique. Provenance
de la mosquée de Sitt Nefisah. Très probable-
ment du xr siècle?. — Haut. 4,92.
Trace d’une mauvaise réparation.
34. — Plaque commémorative en bois sculpté
pour la construction d’un mihràb (niche de prière)
dans la mosquée el-Azhar. Les inscriptions en
caractères coufiques portent la date 519 de l'hé-
gire. (1125) et le nom du sultan fatimite Amer bi-
Ahkäm Allah. — Long. 14",2?,
Cette plaque formait très probablement une partie complémern-
taire du mihràb No 32.
35-36. — Panneaux en bois perforés et sculp-
LéS. — Lorg. Cv, 45 et 0,49.
3%. — Porte secrète en forme d'armoire. Au
milieu, une petite porte aux panneaux incrustés
d'ivoire. Tout autour, des compartiments pour
recevoir des vases et autres objets. — Haut. 1,59:
1 Voir l'étude de M. Paul Ravaisse : Sur trois mihräbs en bois
sculpté, dans les mémoires présentés et lus à l’Institut Egyplien. —
Le Caire, 1889.
2 Voir l'étude précitée de M. P. Rayaisse.
114 SALLE N° 4
38. — Deux panneaux de boiserie, le champ,
en ivoire, est uni et bordé de fines mosaïques. —
Long. 0,07.
3%. — Quatre panneaux en boiserie. Le champ
en mosaïques est entouré de filets en ivoire. —
Long. 0,05.
4@. — Quatorze panneaux de boiserie; quel-
ques-uns sont incrustés d'ivoire, d’autres sont
SCUIpLÉS. — Long. 6,03 — 0m,11.
4%. — Deux petits panneaux en ivoire incrus-
tés d’ébène, ivoire et bois rouge. — Long. 0»,04.
42. — Trois panneaux en bois incrustés d’une
mosaïque en ivoire et ébène. — Long. 0,08.
48. — Fragment d'un vantail de porte. Travail
d'assemblage, à panneaux sculptés ou incrustés
d'ivoire. — Haut. 0,81.
44. — Trois plaques d'ivoire, inscriptions
sculptées et enrichies d’ornements. — Long. 0"c6.
Le texte des deux grands panneaux se complète :
cl, \5 s\\ job Ba
Le roi el-Nâsser, protecteur de l'Etat et de la
religion.
La troisième pièce est un fragment.
43. — Quatre plaquettes d'ivoire, avec orne-
ments sculptés. — Long.om416. — (PI. XV).
4&. — Six panneaux d'assemblage de boiïserie,
incrustés d'ivoire. Champ uni, bordé de filets. —
Long. 0w,07 à 0,10.
BOIsERIES 115
4%. Solive en bois sculpté et portant des
anneaux en fer, provenant du mausolée du sultan
el-Ghoûri. xvi° siècle. — Long. 3 90
Cette poutre servait à y attacher les chaînes de lampes.
48, — Coffre enboisavec inscriptions sculptées
et de jolies peintures-arabesques. L'intérieur est
également peint. Nous apprenons par l'inscription
que ce coffre a été fabriqué par ordre du très
noble sultan Kansoü el-Ghoüri pour contenir le
koran.
MN OL 395 + + et ca oies
a à de es) il ail pal 41 C5 ,:M
Ce coffre appartient à la fin du xv° siècle ou au
commencement du xvi° siècle. — Long. 0",79.
Les pièces de ce coffre sont arbitrairement assemblées. L’in-
scription du front est renversée.
49-59. — Trois côtés d’un cénotaphe, orne-
ments et inscriptions sculptés, provenant d’un
tombeau près de la mosquée de l'Imâm el-Chafey.
Ces pièces se distinguent autant par la beauté
desornements que par la richesse de leurs inserip-
tions.
Cette dernière nous apprend que le cénotaphe
a été érigé pour: sta) © 17 Gr \|) >
Hosn el-Dyn Tâleb, fils de Yacoub, — Long. 1",80-
9m,85.
La date 613 de l’hégire (1216) est inscrite sar le quatrième côté
116 SALLE N° {
qui se trouve aujourd'hui dans le South Kensington Museum F
Le hasard a fait découvrir le cénotaphe d’où proviennent ces
pièces. Ilse trouve dans un oratoire, reste d’une mosquée funé-
raire, connus sous le nom de Sàädât el-Talka. Ce cénotaphe a
encore conservé l'empreinte du revêtement eu bois. Les dimensions
de cette empreinte correspondent exactement aux pièces sus-
indiquées.
La plaque en marbre, couverte d’une inscription ancienne,
scellée à la tête du cénotaph*, porte lenom du même personnage
que nous venons de menticnner.
Il est à remarquer que 1: bois avait servi à un autre usage avant
son emploi pour ce cénotaphe, car le revers est aussi travaillé.
Les ornements du revers sont dans le style employé du temps
d’Ibn Touloun. Ils sont d’un tel relief que les enteilles percent à
plusieurs endroits les sculptures plus récentes de la face.
31. — Deux panneaux à inscriptions sculptées,
portant le nom du sultan Barkouk. xiv° siècle. —
Long. 0m40,
Texte de l'inscription :
opai j8 335 » _A\BI\ EU DAT
Gloire à notre seigneur le roi el-Zäher Bar-
kouk. Que sa victoire soit exaltée.
52. — Trois panneaux à ornements sculptés.
Ces panneaux ont été trouvés dans le Delta.
— Long. 0,"32. Travail d’une époque récente.
53. — Petit panneau à ornements sculptés. —
Long. 0®,18.
4 Voir fig. 41 de The art of the Saracens in Egypt, by Stanley
Lane-Poole, 1888.
FA PI. XIII
.
182
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y UN À ae W 1 LA
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NO XV Pal.
Musée Arabe
BOISERIES
BOISERIES bib ge
51. — Panneau de plafond provenant de la
baie d’une porte du Maristan el-Mansoùri (sultan
Kalaoûn). — Long.0m,39.
La pièce est symétrique par rapport aux deux axes. Le milieu
est un champ encadré de doubles bâtons courbes, dont les filets
forment feuillages et arabesques. En haut, dans l’axe, un autre
champ renferme deux oiseaux et dans chacun des rinceaux figure
une personne assise. Celle du côté droit boit à une coupe.
5%. — Table (koursi) en bois. Les panneaux
des six côtés sont ou sculptés ou formés de pièces
tournées. Le couronnement consiste en trois raies
de stalactites. — Haut. 0,93.
56. — Koursi en bois à panneaux en ébène,
sculptures d’arabesques. — Haut. 0,98.
Les panneaux sont bordés de filets en ivoire. Provenant de la
mosquée el-Azhar. (Réparé.)
33-60. Tables en bois recouvertes de fines
mosaiques en ivoire, étain, ébène et au tres ma-
tières.
DT. — Haut. 0,78.
58. — Trouvée dans la mosquée du sultan
el Ghoûri. — Haut. 1,41.
59, — Provenant de la mosquée du sultan
Châbân. — Haut. 1,17. — (PI. XIV).
60. — L'ouverture qui se trouve sur un côté
du koursi est surmontée d’un arc ogival dont les
claveaux sont en ébène et en ivoire. Les reins de
cet are sont ornés de médaillons qui semblent
avoir été placés après coup et contiennent sur
une fasce le losange comme blason. — Haut. 0,72.
118 SALLE N° 4
61. — Pupitre en bois revêtu de nacre. —
Haut. 1",00. $
Ce pupitre est très probablement un produit de l’industrie
syrienne, pays où la nacre s'emploie beaucoup.
62. — Niche de prière en bois sculpté prove-
nant de la chapelle de Sitte Roukâya au Caire.
L'encadrement de cette niche est composé d’u-
ne quantité de petits panneaux entièrement sculp-
tés et disposés en étoiles et en diverses figures
géométriques.
Les dessins de la niche proprement dite pré-
sentent une ornementation à peu près semblable
à celle des panneaux de l'encadrement, mais les
listels et les champs sont sculptés sur le vif du
même bois. — Haut. 2,10. — (PI. XII),
Ici il faut constater un fait curieux et rare dans l’ornementation
arabe : au dos de ce monument et sur ses deux côtés, l’ornement
de certains panneaux consiste en un vase d’où émergent d'élégants
rinceaux semés de fleurs et de fruits.
Roukäâya est la fille adoptive du khalife Ali, D'après d’autres, la
propre fille du khalife Ali est Fatima. Elle est enterrée à bamas! -
63. — fauteuil en bois tourné provenant de
la maison wakf el-Arabi au Caire. — Haut. 1,15.
64. — Battants d’une porte en pièces de bois
assemblés et incrustés d'ivoire et. d’ébène, prove-
nant de lamosquée el-Achraf — Haut. 1",98. (PI. XIID).
Ces battants sont remarquables parce qu'ils ont les deux faces
également travaillées.
Les pan:eaux oblongs du haut et du bas manquent.
1 Voir P. Ravaisse précédemment cité.
PL. XIV:
59
EX
EBENISTERIE
Salle IV
v> :
NS? PRNE
AMEN
MUSÉE ARABE.
BOISERIES 119
t
&@3. — Coffre-bibliothèque de koran, en bois,
recouvert à l'extérieur et à l’intérieur de mosaï-
ques fines. Les charnières sont en bronze incrus-
tées d'argent et d'or. Travail fort remarquable.
Le coffre est divisé en trois compartiments, chaque
compartiment en dix rainures pour les trente
parties du koran. — Long. 0,71. — (PI. XV.)
Ce coffre est de la même provenance que la table décrite sous
le N°59. Les motifs de dessins, notamment les petits arcs, soit
communs aux deux objets.
66.— Lustre à base octogonale en bronze fondu
à jour. Dans les compartiments une fleur de lis
ou un losange comme armoirie ; sur la couver-
ture en tôle repoussée, le croissant. — Haut. 4, 50,
— (PI. VI.)
Provenant dela mosquée Serghitmash, mort en 756 de l’hégire
(1355).
67. Neuf vitraux en plâtre découpé et verres
de couleur. — Haut. de 0,82 à 4,74.
68-69. — Deux planches en bois, ornées de
sculptures. Les panneaux disposés en dessins
géométriques renferment de jolies arabesques. —
Haut. 4,99 et2v,00. Trouvées dans la mosquée el-Mouayyed.
20. — Frises en bois. La surface est divisée
en champs oblongs séparés d’un petit champ en
forme d'étoile. Les premières contiennent en
inscription coufique les phrases :
MAS 2. s AA || AA
La bénédiction complète et la faveur générale.
— Long. 1",36.
120 SALLE N° 4
24-22. — Planchesen bois avec sculptures, orne-
ments et inscriptions en caractères coufiques ti-
rées du koran. — Long. 4,55.
43. — Plancheen bois couverte d’arabesques
et d’écritures en sculpture. Le milieu des étoiles est
occupé par les mots : gi j\ Za gloire éter-
nelle. — Long. 1",71.
34. — Fragment d'une planche en bois, lettres
blanches sur fond rouge, en peinture. — Long. 0,70.
33. — Planche en bois sculpté, avec panneaux
oblongs et circulaires, entourés de bandes pein-
tes. Dans le médaillon, la fleur de lis en sculptu-
re dorée; l'inscription en peinture des grands
panneaux est koranique. — Long. 2»,5.
28. — Planche en bois avec ornements et
inscriptions en peinture.
Dans le panneau de gauche, les mots: ea sal
La gloire éternelle. — Long. 1,72.
Les traits du panneau de droite ne sont pas des leitres, bien
qu'ils ressemblent au coufique.
77%. — Fragment d'une planche en bois avec
ornements en peinture. — Long.1m,50..
Les Ne: 73 à 77 ont été trouvés dans là mosquée du sultan el-
Mouayyed.
78. — Planche en bois avec inscriptions sculp-
tées des deux côtés. D'un côté, nous lisons dans
Salle IV
22e"
Var
.
Nr
HDOERIORREREX
NOR
SAT
PS Vas
Musée Arabe.
EBENISTERIE. — IVOIRE
BOISERIES I21
la seconde ligne (la première ligne ainsi que le
texte de l’autre face sont tirés du koran):
ge EM SLI Lg SA à A és Lai L “ai
à RS en :
dla il ° 2) 339 » Ce TA NAME A, Li ok
La construction de celte tombe bénie a été or-
donnée par notre seigneur, le sultan, le roi victo-
rieux, secoureur de l'État et de la religion, Abou
Säâdât Farag, fils de Barkouk. Que Dieu le très
haut le secoure. — Long. 1,63.
Provenant de la mosquée funéraire du sultan Barkouk (1:05 à
4410).
39-80. — Fragments de planche sculptés d’or-
nements. Trouvés dans la mosquée d’el-Mouay-
yed. — Long. 0,70 et 4",00.
.S4-82. — Planches à arabesques en sculpture,
provenant d'une solive du plafond de la mosquée
el-Mouayyed. — Long. 4,16.
S3-89, — Sept panneaux en bois sculptés
d'inscriptions en relief provenant de la mosquée
funéraire du sultan Barkouk.
Le texte de l'inscription :
Doi» CU» c? 2 SLA cel. LYse a ,\ L \js
C'est ce qu'a légué notre seigneur, le roi picto-
rieux Farag, fils de Barkouk. — Long. 0,72.
90. — Planche sculptée d’ornements. Long. 1",80.
91-92. — Frises en bois sculptées d’ornements
en Creux. — Long. 1",10 et 1",23.
Trou vées dans la mosquée d'el-Mouayyed.
122 SALLE N° 4
93. — Planche en bois, ornée de décorations
géométriques en sculpture. — Long. 2",03.
Les pièces décrites sousles Nes 68, 77, 79, 80, 91, 93 ont élé trou-
vées sur la couverture du sanctuaire de la mosquée d'el-Mouayyed
en 1889, à l’époque des travaux de réparations, Ces planches ont
aù être jetées sur la terrasse pour boucher quelques défectuosités
de la couverture, et il n’y a aucun doute qu'elles aïent jamais fait
partie de cette mosquée. Nous sommes plutôt porté à croire qu’elles
“proviennent de quelques palais ou maisons, et ce qui nous le fait
supposer, c’est que le texte des phrases qui s’y répètent se rap-
porte plutôt à un sujet laïque qu’à un sujet religieux.
94. — Fragment d’une planche sculptée d’or-
nements dans le style des premiers siècles de
l'art arabe, en Égypte. — Long. 6,57.
Trouvé dansles terrains situés aux environs d’Aïn Sira, au Sud
du Caire.
93. — Panneau en bois sculpté d'inscription
au texte suivant :
Ja ges Line SU SSI dia Le al
ai al ele Ladt tes ,2M El SU
6,5 Li s ae
L'érection de cette tribune bénie fut ordonnée
par notre maître et seigneur, le noble person-
nage, le sultan, 'le roi très-noble, Aboul-Nasr
Kaïtbaï. Que Dieu éternise son royaume et forti-
fie ses bases.
Le milieu de cette inscription est interrompu
par un médaillon qui contient en trois lignes la
phrase aux louanges du sultan. — Long. 2,43.
Cette planche provient de la tribune qui a été léguée par le
sultan Kaïtbaï à la mosquée funéraire du sultan Barkouk.
PL XVI.
MACHRABIÉHS
vopvrp
LÉLRLRES
LEE
EE do:
HP
à di
À
, ES ES. Yù
2032
EX
is
BOISERIES 193
98. — Planche portant l'inscription suivante
en sculpture ;
RAA ASS PAT RES Per LE 24 La MIE el
val I Vale stat ai cs je 1 EU
La réfection à neuf (réparation) de cette mos-
quée fut ordonnée par notre maître et seigneur,
le sultan possesseur, le roi très noble Aboul-
Nasr Kaïtbaï. Que Dieu éternise son royaume.
Amen.
Long. 0m,82. — Cette pièce provient de la mosquée el-Azhar.
97. — Fragment sculpté d'ornements. —
Long. 1n,03.
98. — Planche ornée d'arabesques à disposi-
tions symétriques. — Long. 1",12.
99. — Planche en bois sculptée et portant
des traces de dorure. — Long. 4,79.
De Le D =
SALLE N°5
4. — Deux battants d’une porte assemblés de
petits panneaux provenant de la Basse-Egypte.
Les panneaux du haut et du bas sont sculptés
d'ornements à lignes géométriques. — Haut. 1,60.
2. — Armoire. La face se divise en frise, sou-
bassement et portes, composés de petits panneaux
en bois dur et en ivoire. Les panneaux en bois
sont sculptés, ceux en ivoire sont incrustés de
diverses matières. Les côtés sont unis. Prove-
nance de la mosquée el-Azhar. — Haut. 19,69.
3. — Face d'une armoire assemblée de petits
panneaux, Le haut est percé de deux arcs. —
Haut. 4,74.
4. — Porte en bois à panneaux sculptés et
tournés. — Haut. 1»,52.
5. — Six fragments de planches sculptées en
motifs de fleurs. Trouvés dans l’okâla Sonboul. —
Long. 0.80 — 1m,31.
6. — Fragment d’un encadrement sculpté. —
Long. 0,60.
7. — Bois. Planche sculptée d’arabesques. —
Long, 05,57.
BOISERIES 199
8. — Six planches sculptées provenant de
l'okäla Sonboul, Caire. — Long. 0v,55 — 4m,54.
9. — Planche sculptée d'inscription korani-
que. — Long. 1",90.
40-41. — Deux panneaux en bois sculptés et
perforés ; provenant de la mosquée el-Azhar. —
Long. 0,69.
42. — Bois sculpté. Fronton d'encadrement
d’un minbar. — Long. 0,68.
43. — Deux panneaux de porte, travail d’as-
semblage. — Long. 0v,35.
#44. — Fragment d'un plafond seulpté d'orne-
ments. — Long. 0m, 42.
45. — Fragment d'une planche sculptée. L'in-
scription se rapporte à une fontaine. — Long. 1",35..
46. — Bois. Deux consoles à stalactites ; la
base en travail appliqué. Provenant de la maison
du Wakf el-Arabi, à el-Goudarieh, Caire. —
Haut. 1",60.
47. — Battant de porte. Le panneau du milieu
est sculpté d'ornements géométriques, — Haut. 0,72.
48. — Bois. Fragment d’un arc à forme ogivale.
Les reins sont sculptés d'ornements.— Long. 0,98.
49. — Porte à deux battants en bois sculptée
d'inscription ; provenant de la mosquée de Sidi
Ibrahim el-Bourkaoui, à Dessouk, Basse-Egypte.
Haut. 4,95.
20. — Porte à deux vantaux assemblés de
petits panneaux et ornée de bronze. Même pro-
venance. — Haut. 1",44.
126 SALLE N° D
24. — Bois. Panneau oblong sculpté et per-
foré, provenant de la mosquée el-Azhar. —
Long. 0,85.
22. — Trois fragments de planches à orne-
ments sculptés ayant servi de revêtement aux so-
lives. Provenance de l’okâla Sonboul, en ville. —
Long. 0,70 — 1",55.
23. — Planche sculptée d’un plafond, trouvée
dans le même okâla. — Long. 1",06.
24. — Porte formée de petits panneaux assem-
blés et sculptés ; leur encadrement est également
sculpté. — Haut. 2,10.
Provenant de la Khânka (mosquée-couvent) du sultan Beïbars
el-Gachankir. xive siècle.
25. — Côté d’une porte de minbar à orne-
|
ments sculptés et incrustée de filets d'ivoire. —
Hout. 1,76
26. — Bois. Encadrement d’une porte. Assem-
blage de petits panneaux carrés, ornés de fleurs
de lis sculptées. — Haut. 2, 33.
La sculpture des plates-bandes est surtoul intéressante à cau-
se des figures d'animaux qu’elle représente. Provenance de la
mosquée-couvent du sultan Beïbars. xive siècle.
27. — Côté d’une chaise de lecteur de koran.
Le haut est occupé par une inscription commémo-
rative, portant la date de 546 de l’hégire (1345).
Provenance de la mosquée el-Azhar. — Haut.
1m, 05.
28. — Panneau central d’un plafond sculpté et
peint, provenant d'une fontaine fondée par le sul-
tan Kaïthaï, fin du xv° siècle, — Larg. 1",67.
BOISERIES 127
Le polylobe ‘du centre contient l'inscription
suivante : dans la seconde ligne :
SM A LM EI je
Gloire à notre seigneur, le sultan, le très no-
ble roi. — Dans la première ligne :
ska Je +
Aboul-Nasr Kaïtbaï. — Et à la dernière ligne :
9,2 Je
Que sa gloire soit exaltée.
29. — Solive à inscriptions sculptées en relief,
aux louanges d’un sultan. — Long 2,85.
30. — Linteau de porte gravé d’une inscription
au nom du roi el-Aziz Osmân ; date de 554 de
l'hégire (1178).
Provenance de Dessouk, Basse-Fgypte. — Long. 2,12,
Le nom du sultan écrit sur la planche est textuel-
lement le suivant :
Dy\ ©! hu y LC? des > a SM
La roi el-Aziz: Osman, fils de Youssef, fils
d'Ayyoub.
EIl-Aziz Osman était fils du grand Saladin. Il a régné de 1193 à
4198, époque de la quatrième croisade.
34. — Porte à petits panneaux assemblés, pro-
venant de la maison Wakf el-Kasr Ali. Caire.
XVIIIe siècle, — Haut. 2,00.
32. — Chaise delecteur de koran à panneaux
pleins, les appuis sont en bois tourné, (réparée).
Haut, 1,05.
198 SALLE N° D
33. — Bois. Console à ornements sculptés. —
Haut. 1,"22.
Ces spécimens de corsoles sont destinés à supporter dons les
coupoles un châssis ordinairement octogonal, formé de solives
servant elles-mêmes à supporter des l:mpes.
La salle N° 4 possède une de ces solives (Nc 47).
34. — Porte en bois, lames et boutons en
bronze provenant du tombeau de Sidi Ibrahim,
à Dessouk, Basse-Égypte. — Haut. 2,17.
3>3. — Solive en bois de dattier recouverte de
planches avec traces de peinture, provenant de la
mosquée Wakf el-Tauoâfieh, rue Abou-Taleb, au
Caire. — Long. 4,99.
36. — Chaise de lecteur de koran avec champs
en bois tourné et assemblés de petits panneaux,
incrustés de fines mosaïques.
Provenance de la mosquée de lémir Kidjmas el Ishàki, grand
écuyer du sultan Kaïtbaï, XVe siècle — Haut. 1", 56.
37. — Planche en bois. Pièce de revêtement
d'une solive. Les ornements sculptés sont peints
en blanc ou dorés, fond bleu. Du plafond de la
mosquée du sultan el-Mouayyed, xv° siècle. —
Long. 1,00.
3S. — Support de bulbe,du minbar de la mos-
quée de Kaoussoûn el- Säki, x1v° siècle.—Haut.0®,90.
39. — Panneau en bois, les champs sont or-
nés d'ornements sculptés.
Provenance de la mosquée el-Azhar. — Long. 0,55,
Très probablement du sultan Kaïtbaï, restaurateur de cette
mosquée, XVe siècle,
BOISERIES 129
40. — Fragment d'un plafond ; sculpture peinte
et dorée. — Long. 0,78.
4. — Table forme étoile, panneau des côtés
en bois tourné.
Provenance du tombeau du sultan el-Ghoùri, XV[e siècle, —
Cet objet d'art est fort intéressant à cause de la peinture.
Haut. 05,50.
42. — Dix vitraux en plâtre découpé et vitres
en couleur. — Haut. 0v,95 à 1,14.
43 - 44. Traverses d'armoire de la petite mos-
quée el-Goharieh, construite à l'angle nord-est
de la mosquée el-Azhar. Les panneaux sont in-
crustés d'ivoire. — Long 1r,00.
La mosquée fut élevée en l’an 1446 par Gôhar el-Kankabâï. Le
fondateur est enterré sous la coupcle attenant à la mosquée.
45. — Face d’armoire à panneaux décorés
d’arabesques et d'inscriptions sculptées. En haut,
de petits arcs découpés en planches — Haut. 221.
Phrases de l'inscription: La gloire éternelle.
La vie à son propriétaire. La bénédiction com-
plète. La vie longue.
kb ga ed à LAS SN à al LE x A IL
46. — Lustres en tôle de laiton richement
gravé au burin, à cent veilleuses, provenant de
la mosquée el-Azhar. — Haut, 1", 80.
L'inscription indique que ce lustre fut donné «en Wakf: c'est
à dire legs par un mamlouk d’un sultan.
SIXIÈME SALLE
—e—
Céramique.
La poterie est une branche tellement élémen-
taire de l’industrie céramique, elle embrasse la
fabrication de vases et d’ustensiles qui sont si in-
timement liés aux besoins journaliers, qu'il est
naturel qu’elle ait eu en Egypte un dévelop-
pement d’une importance particulière, si l'on
tient compte surtout du grand essor qu'a pris en
ce pays la fabrication de produits beaucoup
moins usuels.
On peut aisément aflirmer qu'on ne s'est pas
arrêté longtemps à la fabrication de produits
élémentaires, mais qu'on s'est au contraire a-
donné de bonne heure à la création d'objets re-
vêtus de ce qu'on nomme en termes techniques
couvertes.
L'histoire et les nombreux vestiges de vyais-
selles de terre, que l’on rencontre ça et là, nous
prouvent d’une façon irréfutable que les Arabes
de la vallée du Nil exerçaient sur une grande
CÉRAMIQUE 137
échelle l'industrie de la poterie. Pour la preuve
historique, nous renvoyons de nouveau le lec-
teur au passage suivant du voyageur persan
Nassiri Khosrau!, qui a écrit sur le Caire: «On
fabriq e à Misr de la faïence de toute espèce;
elle est si fine et si diaphane que l’on voit à
travers les paroïs d'un vase la main appliquée
à l'extérieur. On fait des bols, des tasses, des
assiettes et d'autres ustensiles. On les décore avec
des couleurs analogues à celles de l’étoffe ap-
pelée bougalemoun*; les nuances changent selon
la position que l’on donne au vase ». Et plus
loin, (page 153), il mentionne encore une fois
cette industrie en parlant des vases en faïence
que les épiciers offraient aux acheteurs pour
y mettre la marchandise achetée.
Il est très naturel que l'industrie de la céramique
ait eu chez les Arabes un développement marqué,
‘si l’on considère les traditions séculaires des an-
ciens Égyptiens, les traces assez récentes laissées
par la civilisation gréco-romaine, ainsi que les
relations intimes qui existaient entre les Arabes
: Sefer Nameh. Ch. Schefer, page 131.
” «L’étoffe appelée bougalemoun était un tissu fabriqué dans
l'ile Tinnis, près de la ville de Thineh, en Egypte; elle changeait
de couleur plusieurs fois par jour, selon la position qu'on lui
donnait. C'est bien là l'une des qualités des faïences à reflet
métallique... »
Tu. Deck, la Faïence ; Paris, Quantin.
132 SALLE N° 6
et les Persans, qui avaient transporté, dès le 1x°
siècle, l’industrie dela faïence en Espagne.
Si l'historien Nassiri Khosrau n'était pas là
pour nous raconter ce qu'il a vu de ses yeux, les
considérations émises plus haut sufliraient pour
nous convaincre que cette industrie a dü exister.
En ce qui concerne l’habileté des Arabes dans
l'industrie céramique pendant les siècles suivants,
nous en trouvons des preuves dans les fragments
déposés en masse dans les monticules qui s'élèvent
aujourd’hui sur l'emplacement où existait la ville
de Fostât.
Depuis plusieurs années,les couches supérieures
de ces décombres sont utilisées comme engrais
dans les jardins de la ville; au cours des fouilles,
la pioche heurte souvent des débris de vases de
toutes sortes, parmi lesquels on en rencontre de
fort remarquables.
Nous voulons attirer immédiatement l'attention
sur le N° 145 qui nous offre encore, adhérant au
fond du vase, le trépied dont on se servait pour
superposer une série d'objets pendant la cuisson.
C'est une preuve assez concluante que nous som-
mes en présence d’un produit du pays. Nous en
avons une autre preuve dans les nombreux rebuts
que l’on rencontre dans les déblais.
1 Ces fragments sont très recherchés par les amateurs. Nous
tenons à signaler notamment ceux qui se trouvent dans la collec-
tion bien connue de M. le Docteur Fouquet, du Caire.
CÉRAMIQUE 133
Nous trouvons ici, comme dans les produits
industriels de toute sorte, des objets médiocres.
qui devaient être certainement à la portée de tout
le monde, de mème que des pièces finement tra-
vaillées dont les dessins sont exécutés avec un
soin extrême.
Ces produits révèlent en même temps le goût
des inscriptions si vif chez les Arabes. La pré-
sence de ces textes, à défaut d’une date précise,
n'en constitue par moins un moyen suflisant, la
plupart du temps, pour en déterminer approxima-
tivement l’époque.
sb,
Gloire à notre Seigneur...
$ toto JE Lis
Parmi ce qui a été fait pour...
sont pour nous des formules trop connues pour
ne pas les faire remonter sans hésitation au
commencement du xive siècle. Et si ces devises
n'étaient pas assez éloquentes, le nombre et la
variété des blasons nous démontreraient d’une
manière. évidente l’âge auquel ces objets appar-
tiennent.
Cette reproduction continuelle des blasons
qu’on retrouve constamment dans les poteries,
m'amène à cette conclusion que, si l’on arrivait
un jour à leur classement chronologique, on
134 SALLE N° 0
aurait fait un pas important dans l’histoire de
la céramique arabe. |
Parmi les fragments recueillis, nous retrouvons
les mêmes blasons qui accompagnent d’autres
produits industriels. C'est ainsi que l’on voit
le lion, l'aigle à deux têtes, l'aigle à la poi-
trine ouverte, le lis sous ses formes les plus
variées, la coupe, les losanges, etc.
Pour ce qui est de la qualité des poteries, il
convient d'observer que les unes sont ornées de
glaçure, tandis que les autres en sont complète-
ment dépourvues. Ces dernières sont les poteries
cuites proprement dites, composées d'une pâte
dure et ordinairement munies d’estampilles qui
indiquent probablement la capacité du récipient.
Les autres, au contraire, les faïences, constituent
une riche série, encore imparfaitement étudiée
par les céramistes, auxquels nous nous faisons
un devoir de renvoyer le visiteur.
: Quoiqu'il en soit, il est un point qui nous semble
acquis. C’est celui qui a trait à l'influence exercée
par les céramiques étrangères sur l’industrie indi-
gène. Il est hors de doute pour tout connaisseur
de l’art arabe, que certains dessins qui se répè-
tent à l’envi sur nombre de vases (V. 135 et 138)
n’ont pu être empruntés qu'à l'Extrême Orient ;
il en est de même des couleurs. Le céladon, dont
la Chine est, comme on sait, le lieu d’origine,
parait avoir exercé un vif attrait sur les céramistes
CÉRAMIQUE 139
égyptiens (V. N° 144) à une époque que nous
croyons pouvoir déterminer. Les céladons sont
en effet connus dans tout le pays sous le nom
de Ghoûri!. N’est-il pas permis de se demander si
ce nom n'est pas le nom de l’illustre constructeur,
qui a doté, comme on sait, le Caire d’un si grand
nombre de beaux édifices, et qui, de plus, a eu
souvent recours pour la décoration de ses con-
structions à un emploi si caractérisé de la cérami-
que ? N'y a-t-il là qu'une simple coïncidence, nous
ne le pensons pas.
L'Egypte, nous l'avons déjà dit,aservi pendant
des siècles d’intermédiaire à tout l'Orient, et ne
pouvait manquer de devenir l’entrepôt naturel
de tous ses produits.
Les fragments qui proviennent des vases dont
l'émail opaque forme la glaçure, sont très remar-
quables. La face extérieure du fond, celle qui
s'est le mieux conservée, porte souvent la mar-
que du fabricant ou de l'artiste, sous la forme :
LS pi e
Fait par le Caïrote
li je
Fait par le maitre
1 Les céladons authentiques, quicommencent déjà à n'être plus
très rares, sont des pièces anciennes gardées dans les familles
de génération en génération.
.136 SALLE N° 6
US JE >
Fait par le Syrien
25) ©! de:
Fait par le fils du Syrien
ee qui prouverait que le fils a continué l’art de
son père. Les noms que l’on retrouve le plus
souvent sont: Ghaïbi 4 et Ghazäl Je
Ces signatures sont souvent tracées au pinceau
avec une verve tout artistique.
\
Nous passerons maintenant à l'examen d’une
autre catégorie de faïences : les plaques de revè-
tement qui ont joué un si grand rôle tant en
Perse qu’en Espagne où on les rencontre à partir
de 935.
Lé voyageur qui traverse l'Egypte sera surpris
de Femplei si limité que les Arabes ont fait du
revêtement en terre cuite émaillée. Ce fait est
d'autant plus frappant, que ces carreaux cérami-
ques ont eu en Perse un remarquable développe-
ment et que ce pays a exercé une grande in-
fluence sur la marche des industries égyptiennes.
Signalons ici tout d’abord les carreaux de
faïence appelés en Egypte ÆXichäni, nom qui leur
vient de la ville persane Kichân, dont ils tirent
leur origine.
CÉRAMIQUE 137
Cette exclusion ne serait justifiée, à mon avis,
que par le fait que les constructeurs préféraient
le marbré comme revêtement et que cette matière,
très abondante dans le pays ou dans les pays voi-
sins satisfaisait davantage leur goût artistique,
étant donné aussi que la mosaïque en marbre est
un genre d'ornementation plus riche. La même
observation a été faite pour les Romains, dont les
architéctes n'employaient pas la faïence dans
leurs constructions, bien qu'elle fût en vogue
dans les pays qu'ils avaient conquis, alors qu'ils
se plaisaient souvent à imiter l'architecture et le
goût des pays placés sous leur domination. Th.
Deck, à qui j'emprunte cette remarque, dit que :
« c'est à cette exclusion systématique qu'il faut
attribuer le retard si prolongé que la fabrication
de la faïence a subi en Europe ».
On peut énumérer facilement les monuments
du Caire et de ses environs dans lesquels la faïence
a trouvé son emploi, ce sont : les minarets de la
mosquée du sultan el-Nässer, à la citadelle (XIVe
siègle), le tombeau de l’émir Tachtomar el-Säki
ct le tombeau de Khaouand Baraka. Ces derniers
se trouvent dans la nécropole des sultans mam-
louks, généralement connue sous le nom de
tombeaux des Khalifes.
Considérons maintenant de près ces rares spé-
cimens dans lesquels apparaît en Egypte le revê-
tement en faïence. Dans les deux minarets cités
138 SALLE N° 6
plus haut, les carreaux revêtent les pierres de
taille de l’étage supérieur où les formes ne sont
qu'ébauchées à grands traits. Les carreaux sont
de couleur unie, blanche, brune et verte. La
coupole du tombeau de l'émir Tachtomar porte
la date de l’année 735 (1334). Les carreaux verts
qui s’y trouvent forment une ceinture dans le tam-
bour de la coupole même. C’est une autre coupole
qui nous fournit le spécimen le plus intéressant
de ces faïences; nous y voyons en effet un ban-
deau portant une inscription et dont le rebord
supérieur s'accuse par une gorge couronnée de
merlons. Les grands caractères blancs ressortent
nettement du fond vert à deux nuances et rehaussé
par un feuillage en faïence brun foncé. L’en-
semble du travail, tel que lettres, feuillages, etc.,
se présente comme une mosaique composée de
morceaux irréguliers dont l'effet, si la comparai-
son nous est permise, ressemble à un mur cy-
clopéen.
Le nom Khaouand Baraka sous lequel ce monu-
ment est connu n’est pas le nom véritable, c’est
plutôt un nom donné capricieusement par le peu-
ple qui ignorait celui du vrai fondateur !. A en
1 Ainsi, par exemple, on appelle cheikh el-Arbaïn une quantité
de santons dont on ne connait pas le véritable possesseur.
CÉRAMIQUE 139
juger par le caractère de sa construction et de son
ornementation, ce monument appartient à la
même époque que les deux autres.
Ce n'est qu'un siècle et demi plus tard que
nous trouvons un autre monument avec cette
même caractéristique: Le visiteur du musée
arabe sera frappé par l'aspect de grandes plaques
en faïence sillonnées de lettres cubitales blanches
sur un fond bleu. Ces lettres s'étendant sur deux
assises sont d'une rare beauté ; les ornements
qui remplissent par ci par là les vides ont un
cachet purement arabe. Les registres que nous
avons consultés à ce sujet nous disent que ces
plaques ont été apportées dans la collection avec
différentes pièces du tombeau du sultan el-Ghoûri;
ces registres sont malheureusement muets sur les
parties que ces pièces revêtaient. Si elles ont
appartenu réellement à ce tombeau.,elles ne pou-
vaient, à mon avis, que former une ceinture sem-
blable à celle des coupoles que nous venons de
décrire. Les recherches que j'ai été amené à faire
m'ont confirmé dans cette supposition. Prisse
d'Avennes ! rappelle que la coupole du sultan
el-Ghoûri a grandement souffert d'un tremble-
ment de terre et qu'on se trouva dans la nécessité
de la démolir ?.
1 Prisse d’Avennes — L'Art Arabe, p. 123
La coupole actuelle est en bois et a été construite il y a en-
viron treize ans.
140 SALLE N° 6
En la décrivant, Prisse d'Avennes dit: «qu’elle
était construite en pierre ornée à l'extérieur de
carreaux de faïence bleue comme le minaret,
puis d’une inscription formant ceinture et enfin
de petites imitations de fenêtres bleues et blan-
ches scellées entre les fenêtres du dôme » !.
Au milieu d'un monceau de faïences mises au
rebut, j'ai découvert une pièce classée sous le
N° 328 et exposée au-dessus du N° 253, dont elle
est le complément, ainsi qu'il est aisé de le voir
à la couleur de la glaçure, à la forme des orne-
ments, et notamment des lettres de l'inscription.
. Ces fragments proviennent, selon toute appa-
rence, d’un de ces médaiïllons si fréquents dans
l'architecture des xrv° et xv° siècles et portant
une inscription laudative au nom d’un sultan. Ce
nom est ici celui d’el-Ghoûri.
Nous n'hésitons donc pas à considérer comme
un produit national, les faïences des monuments
cités plus haut, ainsi que les carreaux du tombeau
d'el-Ghoüri. Ces faïences locales, il importe de
l’'observer, étaient à une ou deux teintes tout au
plus. En pareil eas, les deux teintes usitées étaient
le blanc et le bleu.
En définitive, les Arabes n'ont fait — et nous
insistons sur ce point, — qu'un usage des plus
1 Prisse d’Avennes veut sans doute parler du minaret du
collège (madrassa', car le tombeau lui-même n’a pas de minaret,
CÉRAMIQUE IAT
restreints du revêtement en faïence dans leur
architecture. Ce n’est qu'au commencement du
xvi® siècle que ces faïences font leur apparition
et cette innovation concorde de la manière la
plus curieuse avec la conquête du pays par les
Turcs, c’est-à-dire par un peuple dont l’architec-
ture avait pour caractéristique l'emploi de ce
procédé décoratif. La mode fut alors d'en orner
les murs des mosquées, des maisons ei surtout de
ces fontaines-écoles (sebil-kouttäb) qui prirent
avec le temps une physionomie de plus en plus
turque.
On objectera pourtant qu'il existe au Caire des
mosquées d’une date très-antérieure qui en offrent,
elles aussi, de très-notables spécimens.
Mais c’est là qu'il importe de ne pas se laisser
induire en erreur par les apparences. Un œil un
peu exercé n'aura aucune peine à reconnaitre
qu’elles ne sontlà qu'une superfétation, et qu’elles
étaient introduites après coup pour satisfaire au
goût du jour.
Prenons commeexemplela mosquée Ak-Sonkour
élevée au xiv° siècle, restaurée ensuite en 1653
par Ibrahim Agha Mostahafazän et la mosquée
de l’émir Cheykhoû qu'on se plaît ordinairement
à citer comme un spécimen des plus typiques de
cette architecture. Pour peu que l'on examine
les carreaux du mihràb de cette dernière mos-
quée, on s’apercevra qu'ils sont entremêlés sans
142 SALLE N° 6
système avec les restes de mosaïques en marbre
et sans aucun souci de l’incompatibilité dans
laquelle se trouvent ces deux procédés décoratifs
dont l’un exclut nécessairement l’autre ; de plus,
les motifs habituels qui ornent les carreaux ne
sont même pas de style arabe. Quelles que soient
les couleurs employées, qn'elles soient à deux
ou à plusieurs tons, la main-d'œuvre et le goût
turcs y sont manifestes.
Prisse d’Avennes, à l'autorité de qui nous
aimons à nous référer, classait ordinairement ces
produits céramiques, dont l'emploi s’est répandu
à partir d’une certaine époque, dans tout l'Orient,
sous le nom de faïences de Kutaïa. C'était de
cette ville d'Asie Mineure où l’industrie en était
particulièrement florissante, que ces carreaux
rayonnèrent jusqu'à Jérusalem ou Constantinople,
jusqu’au Caire ou Damas, en un mot dans tout le
Levant.
L'Égypte pourtant ne devait pas rester à ce
point de vue longtemps tributaire de l'étranger.
Elle s’assimila les procédés turcs et sut si bien
leur donner son empreinte, qu’il est impossible de
confondre les faïences à ornements géométriques.
qu'on remarque dans les constructions du Delta,
et notamment celles de Rosette, avec celles des
mosquées de la période turque, au Caire. Avec le
temps, cette industrie tomba en pleine décadence ;
l’ornementation comme la matière perdirent leurs
CÉRAMIQUE 143
belles qualités (voir notamment l’un des mihrâbs
de la mosquée de Saïda Nefissa, au Caire, qui
porte la date de 1171 de l'hégire). Puis les fours
ne tardent pas à s’éteindre et les faïences qui ap-
paraissent dans les constructions du commence-
ment de ce siècle portent dans leurs dessins des
motifs naturalistes (N° 252), signe évident d’une
origine occidentale.
SES Se —
SATLE N° 6.
Céramique.
A. — Terres cuites (Sans glacure).
4-4. — Coupes.— 1. Diam. 0w,17 — 2. Diam. 0m,15
3. Provenance de la mosquée du sultan el-Ghoùri. — Diam 0,14 —
Æ., Porte trace d’un vernis à l’intérieur. — Diam. 0,41.
3. — Vase d’une haute forme. — Haut, 0.15.
&. — Petit vase. — Haut. 0m, 04
3-9. — Récipients, de la mosquée el-Ghoûüri.—
Haut. 0m,08 — 0,12.
40-84. — Lampes. — Haut. 0,13 — 0w,12.
42-13. — Pipes. — Haut. 0,03.
44 — Brique trouvée au vieux Caire. —
Long. 0,15.
13-16. — Grégeoises (grenades de feu) portant
en estampe le nom Mohamed». — Haut. 0,11.
17-34. Dix-huit fragments de récipients à
diverses estampes.
33. — Récipient en forme de quadrupède. —
Long. 0,14.
Les N°: 17-35 ont été trouvés dans les décombres au sud de la
ville et ont été donnés au Musée par M. Fouquel, docteur mé-
decin.
66 PI. XVII.
PATENCES
NS T2 x 4 à
ROLE"
Cia
ES
"
CÉRAMIQUE 145
38. — Cruche à base ovoïde. — Haut. 0,37.
37-38. — Amphores à base pointue. — Prove-
nant de la mosquée de l’Imäm Chafey, au Caire.—
Haut. 0,55 — 0,60.
39. — Cruche à base sphérique. — Haut. 0",37.
40. — Cruche à base aplatie.— Haut. 0,21.
4. — Talisman (hegàb) portant inscriptions
estampées. — Diam. 0,06,
B. — Objets en faience.
42-59. — Dix-huit lampes. — Long. 0,09 — 0,42.
60. — Globe en terre cuite, émail jaune. De la
mosquée de l'épouse du sultan Kaïtbaï à Fayoum.
Fin du xv° siècle. — Diam. ot.
61-62. — Globes en faïence. Fleurs bleues sur
fond blanc. — Diam. 0,22. — (PI. XVII).
Les globes mentionnés. sous les Nes 60 et 62-servaient à orner
les chaines de lampe.
63. — Fond de plat émaillé en blanc, à orne-
ments bleus et noirs. Inseription à l'extérieur.
Trouvé dans la mosquée du sultan el-Ghoüri.
64. — Plat à bord modelé de diverses couleurs.
-— (PI XVII) — Diam. 0,38,
63. — Fragment d’uneassiette avec inscription.
Diam. 0,20.
66-70. — Veilleuses.
66. — Veilleuse en faïence. Fond blanc opaque,
décoration en couleur. — Haut. 0m,49. — (PI. XVID).
L’iascription est une sentence du koran. Date 4155 de l’hégire
(1645).
10
146 SALLE N° 6
67. — Veilleuse sur un fond blanc ; ornements
bleus, verts et jaunes. — Haut. 0.29.
68. — Veilleuse émaillée de blane, à décora-
tion bleue et verte. — Haut. 0m,23.
Provenaut de la mosquée d’Ahmed el-Badaoui à Tantah.
69. — Veilleuse à fond blanc, décoration bleue.
= Haut. 0,22. — Même provenance.
70. — Veilleuse en terre cuite couvérte d’'émail
bleu turquoise. — Haut. 0,30
Trouvée dans la mosquée du sultan Hassan.
24. — Grand récipient en terre cuite émaillée
et couvérte d'un réseau de lignes. La grande di-
‘mension dè cet objet nous indique qu'il a été fait
par zones juxtaposées. — Haut. 0,91.
Provenance de la mosquée el-Azhar.
22. — Coupe vernie à l’intérieur. — Diam. 0",06.
23-89: — Fragments de poteries glaçurées.
Don de M. Herz. — 1893.
73-74. — Poterie portant inscription. —
Long, 0,07.
75. — Fragment avec blason (écusson avec
ghwive) et'inscription: — Long. ur,08.
76. — Fragment de faïence à inscription. —
Long, 0,07.
77. — Fond d'un récipient sur lequel est
représentée une fleur de lis: — Diam. 0,07:
78. — Fond de terre cuite couverte &'émail
‘blanc. Sur le révérs se trouve le nom du fabricant
sÉ ÉRONOE: Doi: ot
Van
nas CT:
167 PLXVIN
FAIENCES
CÉRAMIQUE 147
79. — Idem. — Sur le revers, le nom dE
Ghazâl.'=— Diam. 0,03.
80. — Fragment de faïence avec feuillages en
Style arabe. — Long. 0,09.
S1-166. — Pièces de faïence et fragments :
Don de M. Fouquet, docteur-médecin. — 1893.'
81-108 — Fragments de poteries ; émail blanc
opaque.
135. — Morceau de faïence dont le dessin
présente de l’analogie avec celui du fragment de
porcelaine N° 318.
1444. — Fragment de poterie à glaçure verte.
Genre céladon.
145. — Morceau de poterie conservant encore
le trépied qui a servi de support à une autre pièce
pendant la cuisson.
457. — Coupe couverte d'émail blanc. —
‘Diam. 0,13.
158-159. — Coupes. = Diam: 6,16 0,11.
460-162. — Petits récipients. — Haut:0m,07-0,10.
463-164. =— Lampes. — Haut. 0,09.
165. — Pièce cylindrique en émail bleu. —
Didin: 0303.
166. — Soucoupe. — 'Piim.0"04.
163. Plaques en faïence représentant en
perspective la kaaba étses environs.— (PI. XVID)
Üne iascription mdique qu’ells a êté faite par Mohamed el-Chämi
(le syrien) en 1139 de l’hég. (1726). — Long. 0, 45.
148 SALLE N° 6
168-177. — Dix carreaux émaillés ayant
pour motif d’ornementation l’œillet. — Long. 0w,25.
478. — Faïence. Fragment de bordure. —
Haut.0",13.
479-181. — Quatre pièces de faïence prove-
nant d’un tympan. — Long. 6,25.
182-185. — Cinq plaques émaillées, ornement
blanc sur fond bleu. — Long. 0,24.
_ 486-187. — Deux fragments dé carreaux de
revêtement. Email rouge, bleu et vert sur fond
blanc. — Haut. 0,14-0w,17.
= 488-190. — Trois plaques, fond blanc et or-
nements bleus en deux nuances. — Long. 0",25.
#94. — Plaque contenant un morceau de pan-
neau et son encadrement. — Long. :0",25.
. 492-495. — Faïences. Quatre plaques oblon-
gues à ornements bleu, gris et vert sur fond
blanc. — Long. 0,19.
496, — Faïence. Ornements gris et bleus de
diverses nuances. — Long. 0,19.
+ 97-199. — Trois plaques en faïence à orne-
ments blancs et verts sur fond bleu. — Long.
0m,13-0,15.
200-212. — Treize carreaux en terre cuite
émaillée. — Long. 0°,10-0",23.
Travail médiocre.
213-214. — Deux plaques. Panneau blane,
bordé d’ornements bleus et verts. — Long. 0m,25.
Travail médiocre.
Ra nn de ni
CÉRAMIQUE 149
213-228. — Quatorze carreaux en faïence.
Bonne exécution. — Long. 0w,11-0"95.
229-230. — Deux plaques (dont une incom-
plète). Les filets des entrelacs forment autour des
champs une bordure en relief. Travail remar-
quable. |
Ces pièces proviennent de la mosquée de Khochkadam el-
Ahmedi, rue el-Hosr, au Caire.
Nous trouvons des plaques semblables dans la mosquée de
l’émir Cheykhoù, également au Caire. — Ces faïences ressemblent
beaucoup aux produits céramiques de l'Espagne, d’où ellesont été
très probablement exportées. — Long. 0,66 — 0,10.
234-233. — Cinq panneaux formés de cin-
quante carreaux. — Le motif représenté consiste
en une fleur sortant d’un vase. — Provenant de
la maison de la dame Nafoussa Gassoussa, au
Caire, datant de la fin du siècle dernier. —
Long. 0m,79.
236-247. — Douze plaques en faïence. —
Long. 0",20. Travaif moderne.
248-252. — Plaques à dessins naturalistes.
248-249. — Plaques en faïence. Un insecte
au milieu d'un champ.
250-259. — Carreaux en terre cuite émaillée.
Le feuillage est d’un style naturaliste. Au milieu,
un cyprès.
A ce sujet, on lit dans l’ouvrage de Prisse d’Avennes! que : «les
écrivains arabes orientaux ne sont pas d'accord sur le sy nholisme
du cyprès, qui se voit si souvent sur les tombeaux, les faïences,
les étofïes et Les tapis, surtout en Turquie et en Perse. Les artistes
le représentent quclquefois la tête penchée, comme s’il cédait à
1 L'Art arabe. Paris 1877.
150 SALLE N° 6
l'effort du vent. Les Arabes prétendent que c’est l'arbre auquel le
démon à été enchainé et le considèrent comme le symbole de la
liberté. Le cyprès a été, en Perse, l'emblème de la religion et:
représentait l’âme aspirant au ciel. »
252. — Quatre plaques. Les ornements repré-
sentent des fleurs dessinées d’après nature.
Le dessin de ces plaques trahit son origine européenne.
253-221. — Dix-neuf carreaux en faïence à
lettres blanches sur fond bleu,
Les carreaux contiennent les. sentences sui-
vantes.:
252, 258, 263, 264 et 269: à\ W'd\Y
Il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu.
Cette inscription reproduit entièrement avec
celle qui se trouve sur les carreaux suivants, la
sentence sacramentelle musulmane. Ces carreaux,
sont :
è
254, 259 et 265 : à\ J,., a,
Mohamed est le prophète de Dieu.
270.— Contient la première phrase, mais écrite
à l'envers, sans doute pour former symétrie.
+ ÿs
255,260 et 266: al Je = ,:
Je me fie à Dieu.
1
RPG. 804, et 867.:, uy3 25, Al Ce ai
Victoire de: Dieu et conquête: prochaine.
257: 262; 26842711: Jetb ces, pans.
Annonce, 6 Mohamed; la bonne nouvelle aux
croyants !
CÉRAMIQUE II
272. Grand panneau ogival formé de petits
carreaux. Dans l’état actuel, il y a quatorze pla-
ques. Sur chacune d'elles une inscription en lettres
blanches entourées de lignes vertes sur fond
bleu. Une bordure à ornements coloriés en blane
sur fond vert encadre le panneau.
223. — Deux pièces de faïence, fragments
d'un panneau à médaïllons. Ornements et inscrip-
tions en lettres blanches sur fond bleu.
A l'aide des quelques lettres représentées sur ces plaques, l'ia-
scription peut facilement être complétée. Elle contenait la phrase
habituelle à la louange d’un sultan mamlouk telle que nous la
retrouvons sur des menus objets. (Voir l’observation du No 49,
page 73).
224. — Pièce. identique à la plaque inférieure
du numéro précédent.
275-292. — faïence. Dix-huit plaques à let-
tres et ornements bleus contournés de lignes blan-
ches sur fond bleu. Les lettres occupent deux as-
sises.
293-308. — Quarante plaques en faïence avec
une inscription en blanc sur fond bleu. Les lettres
s'étendent sur deux assises de carreaux. Les orne-
ments qui remplissent ça et là les vides laissés
par les lettres, d’un style pur arabe, trahissent
leur origine égyptienne.
Provenant de la. coupole (démolie. en 4860) du tombeau.du, sultan
el-Ghoùrij, construit en, 909 de l’hég. (1503).
309-313.— Plaquesen faïence de couleursunies.
Fragments de la ceinture et de son couronne-
ment, qui décorent le dôme du tombeau connu
152 SALLE N° 6
sous le nom de Kobbat el-Sitte Baraka aux
tombeaux des Khalifes. — xrv° siècle.
309. — Fragment de faïence ; lettre blanche
et feuillage vert sur fond brun.
310-311. — Fragment du couronnement de la
frise.
314-347. — Faïence en couleur unie, prove-
nant du minaret nord de la mosquée du sultan
Mohamed el-Nâsser à la citadelle. — xrv° siècle.
314. — Couleur verte. (Quatre pièces).
315. — Couleur blanche. (Cinq pièces).
316-317. — Brun foncé et brumclair.
CG. — Porcelaines::
318. — Fragment d'un récipient en porcelaine
blanche avec feuillage en bleu clair.
Trouvé dans les buttes de décombres ainsi que les poteries con-
tenues dans l’armoire. x
319-322. — Quatre vases céladon. Trouvés
dans la mosquée du sultan Hassan.
Ces porcelaines chinoises en vieux vert de mer
sont très recherchées et très rares. Bien qu’on les
nomme dans le pays «ghoûri », il n’est pas dou-
teux qu'elles aient une origine étrangère.
Il est à remarquer que le céladon peut parfois se rencontrer sur
le marché du Caire. Des vases et de petits flacons de cette matière
sont souvent vendus par dès bédouins, qui assurent les avoir trou-
vés dans les tombeaux. Cependant le monde savant se méfie, du -
reste avec reison, de ces prétendues trouvailles; car ces porce-
laines sont d’une époque plus récente et n’ont été placées dans les
tombeaux que par les marchands eux-mêmes.
323. — Vingt-trois perles, émail bleu.
CÉRAMIQUE 153 -
II. — Hivers.
324. — Lampe en pierre.
Don de M. le professeur Schweinfurth.
325. — Coupe en plâtre.
326. — Plat en carniole. Les bords relevés et
taillés en facettes. Trouvé dans la mosquée du
sultan Kalaoûn. C’est un précieux spécimen de
la richesse des objets en cristal et pierres rares,
dont nous entretiennent les historiens orientaux.
327. — Lustre. Travail moderne.
SAIT MNT
I. — Treillis en bois tourné
#4. — Devant de balcon, dans le panneau
supérieur un vase entre deux lions. — Haut. 1°,59.
2. — Côté de balcon. — Haut. 3,00.
3-3. — Parties de balcon. Le socle est en bois
découpé. — Hsut. 2v,34,-3",20.
6. — Devant de balcon.— Haut. 2,65.
7. — Côté de balcon ajouré d’une petite fenêtre.
Haut. 2,30.
8. — Dix balustres sculptés, provenant d'une
rampe. — Long. 0m,65. |
9. — Côté de chaise, bois tourné. — Long. 0w, 69.
40. — Rampe. Les bases et chapiteaux des
balustres sont ornés d’arabesques. — Long. 2»,30.
41. — Bois tourné. Dans le panneau supérieur
deux figures d'animaux. — Haut. 49,54.
42. — Côté de balcon en bois tourné, avec
une petite fenêtre. — Haut. 2»,74.
Fe
SALLE. N° 7 199
43. — Devant de balcon en bois tourné avec
khôka {petite fenêtre en saillie). — Long. 3,00.
44-17. — Bois tournés. — Long. 0m,53 — 0,55.
48. — Côté de balcon, bois tourné. — Haut. 2,85:
#49. — Côté de balcon en bois tourné, percé
d'une fenêtre. — Haut. 3,50.
20. — Grille en bois tourné à gros nœuds. —
Haut. 1",95.
21. — Côté de balcon avec socle, travail rap-
porté. — Haut. 2,09.
22. — Treillis en bois tourné.— Haut. 1",85,
23. — Côté de balcon avec kh6ka.— Haut, 1v,93.
24. — Koursi el-Kahf ou siège pour la lecture
du koran. La partie large est destinée à recevoir
le pupitre. — Haut. 1",63,
25. — Grillage en bois tourné. Le champ du
milieu représente un minbar (chaire) et une
lampe: — Haut, 4",53.
26. — Deux côtés de balcon, bois tourné. —
Haut. 1v,05.
27. — Grillage de fenêtre à gros nœuds, —
Haut. 1,12.
28. — Treillis en bois tourné. — Long. 0,73.
29. — Treillis en bois tourné à nœuds trian-
gulaires ornés de boutons d'ébène.— Haut. 0v,13.
309. —. Pupitre. de koran en bois. tourné. Pro-
venance de la mosquée.el-Mouayyed..— Haut. 1°,29,.
196 SALLE N° 7
II. — Treillis en lattes.
31. — Grillage en bois découpé.
82. — Treillis à mailles octogonales.— Lo:g.0".75.
83. — Treillis à mailles cruciformes.—Haut.0",93.
34. — Treillis à mailles octogonales et cruci-
formes. — Haut. 1,00.
3%. — Treillis à mailles stelliformes.—Haut.1".35
36. — Treillis à mailles stelliformes et cruci-
formes. — Haut. 0”,60.
III. — Portes en bois
37. — Vantaux de doulâb (sorte de placard)
ornés d’arceaux dans la partie pe —
Haut. 1,70.
38. — Porte; travail d’ Er — Haut. 1,64.
39, — Devant de douläb à cinq portes ; trois
motifs de travail d'assemblage. — Long. 3,35.
40. — Devant de douläb, surmonté d’ares. —
Haut. 17,63.
Ai. — Porte. Motif ondulé. — Haut. 1, 07.
42. — Porte. Le motif des panneaux se com-
pose de carrés et de rectangles à disposition obli-
que. — Haut.0m,95.
43. — Porte. Le motif des panneaux se com-
pose de carrés et de rectangles à assemblage
perpendiculaire. — Haut. 1",00.
SALLE N° 7 1957
44. — Porte. Motif en rosace de six mailles.—
Haut. 4v,80.
45-46. — Devant de doulâäb — Motif de ro-
sace de dix mailles. — Haut. 1,76.
47%. — Trois devants de placard. Le champ du
milieu à motif hexagonal. — Haut. 17,75.
48-49. — Portes de doulàäb. Le motif des pan-
neaux en forme de marches. — Haut. 4», 08.
50. — Porte de douläb. Motif rectangulaire. —
Haut. 1,08.
51-52. — Porte de -doulâb. Motif hexago-
Nal. — Haut. 1,08
53-54. — Porte de placard. Motif rectangu-
laire. — Haut. 1v,08.
55. e de koran, bois découpé en un
seul morceau. Provient de la mosquée el Mouaÿ:
yed. — Haut. 1w, 00.
IV. — Lustres en bronze.
56. Lustre cylindrique à six étages. Les pan-
neaux ajourés sont ornés d'arabesques et de des-
sins géométriques, à l'exception de ceux du
troisième étage, qui sont formés de plaques où
sont gravées des inscriptions. Ces plaques sont
séparées les unes des autres par des médaillons.
L'inscription porte le nom du sultan Kânsoû el-
Ghoûri. Le dôme est surmonté d’un croissant, le
tout recouvert d'ornements gravés et d’inscrip-
58 SALLE N° 7
tions énumérant les titres du sultan donateur.
L'inscription des médaillons est ainsi conçue :
ovai 5 6 pif ana à, 2M SLI EN 5e
Gloire à notre seigneur le sultan, le roi très
noble Kansoû el-Ghoüri. Que sa victoire soit
exaltée. — Haut 1,55.
57. — Lustre de forme prismatique à douze
côtés et six étages. Les côtés sont formés de pan-
neaux carrés ajourés de dessins géométriques.
Dôme surmonté d'un croissant avec inscription.
Provient de la mosquée du sultan Hassan. L'in-
scription qui occupe la plus grande partie-du
dôme, fait connaître le titre et le nom du dona-
teur. C'est Æeissoûn el-Melki el-Nâssiri.
1572l\ SM yes
Haut. 1",50.
Au troisième étage, tous les deux montants,
court l'inscription suivante :
Lilave s CAE Dati Lens à Ho #12 dl de
Fait par le maître Bedr Abou Yälä'en l'an,
mois (?) trente ‘et sept cents (1329).
ten ,\e, #4
Fut-achevé (dans) le délaide-quatorze jours.
En comparant des lettres de cette dérnière
phrase avec celles de la phrase précédente et'en
tènant compte ‘de ‘la faute commise dans le mot :
JE )! quüdtorse, ôn “peut conclate ‘que Cest
SALLE N° 7 199.
lemaitre Bedr, peu versé dans l'orthographe, qui
l'aura ajoutée dans un but facile à comprendre.
58. — Lustre composé de deux parties. La
partie inférieure en forme de plat à douze douilles.
est reliée par trois chaînes au dôme qui est ajouré
et surmonté du croissant. Des bras sont attachés
en plusieurs endroits pour recevoir des veilleuses.
Haut 2,00.
HUITIÈME SALLE
Por
Cuirs
Cette branche si importante de l’industrie arabe
n’est représentée que par un coffre à livres et
environ trois cents reliures ?..
Ces objets sont intéressants à deux points de
vue: ils nous montrent d’abord à quel degré de
perfection était arrivé l'art de la reliure en
Orient ; ils s'offrent ensuite à nous comme les
modèles dont s’inspirèrent les ateliers européens
dès le xv° siècle, à la suite des Italiens, à qui re-
vient l'honneur de les avoir importés.
Les reliures orientales sont à tranche plate et
presque toujours munies d’un rabat aussi orne-
menté que le reste de la reliure. A l'opposé des
À Prisse d’Avennes, qui parle dans son ouvrage de toutes les
industries arabes, n’accorde aucune mention à celle du cuir.
2 Toutes les reliures de la collection, à part quelques échan-
tillons trouvés dans la mosquée Barkouk, proviennent de la mosquée
el-Mouayyed. Elles y étaient entassées, au milieu delivres, dans
une petite chambre derrière le mur du mihrâb et devaient, très-
probablement, faire partie de la bibliothèque dont le constructeur
avait doté la mosquée.
CUIRS 161
reliures européennes, le plat de la couverture ne
dépasse jamais la tranche ".
Dans les livres de moyenne dimension, le rabat
est donné en traçant une ligne qui va d’un tiers du
côté jusqu’au centre du plat.
Cette règle n’est appliquée ni aux livres de
grande dimension, ni aux rabats des étuis dans
lesquels les livres sont introduits par le pied ?.
Les reliures dont nous avons à nous occuper
ici sont généralement en maroquin. Comme com-
plément d’ornementation on employait aussi d’au-
tres matières, divers tissus, la soie, par exemple.
On laissait au cuir sa couleur naturelle et l’on n’en
peignait que certaines parties.
À M. Paul Adam (Kunstyewerbeblatt N° 5, 1888. Leipzig) dit que
le rabat ne couvre pas le plat, mais que, au contraire, il est placé
au dessous.
Ce mode est encore employé aujourd’hui por les Orientaux ;
cependant les considérations suivantes nous portent à ne pas por-
tager lPopinion émise par cet auteur : Tout d’abord les ornements
du rabat représentent sur le plat exactement la partie cachée, de
manière que la face est complètement rétablie. (Vitrine A. Ne 7) :
ensuite, l’épaisseur assez considérable du rabat, surtout dans les
reliures turques, empêcherait de l’adapter convenablement au-
dessous du plat.
2 Les reliures rich-s ne pouvaient se passer de ces sortes d’étuis
quan | elles atteignaient certaines dimensions comme dans certains
korans ; on avait recours à des coffres en bois richement peints
ou sculptés ou recouverts de métaux finement travaillés.
On trouvera dans la salle IV, sous le N° 48, les débris d’un coffre
du même genre. à
d'A
162 HUITIÈME SALLE
Nous diviserons les reliures orientales en qua-
tre groupes :
I. — Les reliures arabes.
II. — Les reliures turques.
III. — Les reliures persanes.
IV. — Les reliures à surface vernie.
$ I. — Reliures arabes.
Cette série, originaire des ateliers égyptiens,
est une des plus riches et des plus variées. Malgré
le luxe des arabesques dont le jeu des lignes et
des contours est capricieusement composé, les fers
employés à cet effet ont toujours été très-res-
treints.
Les ornements des plats sont en creux lors
même que, dans les gardes, on a fait emploi du
relief. (PI. XX). En vertu du même principe basé
sur la recherche du contraste, dans les plats, l’or-
nement est doré et quelquefois colorié,. tandis
que le cuir des gardes conserve sa couleur natu-
Père,
Un procédé auquel on avait souvent recours
consistait à découper un dessin végétal en l’appli-
quant sur un fond de soie verte ; ensuite on re-
haussait d’or les tiges et feuillages. — Cet or était
placé au préalable sur les contours et pressé au
fer chaud. L'effet ainsi obtenu était très-heureux
(PLXTEX UNS TR
Comme nous le verrons plus tard,ce système d’or-
CUIRS 163
nementation se développa chez les Persans et les
Turcs et atteignit une surprenante perfection. Ge
qui en diminue toutefois la valeur, c’est le fait que
la découpure s’effectuait non pas à la main com-
me chez les Arabes, mais au moyen de formes.
En ce qui concerne le caractère ornemental des
reliures arabes, nous y retrouvons ces motifs bien
caractéristiques que nous avons admirés dans
toutes les branches de leur industrie d'art. — A
l'extérieur on employait de préférence les figures
polygonales et les inscriptions, tandis que les
gardes étaient ornées d’arabesques. Ces dernières
sont très-bien représentées dans la colléetion du
musée. Pour ce qui est des inscriptions, au con-
traire, c’est à la Bibliothèque khédiviale que nous :
devons nous référer, car c’est là seulement qu'on
y trouvera réunis les spécimens les plus impor-
tants. (PI. XX).
Nous mentionnerons surtout la couverture du
koran de la mosquée de Gaï el-Youssefi, dont la
dernière page contient certaines phrases qui nous
permettent de faire remonter jusqu’ au xrt1° siè-
cle le livre encoreen possession de sa reliure ori-
ginale.
Les reliures de cette première série ont une
grande importance, en cesens que c'est précisé-
ment celle qui a influé sur le développement de
la reliure en Europe.
Les premières reliures italiennes, les Majoli,
164 HUITIÈME SALLE
les Canevarius, les Grollier et plus particulière-
ment les Corvinus, nous le prouvent suflisam-
ment. {
S IL et III. — Reliures turques et persanes.
Avec la domination turque prend fin l'indus-
trie proprement indigène. Un grand changement
s'opère alors dans la façon et le décor.
Au lieu de se servir du fer dont l'emploi ou-
vrait un champ vaste à l'habileté et à la fantaisie
de l'artiste, car c’est grâce à ce procédé que l’on
a pu obtenir les plus belles arabesques, on eut re-
cours à des matrices, dont la valeur artistique,
malgré la beauté des dessins, devait être néces-
sairement inférieure.
La conséquence naturelle de cette nouvelle mé-
thode a été l'abandon du dessin polygonal et de
l’arabesque de style proprement arabe. On y sub-
stitua les ornements dont le caractère persan ori-
ginal se trahit par la prédominance des motifs
naturalistes. Rien n’établit mieux le bien fondé
1 Bien que les reliures appartenant à la Bibliothèque du roi
de Hongrie Mathias Corvin et qui se trouvent aujourd’hui dans le
Musée national de Budapest datent de la Renaissance, elles ont un
cachet si franchement oriental qu’o2 les prendrait plutôt pour des
ouvrages fabriqués en Orient.
Ces reliures, qui datent du règne même du roi Mathias Corvin
(1458-1490) ont été transportées à Constantinople avec le reste du
butin, lors de l'invasion turque dansle XVIe siècle et ne furent
rendues à la Hongrie qu’en 1875 par le sultan Abdul Aziz.
CUIRS 165
de cette assertion qu'un volume du koran de la
mosquée de Gaï el-Youssefi, déjà signalé et qui a
été écrit en l’an 1176 de l'hég. (1762), très proba-
blement pourremplacer un volume égaré.— (N° 94
de la Bibliothèque khédiviale).
Le goût de plus en plus ,osé pour le relief dé-
termina l’ouvrier à recourir au moule. Le cuir y
était énergiquement comprimé et y prenait ces
saillies très-accusées qui caractérisent les reliures
turques et persanes.
La collection de la société industrielle, à Dus-
seldorf, nous donne d’utiles renseignements sur
ces moules!. Ils étaient en peau de chameau.
On prétendait qu'ils appartenaient à une épo-
que éloignée et que plus tard on se servit de ma-
trices en métal, ainsi que le prouverait la finesse
des reliefs obtenus dans les reliures les plus ré-
centes. Le hasard m'a mis en présence de trois
moules en cuivre jaune, qui, comme nous le
prouvent les ornements et la disposition des
inscriptions, doivent appartenir à une époque
récente, assez éloignée toutefois pour ne pas être
rangée parmi les produits de l’industrie contem-
poraine?. (Nous donnons à la fig. 3 de la PI. XIX
le dessin d’un de ces moules.)
1 Voir le Kunstgewerbeblatt 7 précité.
. Ces moules, de grande valeur pour l’histoire de là reliure
appartiennent à la collection de M. J. A. Cattaui Bey, dun Caire,
qui a bien voulu me les confier pour m'aider dans cette étude.
166 | HUITIÈME SALLE
Lorsque les relieurs persans et tures voulaient
obtenir des effets en profondeur, ils avaient re-
cours à deux épaisseurs de cuir qu'ils superpo-
saient, non sans avoir au préalable découpé lé-
paisseur supérieure à la demande du motif voulu
et de telle façon que ce motif se trouvât avoir
pour champ l'épaisseur inférieure. On obtenait
ainsi des ornements à deux couches du meilleur
effet. Un des exemples les plus intéressants de
cette main d'œuvre nous est fourni par le koran
donné en 1032 de l'hég. (1622) par la princesse
Safia, mère du sultan Mohamed Khân, à la mos-
quée qu'elle avait fondée au Caire, (n° 27 de la
Bibl. khéd.). Extérieurement une large bordure
d'inscriptions en vigoureux relief contourne le
milieu et les angles obtenus par le système du
découpage. Les contours conservent la couleur
naturelle du euir, tandis que le reste de la re-
liure est orné de dorures de divers tons. Dans le
dernier volume du même koran, les bordures sont
décorées d’ornements et non d'inscriptions. L’ex-
térieur n’est pas moins délicatement travaillé ;
la garde entière est recouverte d'un gracieux
réseau d’ornements finement découpés et dorés.
Les champs sont peints en rouge, bleu et noir.
On n’a jamais employé les ' découpures avec
autant de succès que dans les reliures persanes,
véritables chefs-d'œuvre dont le modelé est d’une
netteté admirable.
de a. n°:
CUIRS 167
Comme dans d’autres branches de l'industrie
persane, nous trouvons dans la reliure aussi des
figures d'hommes et d'animaux. La reliure n° 56
de la Bibliothèque khédiviale! offre toute sortes
de figures d'animaux, notamment des têtes
agencées dans les rinceaux.
$S IV. — Reliures vernies
Ce genre de reliure parait être le procédé le
plus moderne. Pour l'obtenir, l'artisan couchait
sur le cuir un enduit analogue au plâtre. On
y peignait des inscriptions, surtout des fleurs
d’après nature et avec leurs plus vives couleurs;
on passait ensuite sur le tout une couche de
vernis protectrice. Ce vernis ne tardait pas à
s’oxyder et à prendre une teinte jaunâtre; mais
là où il s’écaille, on voit réapparaître la peinture
dans toute sa fraîcheur.
Cest encore à la Bibliothèque khédiviale que
nous renvoyons l'amateur curieux des spécimens
de ce genre, en lui signalant le n° 32, un koran,
qui porte la date 1205 de l'hég. (1790). Au-
jourd'hui, l’art de la reliure en Orient est tombé
si bas que c’est tout comme s’il n'existait plus.
Nous avons dit plus haut que les travaux sur
: Divan Suleiman Ibn el-Souaghi écrit en 841 de l’hég. (1431).
168 HUITIÈME SALLE
cuir exécutés par les Arabes n'étaient représentés
que par des reliures, mais l’Arabe comme tout
oriental est éminemment guerrier et cavalier.Com-
ment n'en pas conclure que la séllerie dut deve-
nir dans ces conditions une des industries les
plus florissantes. Malheureusement.il ne nous res-
te rien à mettre en regard de cette conjecture
si vraisemblable.
PL. XIX
+ < #
HS SSSENN :
À. nr
DS
À
AS
a
Al
Ki
LA
À
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À
FT,
St
Salle VIII
2
Salle VIII.
PÉLIURES:
: GARDE :
RELIURES DE LA BIBLIOTHÈQUE
. KHÉDIVIALE (CAIRE)
re
ra
HEC
SALLE N°
VITRINE À.
(contient 67 pièces de reliures).
#4. — Rabat d’une reliure en cuir à ornements
découpés et recouvert d’un tissu vert. Les tiges et
les contours des feuillages sont pressés au fer et
rehaussés d’or.
On voit, à quelques gaucheries, que le travail
a été fait à la main. — (PI. XIX).
2. — Plat d'une reliure en cuir. Au milieu, une
rosace formée de lignes géométriques de différen-
tes couleurs et dont quelques unes sont dorées, —
(PI. XIX).
8. at d’une grande couverture ; ; orne-
ments pressés. — Long. 0,82.
4-3. — Gardes de reliure en cuir recouvertes
de jolies arabesques. Les ornements clairs, dans
la couleur naturelle de la peau, se détachent du
fond plus foncé et pressé.
6. — Plat d'une reliure en cuir couvert
d’ornements géométriques.
:'170 SALLE N° 8
Au milieu, une rosace à douze mailles. Les
motifs d'angle sont formés de quarts de rosace; les
alternances des mailles sont accusées de points
dorés.
%. — Rabat de reliure. Entrelacs formés
d'éléments alternativement cuir et or. Le tout
est renfermé dans une large bordure ayant pour
motif des lignes géométriques.
8. — Plat d'une reliure turque (genre persan)
en cuir. Le milieu est occupé par un champ
ovale enchassé en contre-bas, duquel se détachent
enreliefdes feuillages et des fleurs naturelles. Les
bords du plat sont rehaussés de lignes dorées.
VITRINE B. .
(contient 204 pièces de reliures).
3. — Rabat de reliure, conforme à celui qui est
décrit sous le N° r.
#0. — Plat d’une reliure en cuir entièrement
couvert d’ornements polygonaux.
#4. — Caisse-bibliothèque de koran, en bois,
recouverte de cuir. La caisse a son plan hexa-
gonal divisé en trois compartiments à dix
rainures. Les parties restantes du cuir qui se
trouvent sur le corps de la caisse contiennent
une ornementation plutôt sobre. La base, par con-
‘tre, est bordée d’une jolie bande richement do-
e
SALLE N°8 171
rée. Les quelques mots de l'inscription de cette
dernière nous ont conservé le nom de « Känsoû »
(Känsoù el-Ghoûri), l'avant-dernier sultan cireas-
sien (1501-1916). La rosace du couvercle en
cuir, repoussé et doré, est d’une composition
délicate et riche.
#42. — Etofle brodée en soie.
#43. — Couvre-tombe en drap rouge avec
applications de velours et de soies.
‘#4. — Lustre en cuivre jaune. — (PI. VI).
Le lustre consiste en un dôme ajouré en fine
dentelle ; ce dôme couvre un plateau à neuf douil-
les. Parmi les nombreuses inscriptions travaillées
au burin, on relève les titres du sultan Mohamed
el-Nâsser. La fin de l'inscription est ainsi conçue :
ph lt EN AN +.»
e 72) ÿ la Rou] Do Cy
...... le sultan, le roi victorieux, le défunt
Mohamed, fils de Kalaoëûn, le martyr, le salehi;
que Dieu exalte ses victoires.
COULOIR
#4. — Porte en bois à deux battants, panneaux
à ornements et inscriptions coufiques sculptés.
L'inscription est au nom du khalife el-Hâkem bi-
Amr Allah, 996-1020 après J. C. Provenance de
la mosquée el-Azhar. — Haut. 3,20.
Sur cette ancienne porte, on relève des traces
de réparations. L’ossature semble avoir été com-
plètement renouvelée, ainsi que quelques uns des
panneaux, notamment ceux dont l’ornementation
est le moins fouillée. Non seulement des pan-
neaux ont été renversés lors de leur remontage,
mais encore les champs à inscriptions ont été
intervertis. Ainsi, le vantail droit contient l'in-
scription qui appartient au vantail gauche et
vice-versa.
Nous lisons :
Sur le vantail gauche Sur le vantail droit
oser ce) LN s pr] b s à rev
des «de al Le ab, cu st 4
Notre seigneur le prince des croyants, l'imäâm
el-Hâk:em bi-Amr Allah. Que les bénédictions de
COULOIR 173
Dieu tombent sur lui, sur sa vie pure et sur ses
descendants.
2. — Face d’un balcon en bois sculpté. —
Long. 2%,56.
3. — Côté d’un balcon avec petite fenêtre en
saillie. — Haut. 17,95,
4. — Porte en bois à deux battants fort inté-
ressante à cause de ses sculptures représentant des
figures humaines et animales. Les lignes de sculp-
ture, malheureusement effacées, sont identiques
comme caractère et exécution à celles du pan-
neau N° 54 de salle N° 4. Provenance de la mos-
quée du sultan Kalaoûn. — xin° siècle. —
Haut. 3,83.
Porte en bois sculpté. En haut et en
bas, des inscriptions ; au milieu, des ornements.
Provenant de la petite mosquée el-Goharieh, qui
fait partie de la mosquée el-Azhar. — Long. 4,30. —
(Voir N° 44 de la page 129).
&. — Grande porte en bois à deux battants
richement sculptés d’ornements géométriques.
Provenance de Damietite, — Haut. 4v,15.
%. — Porte en bois à deux battants conservant
encore une grande partie de ses bronzes d'appli-
que perforés et gravés. Provenance de la mos-
De
quée de la princesse Tatar el-Hégazieh. — xrve
siècle. — Haut. 2,30.
8. — Côté d'un balcon en bois tourné. La
partie inférieure est travaillée à la scie. — Hcut 2,30.
174 COULOIR
9. — Devant de balcon en bois tourné, sur-
monté de cinq fenêtres en plâtre découpé. —
Haut. 2,60. :
49. — Battant de porte agrémenté de clous.
Provenance du tombeau du sultan el-Ghoûri. —
XVIe siècle. — Haut, 2v,95.
#1. — Fragmént de planche; ornements et
inscriptions sculptés. — Long. 2,62.
#2. — Fragment de planche-sculpté, provenant
d’un plafond. — Long. 0,80.
413. Treïllage en fil de laiton. — Haut. 0n,97.
#4. — Face d'un balcon à trois fenêtres ; le
soubassément est en travail d'assemblage, les
nœuds sont cubiques. Ce ‘spécimen de bois tourné
ést appelé dans le pays « ma’ moûni ». — Haut. 4,75.
#53. — Solive sculptée provenant du tombeau
du sultan el-Ghoûri. — xiv° siècle. — Long. 2,88.
48. — Planche sculptée avec traces de dorure.
— Long. 2,80.
47-22. — Planches sculptées ; du tombeau
du sultan el-Ghoûri. — Long. 1v,05 — 2,80.
23. — Plafond en bois; les dessins géomé-
triques sont formés de baguettes clouées. —
Long. 3,20.
24-26. — Planches sculptées provenant du
plafond de la mosquée el-Märdäni. xrv° siècle. —
Long. 147,60 — 2,53.
23-34. Planches sculptées ; ornements en
relief. Fragments du plafond de la mosquée
COULOIR | ; 199
du sultan el-Zäher Barkouk fondée en 1384.
Ces bois ont été déposés, dans le musée lors de la réparation de
cette mosquée, cn 4891.
3%. — Planche sculptée. — Plafond du tom-
beau du sultan el-Ghoüûri. — Long. 2,80.
36. — Kragment de chambranle d’une fenêtre
ronde en bois sculpté. — De la mosquée el-Mär-
dâni. — Larg. 0w,20,
3. — Deux morceaux de planche; inscrip-
tions sculptées en grands caractères. — Long. 1,78.
38. — Vingt-cinq planches ornementées de
sculptures. Du plafond de la mosquée el-Màrdani.
— Long: 1m,50 — 2m,47. Le
89. — Huit pièces de stalactites en boïs prove-
nant d'un plafond. — Haut. 0m.65.
49. — Deux morceaux . d’une frise à orne-
ments et à nds en plâtre, avec peinture
et dorure. — Long. 2,7:
4. — Porte en. béis ; petits panneaux assem-
blés. — Haut. 1,90.
42. — Deux battants d'une porte. Les pan-
neaux sont incrustés d'ivoire. — Haut. 2,48.
Le milieu du ventail droit est mal réparé.
43-45. — Planches sculptées, provenant du
plafond de la mosquée el-Mârdäni.— 1,30 — 2,60,
46-42. — Planches sculptées provenant du
tombeau du sultan el-Ghoûri. — Long. 1.19 et 2v,60.
48. — Face d'un balcon en bois tourné, à
trois fenêtres. — Long. 2,87.
170 : COULOIR
49, — Fragment de planche ; inscriptions et
ornements sculptés. — Long. 2,27.
50. — Battant d’une porte garni de clous dis-
posés en figures géométriques. — Haut. 2,95.
Du tombeau du sultan ei-Ghoüri.
54. — Face d’un balcon à cinq fenêtres. —
Long. 3,57.
52. — Côté d’un balcon avec une fenêtre
oblongue; le soubassement est travaillé à la scie.
— Haut. 2m,82.
33. — Soubassement de balcon orné de rosaces
en boïs tourné ou scié. — Long. 2,54.
54. Grille formée de petites pièces de bois
à assemblage géométrique. — Long. 2,42.
53. — Porte à deux battants ornée de panneaux
sculptés ; inscriptions coufiques et naskhis. Les
pièces d'assemblage sont de bois d'espèces di-
verses.
Du tombeau du sultan Sàleh Nigm el-Dyn ibn Ayoub. XIIIe
siècle. — Haut. 4,35.
56. — Porte formée de petits panneaux as-
semblés. — Haut. 2,15.
5%. — Face d’un balcon. — Long. 2, 50.
58. — Linteau d'une porte de boutique de l'O-
kâlat Kaïthbaï à Gamälieh. Les panneaux sont
en bois tourné ou sculpté ; inscriptions au nom
du sultan Kaïtbaï. — Long. 2,68. | |
39. — Côté d’une mchrabieh à petit balcon.—
Haut. 1,50.
G6®. — Face de mchrabieh en bois tourné, à
soubassement et à panneaux pleins. — Long 2m,35.
COULOIR 179
&14. — Solive sculptée provenant du plafond
du tombeau du sultan el-Ghoûri. — Long. 4%,80.
@62. — Porte en bois à deux battants conser-
vant encore une grande partie de ses appliques
en bronze, provenant de la mosquée de la prin-
cesse Tatar el-Hegazieh. — Haut. 4,20.
Le haut et le bas des vantaux portaient des panneaux à insCrip-
tion. Entre ces deux champs oblongs, il y a un placage consistant
en pièces polygonales perforées et disposées en forme de rosace
à douze et neuf mailles.
63. — Poutre sculptée; inscriptions au nom du
cheikh Mohamed Abd el-Latif. 1178 de l'hég.
(1964). — Long. 3",82.
64-68. - Panneaux en bois tourné.- Long 0",62-1m,22,
&9. — Dix planches provenant d'un plafond.
— Long, 0w,80-1",90,
3@. — Quatre portes en planche ; ornements
sculptés. Provenant de l’okäla Sounboul à Bein
el-Sourein, démoli en 1884. — Haut. 1",40-1",53.
4. — Linteau d'une porte de boutique de lo-
kâla Kaïtbaï. Les panneaux inférieurs sont en
bois tourné ou sculpté; inscriptions au nom de
ce sultan. — Long. 2,57.
22.— Panneau en bois avecinscription —Long. 4".
#3. — Deux fragments de planche avec in-
scriptions en grands caractères. — Long: 0",70 1,05.
24. — Cinq fragments de planches à inscrip-
tions coufiques. Provenant de la frise qui cou-
ronne les parois intérieures de la mosquée d’Ibn
Touloun. IX° siècle. — Long. 1",00-1v,0.
12
198 COULOIR
#53. — Fragment du plafond de la baie d'une
porte. Mosquée d’Ibn Touloun.— Long. 4,82.
26. — Pièce de bois provenant de la rampe
d'un minbar de la même mosquée. — Long. 0,98.
Ce minbar est un don du sultan Ladjyn. — XIVe siècle.
27. Planche portant des ornements en bois
scié, aux arêtes arrondies. Travail moderne ; pro-
venant de la mosquée de Saïda Zeinab.—Long. 2,1.
#8. — Deux corbeaux en bois. — Provenant
de l’intérieur d’une maison. Travail moderne. —
Long. 1,63.
9. — Lustre en forme de prisme hexagonal.
Travail moderne. — Haut. 1",00.
80. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 0,30.
84. — Lustre en cuivre jaune. Moderne. —
Diam. 0,25.
82. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 6,70.
83. — Lustre en cuivre jaune à cinq veilleu-
ses, recouvert d'un dôme ajouré. — Haut. 6m,55.
84. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 0",70.
S>3. — Lustre en cuivre jaune. — Le plateau
contient sept ampoules à inscriptions ciselées.
Le dôme qui recouvre le plateau est décoré
d’ornements et d'inscriptions. — Haut. 0,70.
86. — Lustre en cuivre jaune, en forme de
pyramide hexagonale couronnée d’un bulbe. Le
tout est ornementé de dessins et d'inscriptions à
jour. — Haut. 0,75. (PI. VIT.)
87. — Lustre en cuivre jaune portant un
plateau — Haut. 2,20.
COULOIR 179
88. — Fauteuil à panneau en bois tourné et
sculpté. — Haut. 19.50.
89. — Quatre queues d'aronde. Provenant du
minaret de la mosquée Aksounkor en ville.
XIV siècle. — Long. 0m,19-0m,37.
90. — Dikkah (banc) en bois tourné et décou-
Ppé. — Long. ?»,43.
91-92. — Planches en bois, ornées d'inscrip-
tions en relief ; de la mosquée el-Azhar.
91. — Les lettres sont en grands caractères
92. — Texte de l'inscription :
SM M BL Le, Las lle 38 pal
St à se LS LL el + \
La réparation de cette mosquée bénie fut
ordonnée par notre maître et seigneur le sultan,
le roi très-noble, Abou el-Nasr Kaïtbaïi. Que
Dieu conserve son royaume.
93. — Planche sculptée. Le commencement
de l'inscription est tiré du koran, la suite se
rapporte à la construction d’un mihrab exécuté
en 753 de l’hég. (1352 après J.C.)
94. — Planche d'inscription relate le don
d'un koran | Fat Lis2k\ de la part de Badr Lou-
lou en l'an 858 de l’hég. (1454 après J.C.)
D». — Panneau. L'inscription finement tracée rappelle
l'érection d’une mosquée.
LES ANNEXES DU MUSÉE
DOM
Le local du Musée proprement dit ne suflisant
pas à contenir tous les objets, un grand nombre
d’entre eux ont été provisoirement déposés dans
les chambres de l'annexe N° I et dans le kiosque
en bois, annexe N°II.
Les objets exposés dans l'annexe N° EI com-
prennent :
A. — Portes ET FENÊTRES
a) Portes en bois en travail d'assemblage.
#. Porte composée de petits panneaux. Le
dessin du milieu est à système hexagonal. —
Haut. 40,75.
2. — Porte à un vantail. Système de panneaux.
— Haut. 2,00.
3. — Analogue au numéro précédent.
4. — Porte à un vantail. Travail d'assemblage ;
le centreest occupé par une rosace à douze mailles.
— Long. 0,93, haut. 1.95.
3. — Porte à un vantail. Système de panneaux.
— Haut. 4,85.
LES ANNEXES I8I
&. — Vantail de porte en bois, système de pan-
neaux, au milieu combinaisons hexagonales. —
Larg. 0,64, haut. 2,95.
2. — Comme le précédent. Les panneaux du
haut et du bas sont en deux morceaux. Haut. 20,95.
8. — Porte secrète en forme d’armoire. —
Haut. 1,90.
b) Portes et fenêtres ornementées de bronze.
3, — Porte en bois à deux battants, plaquée
de cuivre et ornée d'étoiles à huit branches, en
bronze fondu, Provenant de la mosquée Säleh
Telâäyeh Abou Rezik. XIe siècle.— Haut. 4v,37. PL IX.
49. — Porte en bois à deux battants, provenant
du tombeau de l’Imâm el-Chafey. — Haut. 3",23.
Analogue au N° précédent .
#4. — Porte à deux battants. Le milieu a con-
servé une partie du placage en bronze.- Haut. 4",30.
I! est visible que le haut et le bas dela porte étaient recou-
verts de panneaux à inscriptions.
#2. — Vantail de fenêtre, orné en haut et en
bas de plaques en cuivre encadrées de bronze et
découpées en fleurs de lis. — Haut. 3,55.
43. — Vantaux de fenêtre en bois. Système
de panneaux assemblés. Charnières en bronze
gravées. Inscriptions sur le panneau supérieur.
Provenant de la mosquée du sultan Solimân (Saria
el-Guebel), à la Citadelle. xvi° siècle. — Haut. 2v,25.
182 LES ANNEXES
44. — Vantaux d’une fenêtre.
Comme le numéro précédent et de même provenance. Le
fragment du couvre-joint contient de jolis ornements sculptés.
45. — Vantaux de porte avec fausses pentures
en cuivre. Le haut et le bas du devant sont pla-
qués d’une lame, la penture supérieure est enca-
drée de fleurs en bronze fondu. — Haut. 3,25
46. — Vantaux d’une porte en bois conservant
quelques restes d’un encadrement en cuivre
jaune fondu et ajouré. — Haut. 3,07.
#7. — Quatre vantaux de portes en bois
portant encore les restes d’un placage en bronze,
notamment des équerres fondues et percées à jour.
Deux des vantaux ont conservé le heurtoir. —
Haut. 3,17.
8. — Vantail de porte analogue au numéro
précédent. En haut, inscriptions ; au milieu, reste
d'une rosace en bronze fondu et perforé. Pro-
venant de la mosquée el-Mouayyed. — Haut. 3,14.
c) Portes et fenêtres ornées de bronze (modernes).
49-23. — Portes en bois à deux vantaux, pla-
quées de bronze fondu et percé à jour ; enca-
drement de qualité analogue. Provenant de la
mosquée Sayeda Zeinab, récemment reconstruite.
19: Haut. 3%, 20. — 20: Haut. 3m, 20. — 21: Haut. 2", 28. —
28: Haut. 9, 58. — 23 : Haut. 2,05.
LES ANNEXES 183
B. — MEevgzes.
24. — Chaise en bois tourné. Les côtés infé-
rieurs sont formés de planches découpées en
arcs. — Long. 4,70.
53. — Chaise semblable à la précédente. La
moitié du dos est en retrait pour permettre la
pose d'un pupitre en forme de X (Voir ce spéci-
men de pupitre sous Les N° 28-32). — Long.1",36.
26. — Chaise de lecteur de koran (Koursi
sourat el-Kahf). Joli travail d'assemblage, mais
en mauvais état. — Long. 1",55.
23.—Chaise de lecteur de koran; même système
de montage que dans la précédente, incrustée d'1-
voire à face unie ou sculptée sur les côtés. Pan-
neaux en bois tourné. — Long. 1,25.
Ces deux meubles proviennent de mosquées.
28-34. — Pupitres de koran (Koursi Mous-
haf). De la mosquée el-Mouayyad. — 28, Haut. 19,11.
— 29, Haut. 1.12. — 30, Haut. 1",00. — 31, Haut, 1",09.
32. Pupitre en bois tourné. Les vides étaient
anciennement aussi garnis de pièces en bois
tourné, dont une seule subsiste. — Haut. 1",20.
33. — Minbar (chaire de mosquée).
: Riche travail. Les surfaces sont composées
de panneaux disposés en lignes géométriques et
incrustés d'ivoire finement sculpté. Les rampes
sont en bois tourné. Les côtés du baldaquin sont
traités avec le plus grand soin.
Ce meuble à beaucoup souffert ; il porte des traces de. répara-
184 LES ANNEXES
tion. Provenance de la mosquée fondée par la Princesse Tatar el-
Hegazieh, au XIVe siècle.
34, — Coffret en bois incrusté d'os et de nacre.
— Long. 0m,76.
83. — Coffret en bois, incrusté d'os.
Caissons Funéraires.
36. — Caisson en bois (Faboût).Une inscription
sculptée en relief couronne les quatre faces.
Le couvercle manque. Provenant d’une chapelle funéraire de la
rue Dalii Hussein, au Caire. — Long. 1,90.
3%. — Trois faces d'un caisson pareil au précé-
dent. — Long. 1",96.
C. — Ogsets Drvers.
38. — Pièce de bois composée de cinq pan-
neaux ; celui du milieu porte une inscription
sculptée au nom du sultan Kaïtbaï. Les panneaux
sont en bois tourné aux extrémités. — Long, 2»,10.
Provenant du tombeau de l’Imàäm el-Chafey.
39. —— Devant de balcon en bois tourné. Le
milieu est occupé par le reste d’une ouverture
flanquée de fenêtres. Le socle est formé de petits
arcs — Long. 11,68,
40. — Côté d'un balcon en bois tourné. —
Haut. 1,86.
Ce spécimen de bois tourné nœud de cube) est appelé dans
le pays « el-Mamouni ».
4%. — Bois. Face d’un meuble composée de
six panneaux ; celui du milieu est rempli de
colonnettes.
LES ANNEXES 185 :
42. Cloison en bois tourné et découpé. Les
panneaux du socle sont sculptés et disposés en
arabesques géométriques. — Long. 4°,08. Provenant
de la mosquée el-Bakri à Haret el-Otoûf, en ville.
42, Bois. Soflitte d’une porte. Motif à trois
champs finement sculptés. — Long. 2,10.
44, — Stalactites à triple rangée, bois doré. —
Haut. 0,40.
&>3. — Escalier d'un minbar avec ses rampes.
Limon et contre-marches décorées d'arabesques
sculptées ; les nœuds cubiques de la rampe,
qui est en bois tourné, sont également ornés
d'arabesques.
Provenant de la mosquée Kaoussoün el-Sàki {en état de ruine.
— XIVe siècle).
48. — Panneau carré en bois sculpté et ajouré.
— Le côté a 0,48.
44. Trois bandes de cuivre rouge ciselées
avec inscriptions.. Détachées d'une porte.
48-59. — Fenêtres en plâtre découpé.
48. — Fenêtre à ouverture annulaire. —
Long 0,84.
La plus grande partie des vitres manque.
49. — Fenêtre géminée à ouvertures poly-
gonales. — Long.1",30.
50. — Fenêtre à décor végétal. Long.o,6s.
5%. — Base de colonne en forme de kolla!,
marbre blanc. — Haut. 07, 42.
AE De
C’est le rom donné par les gens du métier aux bases ou aux
chapitaux de cette forme à cause de sa ressemblance avec la kolla
ou gargoulette.
186 LES ANNEXES
52. Marbre. Base (ou chapiteau) de colonne
de même forme. -- Haut. 0,28.
Cinq côtés seulement de l’octogone sont couverts
d'arabesques, ce qai prouve qu'elle appartenait à
une colonne engagée.
33. — Idem. Les coins de la plinthe sont dé-
corés de feuilles. — Haut. 0,42.
34. — Chapiteau byzantin d'un feuillage très
refouillé. — Haut. 0,45.
53. — Bulbe d'un pilier d'angle, provenant
d’une tombe en marbre (Tarkiba). — Haut. 0,50.
56. — Quarante-deux pièces fragments de
marbre sculpté. — Haut. de 0,30 à 1m,26.
5%. — Dalle de marbre sculpté, brisée en deux
morceaux. Le champ supérieur porte les mots
bal LA Lesullan magnifique; dans le champ
inférieur, deux chimères adossées. — Larg. 0m,73.
Cette dalle avec sa face sculptée se trouvait
scellée dans le mur à l’intérieur du tombeau du
sultan el-Mouayyad.
58. — Marbre portant quatre poissons sculptés.
— Long, 22,90.
59. — Douze pièces de pierres jaunes sculptées.
— Long, de 0,28 à 0.53.
Les objets classés sous les N°5 56 à 59 ont été
trouvés dans la mosquée du sultan el-:Mouayyad
(x412 après J.-C.) et transportés au Musée lors
des travaux de restauration entrepris dans cette
mosquée, il y à quelques années.
LES ANNEXES AREEN Loir,
6®. — Porte à un battant. Panneaux oblongs ;
le haut et Le bas sont en bronze ; au milieu, frag-
ment d’une rosace également en bronze. (PL. IX).
Le métal de ce placage est fondu et à ornements à jour.
61. — Parapet à dix panneaux en bois tourné.
La deuxième chambre de l'annexe N° I, ainsi
que l’annexe N°IT contiennent une grande quantité
(plus de mille pièces) de pierres funéraires — Châ-
hed — provenant en ’grande partie du cimetière
d’Assouan et de l’ancien cimetière situé au sud
du Caire. Les inscriptions en caractères coufiques
qui couvrent ces pierres leur donnent un très
grand intérêt. Elles datent presque toutes des
Ile et IV siècles de l'hégire.
La plupart d’entr'elles ont été données par
la Direction du Musée égyptien.
LISTE DES DONATEURS
. le D' FOUQUET (1893).
. M. HERZ (1893).
. PHILIP (1887).
. PUGIOLI (1887).
. ALEX. ROSTOWITZ BEY (1886;.
. le Professeur SCHWEINFURTH.
TABLE DES MATIÈRES
Pages
AVANT-PROPOS......... NAN CA OA CP ï
NÉ ODUCDIO NES ET Re RO AE NUE IX
CATALOGUE
PREMIÈRE SALLE :
TO PT A RE SEE TT A Ne nes 3
EE Pierres de taie tir Ua Tee du anne
PE MAD LOS A LENS Me 14
DEUXIÈME SALLE (Métaux)....,.....2,: Mere At
PROISTEME SADER: LE Ven es nee pere 60
SAME RON GRETA dent aie dela ess ace carre dre a nest 70
Il. — Ecriteaux...... HAE EE ACCRA ME 89
PR DENT NT ic di a00 an no are UE se Vire SANS a ss
BOISERIES ET IVOIRE (Introduction pour la
collection des salles N° 4, 5, 7 et du couloir) 96
QUATRIÈME SALLE (Boiseries).....,......... 108
CINGTDIDMENSAD Era eee sn ue 124
SIXIBMBASADEE ((éTAMIQUE) ER AE MEN SE 130
SEPTIÈME SALLE (Boiïiseries).........,....... 155
ÉDOLDTEME MS ALL BE NCCUILS )e Re Re 160
CODÉOER ee ed era AN ee derriere ln 172
PREMIERE ANNEXE. 4000. PS ST Re 180
DÉDXIEMESANNENRE, RER AS en ele
EISTES DRÉADONATEURS INR RER 189
20 PLANCTIES
|
3 9088 015
LT